Et si Donald Trump était le Greta Thunberg américain ?
Alors qu’il a juré la perte du véhicule électrique, le président des États-Unis est en train de réussir à l’imposer quand tous les écologistes ont échoué. Par un incroyable effet boomerang, sa stratégie de tension maximale dans le Golfe a transformé le plein d’essence en un achat de luxe. Résultat : les ventes de voitures électriques explosent partout sur la planète. En voulant restaurer le règne du pétrole roi, le 47e Trump est-il devenu, malgré lui, le meilleur VRP de la batterie ?

Plus hostile que lui, tu meurs. Donald Trump a toujours détesté la voiture électrique, en s’activant notamment à assouplir les nomes d’émissions de C02 qui auraient obligé les Américains à acheter des autos électriques, « les pauvres » ainsi qu’il les a appelés.
Et, pour ne surtout pas qu’ils hésitent entre une grosse batterie et un bon vieux V8, il a aboli dans la foulée l’Inflation Reduction Act cher à Joe Biden qui offrait aux acheteurs d’un VE, un bonus de 7 500 dollars. Il s’en faut de peu qu’aujourd’hui il n’offre pas un bonus aux autos qui émettent plus de 250 g de C02.
Celui qui déteste le plus le VE en est devenu le meilleur allié
On le sait, son « drill baby drill » de campagne était déjà un message pas du tout subliminal au retour du pétrole. Ses actions, du Venezuela jusqu’en Iran ne sont pas autre chose que le top départ d’une gigantesque guerre de l’or noir et le signe d’une Amérique redevenue toute-puissante en la matière. Elle est d’ailleurs le premier producteur mondial depuis quelques mois. Quant à la présence en début de mandat, d’Elon Musk à la Maison Blanche, elle n’était nullement destinée à fournir en Tesla la flotte de l’administration.
Pourtant, cette détestation plutôt assumée pour les voitures électriques, et plus largement pour tout ce qui touche à la moindre politique en faveur de l’environnement, est peut-être un leurre, une couverture. Peut-être que, derrière le costume bleu, la cravate rouge et le petit déhanchement sur un son de Village People, se cache Super Écolo. Peut-être que Donald Trump est le Greta Thurnberg de la Maison Blanche. Un homme qui, grâce à ses stratégies militaires hasardeuses est en train d’asséner le coup de grâce au thermique.
Sur ses propres terres, Trump, a vu le nombre de ventes de VE dépasser les 100 000 unités au mois de mars dernier, soit un record depuis la suppression des aides qu’il a lui-même signé l’an passé. Ces autos commandées ne sont pas encore livrées, preuve que l’impact de l’augmentation du prix du gallon après le déclenchement de la guerre en Iran a bien une incidence sur le choix des Américains.

Même son de cloche en Asie, ou Byd et même le Vietnamien Vinfast, pas vraiment le meilleur élève de la classe électrique, font le plein de commandes au récent salon de Bangkok qui a fermé ses portes il y a quelques jours. Selon le cabinet Capital Economics, au Japon, Corée, Inde et même en Océanie, la hausse de commandes d’électriques a dépassé les 50 % en mars dernier. 0n est donc loin de l’épiphénomène et l’engouement pour l’électrique semble bel et bien mondial.
En fait, Donald Thurnberh semble avoir trouvé la martingale, le truc imparable pour convaincre les automobilistes de lâcher le thermique. Là où des centaines de technocrates s’échinent depuis des années, de Bruxelles à Paris en passant par Berlin, pour trouver des astuces comme les bonus et les aides diverses pour convaincre leurs concitoyens du bienfait des batteries. Là ou des milliers d’ingénieurs réfléchissent pour tâcher d’en minimiser le coût et maximiser l’autonomie, le 47e président a plié le game en un mois.
Il lui a suffi d’envoyer ses troupes dans le Golfe pour que le baril dépasse les 100 dollars, et que le litre de carburant augmente de 50 % à la pompe pour que le marché automobile tangue et bascule vers l’électrique.
Et dire que personne n’y avait pensé avant lui. Personne n’avait songé à dépenser un milliard de dollars par jour, à tuer des centaines voire des milliers d’Iraniens pour un tel résultat.
Un curieux effet boomerang
Évidemment, Trump n’est pas Greta et son attaque en Iran n’est pas destinée à promouvoir la voiture électrique. L’augmentation du prix du baril fait bel et bien son affaire, et celle de ses producteurs de pétrole américains qui engrangent les milliards de dollars comme jamais.
L’offensive est aussi destinée à mettre dans l’embarras son rival chinois qui ne produit pas de pétrole et l’achète notamment à l’Iran et au Venezuela : les cibles de Trump. Autant dire que les gesticulations militaires et un baril à prix excessif font l’affaire des États-Unis.
Mais dans cette offensive, et dans ses buts à atteindre, le président américain a négligé l’effet boomerang qu’il subit actuellement : le développement de la mobilité électrique, au détriment du pétrole qu’il souhaite vendre à la planète.
Il aussi négligé un autre paramètre de son équation guerrière : les élections des midterms qui arrivent. Car les Américains qui roulent au sans-plomb -et ils sont encore nombreux après avoir suivi les préceptes de leur président pourraient l’avoir mauvaise. Et prix du gallon risque de peser lourd dans les urnes en novembre.












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