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Fiat a-t-il un avenir ?

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Jeep nouveau roi des ventes du groupe, un patron qui n'est plus Italien, une gamme réduite sans nouveauté : on peut être inquiet pour l'avenir de Fiat. Mais la marque transalpine n'est pas encore enterrée !

Fiat a-t-il un avenir ?

Une petite révolution qui ressemble à une passation de pouvoir. En termes de ventes, Jeep est désormais la marque numéro 1 au sein de FCA. Pour la première fois depuis la création du groupe Fiat-Chrysler, le cumul des immatriculations mondiales de l'américain a dépassé celui de l'italien. Et c'est parti pour durer !

Jeep a d'ailleurs le planning de nouveautés le plus chargé de FCA. À une époque où les baroudeurs ont la cote, logique que le spécialiste des 4x4, plus ou moins civilisés, soit le nouveau chouchou du groupe. Il est promis à un bel avenir. Cela ne semble en revanche pas être le cas pour Fiat, qui a pourtant le statut de maison mère !

Cela s'est vu le 1er juin lors de la présentation du nouveau plan stratégique du groupe pour la période 2018-2022. Il n'y a pas eu de partie dédiée au programme de Fiat, alors qu'un focus a été fait sur Jeep, Alfa Romeo, Maserati ou encore Ram. On ne peut trouver plus révélateur.

Un non-Italien aux commandes, une première

Le sort de Fiat inquiète d'autant plus que la gamme semble à l'abandon. Il n'y a pas eu de vraie nouveauté depuis la Tipo de 2016 (et il n'y en aura pas en 2018), la Punto a été stoppée et classée sans suite, ce qui marque donc le retrait inédit de Fiat de la catégorie des citadines polyvalentes, et plus rien n'existe au-delà des compactes, si ce n'est le très confidentiel pick-up Fullback, un Mitsubishi L200 rebadgé.

Mike Manley, nouveau patron de FCA
Mike Manley, nouveau patron de FCA

Pour ajouter à l'incertitude, le nouveau patron de FCA n'est pas un Italien. Alors que Sergio Marchionne devait quitter ses fonctions en 2019, il a été remplacé en urgence le mois dernier. C'est le Britannique Mike Manley qui a pris la relève de celui qui était à la tête de Fiat depuis 14 ans (et nous a quittés le 25 juillet). Mike Manley dirigeait auparavant… Jeep. On ne pourrait faire plus symbolique. Sa nomination a d'ailleurs provoqué quelques remous en Italie, puisqu'Alfredo Altavilla a claqué la porte dans la foulée. Cet Italien était le directeur de FCA pour la région Europe Moyen-Orient Afrique. Considéré comme le bras droit de Marchionne, il était favori pour la relève.

Manley aura-t-il de la considération pour la firme transalpine ? Le fait que Fiat soit maintenant chapeauté par un non-Italien peut mettre le doute. Surtout que le transalpin a deux gros handicaps qui ne donnent pas envie d'en faire une priorité au sein de FCA : il est spécialisé dans les citadines, ce qui ne rapporte pas beaucoup, et est peu internationalisé. Fiat est très dépendant de deux régions : l'Europe et l'Amérique du Sud. C'est déjà mieux que les firmes focalisées sur le Vieux Continent, comme Opel, mais c'est toujours risqué. Fiat n'a pas réussi aux États-Unis et surtout en Chine. Il semble donc atteindre maintenant un plafond de verre en matière de ventes.

Une marque toujours bien placée en Europe

Autre crainte, FCA va devoir beaucoup investir à court terme pour rattraper un retard en matière de motorisation écologique et de technologies. Et ces dépenses vont profiter en priorité à Jeep, Alfa et Maserati, qui en toute logique sont les labels qui permettront d'avoir un meilleur retour sur investissement. Restera-t-il de l'argent pour Fiat ?

Le constat est donc inquiétant. Que les inconditionnels se rassurent, Fiat n'est pas donné pour mort. Il faudrait être fou pour tuer une marque qui reste dans le top 10 des ventes en Europe ! Au premier semestre 2018, selon Jato, Fiat s'est encore classé 9e, avec un peu plus de 400 000 unités, même s'il est vrai que la firme est boostée par les scores dans son propre pays.

Mais il ne faut pas se leurrer, la présentation du 1er juin l'a bien montré : Fiat n'est plus la marque phare et encore moins une priorité. Le constructeur va donc se concentrer sur ses deux régions de prédilection et ses best-sellers. En clair, ce que l'on sentait venir va arriver : Fiat va se focaliser sur la 500.

Rien d'étonnant, tant la petite citadine néo-rétro est une poule aux œufs d'or. La voiture a même sauvé Fiat à la fin de la précédente décennie. Et c'est un incroyable succès : la puce a été lancée en 2007, légèrement restylée en 2015 et continue malgré son âge canonique de battre des records de ventes. 80 % des immatriculations se font en dehors de l'Italie, c'est le modèle le plus mondialisé. Là encore, il faudrait être fou pour ne pas donner de suite à cela.

