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Carlos Ghosn reste en prison, le patron de Nissan réfute la théorie du complot

Dans Economie / Politique / Autre actu économie / politique

Florent Ferrière , mis à jour

Une demande de remise en liberté de Ghosn a été rejetée. Dans une interview, le patron de Nissan dit qu'il pense que les administrateurs de Renault pousseront Ghosn vers la sortie quand ils auront eu accès aux éléments de l'enquête.

Carlos Ghosn reste en prison, le patron de Nissan réfute la théorie du complot

L'affaire résumée en 7 dates clés

- 19 novembre : Carlos Ghosn est arrêté au Japon. Ce jour-là, Nissan révèle que Ghosn aurait pendant de nombreuses années déclaré des revenus inférieurs au montant réel. La garde à vue sera prolongée deux fois de 10 jours (les 21 et 30 novembre).

- 20 novembre : Renault maintient Ghosn à son poste de PDG, mais met en place une direction provisoire. Thierry Bolloré prend l'intérim.

- 22 novembre : le conseil d'administration de Nissan révoque Carlos Ghosn, qui était président de la marque japonaise. Le conseil d'administration de Mitsubishi fera de même le 26 novembre.

- 10 décembre : Carlos Ghosn est inculpé pour dissimulation de revenus sur la période 2010/2015. Le parquet de Tokyo lance une nouvelle garde à vue pour le même motif, sur la période 2015/2018. Ghosn est toujours en prison.

- 21 décembre : Alors que la veille un tribunal avait rejeté une demande de prolongation de sa garde à vue, Ghosn est arrêté une nouvelle fois, pour d'autres charges. La justice japonaise lui reproche d’avoir fait couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels". Pour ce 3e mandat d'arrêt, la garde à vue est prolongée deux fois. Ghosn a passé Noël et le jour de l'An en prison.

- 8 janvier 2019 : Lors de sa première comparution en public, Carlos Ghosn s'est dit "faussement accusé et détenu de manière injuste", rejetant toutes les accusations.

- 11 janvier 2019 : Carlos Ghosn est mis en examen une seconde fois, pour dissimulation de revenus sur la période 2015/2018 et abus de confiance aggravé.

Mise à jour 15 janvier - Le tribunal de Tokyo a rejeté une nouvelle demande de libération sous caution, avançant toujours le même argument pour se justifier : Ghosn pourrait détruire des preuves. Selon la chaîne de télévision japonaise NHK, les avocats de Ghosn avaient demandé un retour du patron en France mais avec la promesse d'un procès organisé au Japon.

L'avocat peut faire appel de ce refus, mais si la décision est validée par un deuxième juge, Ghosn pourrait rester en prison deux mois de plus, soit jusqu'au 15 mars.

> Hiroto Saikawa, le patron de Nissan, a donné une interview aux Echos. Si se dit "reconnaissant" du travail de Ghosn depuis 20 ans chez Nissan, qualifiant de "considérable" ce qu'il a fait dans le groupe, il souligne que l'affaire est grave : "nous avons affaire à des manipulations et à des dissimulations intentionnelles". Il faut s'attendre à d'autres révélations suite à l'enquête interne. Hiroto Saikawa juge qu'il est "absurde" de l'accuser de complot pour écarter Ghosn.

S'il dit respecter la présomption d'innocence, il était pour lui "impossible que Carlos Ghosn conserve son mandat" chez Nissan à cause de "comportements qui ne sont pas acceptables pour un dirigeant". Et Hiroto Saikawa n'hésite pas à dire que les administrateurs de Renault vont tirer la même conclusion lorsqu'ils auront accès au dossier transmis par Nissan aux avocats de Renault.

Le patron de Nissan renouvelle sa confiance en l'Alliance. Il dit : "je ne ferai jamais rien qui serait de nature à nuire ou à fragiliser cette structure", qui est "un avantage compétitif clef". Il ne semble pas favorable à une fusion des marques, une piste sur laquelle Ghosn travaillait et qui aurait pu créer des tensions. Il mise sur un renforcement des liens actuels.

