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Fusion Renault et Fiat - Avantages, inconvénients, risques : tout savoir en 6 questions

Dans Economie / Politique / Industrie

Florent Ferrière

C'est la bombe de ce début de semaine : FCA Fiat-Chrysler et Renault ont officialisé leur projet de fusion à 50/50. Que va apporter l'un pour l'autre ? Quels sont les risques ? Quelle est la place de Nissan dans cet attelage ? Caradisiac fait le point sur le mariage de la décennie.

Fusion Renault et Fiat - Avantages, inconvénients, risques : tout savoir en 6 questions

Quelle forme va prendre le partenariat ?

FCA a proposé au Groupe Renault une fusion à 50/50. Une nouvelle holding, basée aux Pays-Bas, doit être constituée et détenue à parts égales par les actionnaires des deux parties. Le conseil d'administration compterait onze membres, cinq venus de FCA, cinq de Renault et un de Renault. La société serait côtée à New York, Milan et Paris. Pour aligner les capitalisations boursières, FCA (qui pèse plus que Renault) compte d'abord verser 2,5 milliards d'euros en dividendes à ses actionnaires.

Que va apporter Fiat à Renault ?

Tout d'abord, du volume ! Dans la course à la taille pour améliorer la rentabilité, Fiat apporte de sacrées opportunités de coopérations, avec donc des partages de moteurs, plates-formes ou usines. D'autant que les deux entreprises ont déjà deux gros marchés en commun : l'Europe et l'Amérique Latine.

Côté complémentarité des zones, le gros avantage de FCA est bien sûr son implantation en Amérique du Nord avec ses marques Jeep et RAM. D'ailleurs, l'atout très intéressant de FCA, c'est son portfolio de marques, avec sa nouvelle poule aux œufs d'or, Jeep. FCA apporte aussi des firmes haut de gamme, Alfa Romeo et Maserati, qui ne sont d'ailleurs pas concurrentes directes du seul label prestigieux de Renault, Alpine.

Côté produits, Fiat étant concentré sur les citadines, il peut être un partenaire de choix pour le Losange sur le plan des petits modèles, où il devient difficile de faire cavalier seul. Renault s'était ainsi couplé à Daimler pour la Twingo 3, mais le partenariat ne sera pas renouvelé. FCA compte aussi mettre en avant ses projets en matière de conduite autonome, grâce à son partenariat avancé avec Waymo.

Que va apporter Renault à Fiat ?

L'intérêt principal de Fiat serait d'avoir accès aux avancées du français en matière de voitures électriques et hybrides, domaine où l'italien est très en retard. À tel point qu'il a prévu de faire un gros chèque à Tesla pour éviter les futures amendes européennes. Reste qu'en matière de 100 % électrique, Renault est actuellement dans un entre-deux. Avec les membres de l'Alliance, il développe une toute nouvelle plate-forme, mais celle-ci ne sera pas prête avant deux ou trois ans. Or, Fiat doit se lancer au plus vite. Va-t-il se contenter dans un premier temps de la base de la Zoé ?

Pour Fiat, Renault est aussi un bon allié sur le marché des utilitaires. La marque italienne rebadge d'ailleurs déjà le Trafic, et pourrait faire de même avec le Kangoo. Côté complémentarité des marchés, le groupe Renault est bien implanté en Russie et en Afrique du Nord.

Nissan peut-il tout faire capoter ?

L'aspect surprenant du dossier, c'est que Renault a approché Fiat sans y associer Nissan. On sait que depuis l'éclatement de l'affaire Ghosn, les relations entre le français et le japonais ne sont pas au beau fixe, même si le Losange tente de montrer des signes d'apaisement. On se demanderait presque si Renault ne s'est pas tourné vers Fiat pour faire face à un éventuel divorce avec Nissan !

La question n'est en fait pas si saugrenue. Si une séparation n'est pas à l'ordre du jour, les soubresauts de l'Alliance ont sûrement rappelé à Renault qu'il reste de son côté un acteur moyen du marché automobile mondial. Cette fusion FCA-Renault redonnerait ainsi de la force au français.

Mais Nissan n’est pas exclu de l'affaire. Il en est même un aspect important pour les négociations avec FCA. L'atout du japonais, c'est notamment sa présence en Chine, où Renault et FCA sont à la traîne. Mais ce qui peut faire tiquer du côté asiatique, c'est que l’arrivée de l'italo-américain accélère le projet de fusion au sein de l'Alliance. Or, Nissan ne veut toujours pas parler de fusion, souhaitant d'abord se relancer… et ayant peur de ne pas avoir un poids en rapport avec ses ventes.

Qui va prendre le pouvoir ?

Avec la fusion, les actionnaires actuels vont voir leurs poids divisés par deux. L'actionnaire principal de la nouvelle société sera le groupe Exor, la holding de la famille Agnelli, qui détient 29 % de FCA, et devrait donc avoir 14,5 % du nouvel ensemble. Puis il y aura l'État français (7,5 % au lieu de 15) et Nissan (7,5 % aussi). Le président pourrait être John Elkann, président d’Exor en tant qu’héritier de la famille Agnelli. Jean-Dominique Senard, le président du Losange, serait le directeur général de la holding.

Quelles sont les craintes ?

Cette fusion peut-elle entraîner une casse sociale et des fermetures d'usines ? FCA a déjà balayé ces craintes, précisant que ce n'était pas le but du projet. Pour donner son feu vert, l'État français a d'ailleurs réclamé des garanties sur l'emploi et l'industrie. Le gouvernement italien va aussi veiller de près aux manœuvres.

Nissan peut aussi être froissé par sa tenue à l'écart dans les discussions. Renault va devoir faire attention à ménager les susceptibilités japonaises pour que les Nippons restent des alliés de choix, d'autant que Nissan pourrait bien jouer les trouble-fêtes dans le nouveau conseil d'administration !

Autre question qui se pose : est-ce que ce duo peut fonctionner ? On l'a vu, les deux parties ont une bonne complémentarité des marques et des zones de ventes. Le partage d'éléments techniques semble évident et facile. Mais la structure va-t-elle pouvoir tourner à son maximum en arrivant à mettre d'accord plusieurs gros actionnaires bien différents ? Le risque est de voir l'ensemble ralenti par une bataille d'ego et de lutte des pouvoirs industriels et politiques. On voit bien ce que donne l'Alliance depuis l'éclatement de l'affaire Ghosn.

Enfin, Renault peut-il perdre son influence ? FCA vend plus que Renault : 4,8 millions de ventes pour l'italo-américain en 2018, contre 3,8 millions pour le français. Il pèse aussi davantage en bourse. Cela peut donc lui donner l'envie de dicter ses choix, ce qui pourrait affaiblir le pouvoir de décision de Renault. Mais des deux parties, c'est Fiat qui a le plus besoin d'un partenaire. Il en cherche même un depuis plusieurs années. Renault a donc un avantage sur ce point pour un équilibre des forces. Assurément, du côté français, on sera très attentif à la mise en place des nouveaux pouvoirs.

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