Focus sur la 500

L'avenir de Fiat, c'est donc une nouvelle 500. Mais il faudra être patient, car rien n'est prévu avant 2020. Autant tirer un maximum sur la corde de l'actuelle, déjà archi rentabilisée ! La gamme Fiat va s'articuler autour de la 500. Le retour du petit break Giardiniera a été confirmé. Les versions L et X seront aussi changées. Pour le reste, on se dirige vers le grand ménage. La Panda sauvera sa tête, car elle reste l'une des petites citadines les plus vendues en Europe, grâce à son énorme succès en Italie. Mais la Tipo devrait être classée sans suite et la Punto n'aura jamais de remplaçante.

Le petit break Giardiniera bientôt de retour
Le petit break Giardiniera bientôt de retour

Sauf si Fiat met enfin un terme à sa double vie, celle européenne et celle sud-américaine. Outre Atlantique, c'est un tout autre Fiat qui existe, avec une foule de modèles spécifiques : la petite citadine Mobi, la citadine Argo, le pick-up Toro… Le constructeur va-t-il enfin mettre en commun des modèles ? L'Argo aurait ainsi pu remplacer la Punto et prendre un positionnement "économique", face à la Dacia Sandero. Ce choix "semi low-cost" fonctionne d'ailleurs plutôt bien chez nous avec la Tipo.

L'avenir de Fiat est assuré aussi pour l'aspect écologique. Ses petites citadines seront très utiles au groupe FCA pour atteindre les objectifs de plus en plus difficiles de CO2 en Europe, avec un seuil de 95 g/km en 2021. Le constructeur va miser sur la micro-hybridation pour les Panda et 500, et proposera une 500 électrique chez nous.

Le maintien d'une partie de la gamme sera aussi assuré en Europe par… Jeep. Le Renegade aura une suite, ce qui facilite la reconduction du 500 X. L'américain va aussi lancer un petit modèle, qui devrait donc partager ses dessous avec les prochaines petites Fiat. En sa qualité de spécialiste des citadines, l'italien est d'ailleurs utile pour fournir les petits moteurs. Il conserve donc un rôle clé !

Toutefois, Fiat pourrait avoir besoin d'un partenaire extérieur pour accélérer son électrification et son hybridation, et partager des bases pour les citadines afin d'accroître sa rentabilité. L'idée d'une alliance technique avec un autre groupe a souvent été évoquée avec Marchionne. Elle a été relancée il y a quelques jours du côté de PSA, Carlos Tavares se disant prêt à bosser avec Fiat.

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Commentaires (86)

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C'est triste de voir FIAT être dans cet état. La Panda est la micro citadine la plus vendue en Europe mais surtout à 90% en Italie. Cela dit d'autres aimeraient avoir le même succès quitte à ce que ce soit dans leur seul pays d'origine....

La 500 surnage, les L et XL bien que vivaces ne sont pas non plus des tops.

La Tipo c'est loin d'être un raz de marrée, et pour le reste c'est quasi le néant.

Triste pour cette marque qui a sû au fil de l'histoire faire de très bonnes autos, accessibles....

Par

Avenir 500 :oui:

moteurs Hyundai by Yoda en vue :bien:

Par

N'oubliez pas que John Elkan descendant des Agnelli, est à la direction de l'actionnaire majoritaire, donc pour ceux qui attende la mort de Fiat... J'y crois pas trop.

Par

Marque qui n'a vraiment aucun sex appeal hormis le prix....

Par

Fiat doit arrêter de faire de la monoculture avec la 500 , un rapprochement avec PSA serait bénéfique pour tous , et ça éviterait que FIAT passe sous la coupe d'un constructeur hors de l'Europe .

Par

En réponse à moulache

Commentaire supprimé.

La comparaison se ferait plus avec l hexagone.. N oublie pas que ton voisin de droite a des attouts que l hexagone n aura certainement jamais..

Par

Fan d autos italiennes j ai toujours le besoin irrepressible de m en offrir une neuve tous les deux ou trois ans en seconde voiture quand ce n est pas une numero trois. J adore la Panda a ce titre. Si elle est mise a niveau avec hybridation (simplifiee ou pas, je m en moque... ) je l acheterai avec une bonne conscience, celle de changer pour non seulement satisfaire mon caprice mais egalement pour justifier la depense. Forza FIAT!

Par

PSA est bien chapeauté par un Portugais, et personne ne s'en alarme :bah:

Par

En réponse à zemik

Avenir 500 :oui:

moteurs Hyundai by Yoda en vue :bien:

Ou alors Hyundaï/KIA à moteur FIAT :oops:

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