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Mise à jour 14 janvier - Selon Les Echos, de nouvelles accusations de malversations planent sur Carlos Ghosn. L'affaire concernerait une structure concernant Nissan et Mitsubishi, fondée en 2017 aux Pays-Bas, pour distribuer notamment des bonus aux employés et managers des constructeurs. Ses directeurs ne devaient pas toucher de bonus.

Selon nos confrères, en février 2018, Ghosn aurait réussi à se faire embaucher en tant que salarié de cette structure, pour recevoir ces bonus, sans le dire aux autres directeurs. Les Echos écrivent que Ghosn aurait reçu "un bonus d'embauche de 1,46 million d'euros avant de se programmer un salaire annuel de 5,82 millions d'euros".

> Par ailleurs, la femme de Carlos Ghosn a dénoncé les conditions de détention de son mari, dans une lettre de plusieurs pages envoyée à l'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch. Carole Ghosn indique par exemple que Carlos Ghosn est dans une cellule éclairée jour et nuit et n'a pas accès à son traitement médical quotidien. Elle dénonce des pressions des enquêteurs pour pousser son mari à signer des documents en japonais, une langue qu'il ne maîtrise pas.

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Mise à jour 11 janvier - Sans surprise, Ghosn vient d'être mis en examen pour la seconde fois. Le parquet de Tokyo lui reproche d'avoir minoré ses revenus entre 2015 et 2018, pour un montant de 31 millions d'euros environ. Ghosn est également accusé d'abus de confiance aggravé, en étant soupçonné d'avoir fait passer sur les comptes de Nissan des pertes sur investissements personnels. Son ex-bras droit et Nissan en tant qu'entité morale ont aussi été mis en examen.

L'avocat principal de Ghosn a fait savoir qu'il allait déposer une nouvelle demande de remise en liberté. Mais il sait que celle-ci n'a quasiment aucune chance d'aboutir. Le parquet compte bien garder Ghosn en prison jusqu'à la tenue de son procès, qui n'aurait pas lieu avant 6 mois. La justice japonaise craint une fuite à l'étranger, où Ghosn pourrait détruire des preuves. Le parquet a fait savoir que Ghosn encourt une peine maximale de 15 ans de prison.

L'avenir de Ghosn reste très sombre dans la mesure où de nouvelles charges planent sur lui. Nissan le soupçonne désormais d'avoir rémunéré sa sœur entre 50 000 à 110 000 $ par an de 2003 à 2016, pour des activités de conseil dont il n'a pas été trouvé trace. Par ailleurs, Ghosn aurait puisé près de 40 millions d'euros dans les caisses de Nissan pour les verser à des relations au Liban.

La position de Ghosn est de plus en plus délicate et pourtant il reste officiellement PDG de Renault, en vertu de la présomption d'innocence. Son cas n'a pas été abordé lors d'une réunion d'information des administrateurs du Losange, hier (10 janvier). Celle-ci était un nouveau point d’avancement de la mission de vérification des éléments de rémunération des membres du Comité Exécutif du Groupe Renault. Aucune fraude n'a été constatée pour les années 2017 et 2018. La mission poursuit son travail pour les autres années.

> Nissan a de son côté annoncé avoir porté plainte au pénal contre Ghosn, pour "l'utilisation abusive par Ghosn d'un montant important de fonds de l'entreprise".

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Mise à jour 9 janvier - Selon Libération, Carlos Ghosn n'est plus résident fiscal en France depuis 2012. Le quotidien écrit : "Cette année-là, il choisit de se domicilier pour ses impôts, aux Pays-Bas où est installée Renault-Nissan BV, la société holding néerlandaise, qui depuis 2002, coiffe l'alliance entre les deux constructeurs automobiles". La fiscalité y est plus avantageuse, avec l'absence d'un impôt sur la fortune.

Libération explique toutefois que son salaire de PDG de Renault est imposable en France. Mais en s'exilant fiscalement, Ghosn a échappé à l'ISF sur l'intégralité de son patrimoine.

Ce mercredi, le tribunal de Tokyo a rejeté une demande de remise en liberté.

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Mise à jour 8 janvier - Lors de sa première comparution publique depuis son arrestation, le 19 novembre, Carlos Ghosn s'est dit "faussement accusé et détenu de manière injuste". Selon le récit fait par l'AFP, Ghosn, amaigri, s'est défendu d'une voix claire et forte, sans montrer d'émotion.

En anglais, il a rappelé avoir dédié "deux décennies de sa vie à relever Nissan et bâtir l'alliance", une entreprise qu'il dit aimer. Il a affirmé "avoir agi avec honneur, légalement et avec la connaissance et l'approbation des dirigeants de la compagnie", donnant les chiffres du spectaculaire redressement de la marque.

Selon lui, aucune de ses pertes personnelles n'a été couverte avec l'argent de Nissan. L'argent versé à un homme saoudien via une filiale du constructeur japonais l'a été en rétribution de services rendus pour aider le groupe dans la région du Golfe. Concernant la première accusation, la dissimulation d'une partie de ses revenus aux autorités boursières, pour laquelle il a été mis en examen, Ghosn a dit : "je n'ai jamais reçu de compensation de Nissan non publiée, et ne suis jamais entré dans une relation contractuelle avec Nissan pour recevoir un montant fixe qui n'a pas été publié".

Le juge a confirmé le maintien en détention, pour éviter une fuite à l'étranger : "Il y a suffisamment d'éléments pour estimer que le suspect pourrait inciter des personnes concernées à dissimuler des infractions", a déclaré le magistrat Yuichi Tada.

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Mise à jour 7 janvier - Hiroto Saikawa, le patron de Nissan a donné une interview à l'AFP. Il n'a pas fait de commentaire sur Carlos Ghosn, déclarant à ce sujet : "Le système judiciaire japonais suit son cours, donc je n'ai rien à dire. Je veux simplement me concentrer sur la stabilisation de la compagnie et la faire avancer pas à pas".

Il a tenu à se montrer rassurant sur l'avenir de l'Alliance, qui peut sembler menacée avec la mise à l'écart de Ghosn. Hiroto Saikawa a dit : "La valeur de l'Alliance en elle-même vient du travail au jour le jour, basé sur le respect de l'autonomie de chacun des groupes. Et ce travail, cette énergie, cette direction ne sont en rien affectés [...], même dans la situation actuelle". Selon lui, rien n'a changé et l'Alliance n'est pas en danger : "Personne ne veut arrêter ou ralentir les choses, nous devons au contraire les accélérer".

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Mise à jour 6 janvier - Anthony, le fils de Carlos Ghosn, a donné une interview au JDD. Selon lui, son père "est prêt à se défendre de façon vigoureuse". Il explique : "Chaque jour quand il se réveille dans le centre de détention, il peut dire au procureur qu’il conteste ce qu’on lui reproche, ou au contraire avouer et être libéré. Depuis sept semaines, sa décision a été assez claire (…) Il ne lâchera rien".

Anthony Ghosn indique que Carlos Ghosn a perdu une dizaine de kilos depuis le début de sa détention : "les conditions ne sont pas très saines". À propos de la comparution publique prévue mardi prochain, il déclare : "Pour la première fois, il pourra s’exprimer sur les faits qu’on lui reproche, donner sa vision des faits. Je pense que tout le monde sera assez surpris en entendant sa version de l’histoire".

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Carlos Ghosn avait fini l'année 2018 en apprenant une énième prolongation de sa garde à vue, dans le cadre d'un troisième mandat d'arrêt pour des soupçons d'abus de confiance. La période de détention va jusqu'au 11 janvier.

Premier épisode de ce feuilleton en 2019 : l'annonce d'une comparution publique. Les avocats de celui qui est toujours PDG de Renault avaient fait cette demande, dans le but d'obliger le procureur d'indiquer publiquement le motif de la détention prolongée. C'est une mise en application de l'article 34 de la Constitution japonaise, qui précise que sur demande, une personne retenue "peut exiger que la raison précise de sa détention soit rendue publique au tribunal". La justice japonaise ne pouvait s'y opposer. La date du 8 janvier a été retenue.

Cela permettra ainsi de rendre l'affaire un peu moins opaque. Jusqu'à présent, Carlos Ghosn est interrogé sans ses avocats. Ces derniers n'ont de plus pas accès aux dossiers et n'ont fait quasiment aucune déclaration. La semaine prochaine, ils devraient être avec Ghosn au tribunal.

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