Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Téléchargez nos applications

Disponible sur App StoreDisponible sur Google play
Publi info

La beauté des laides - Ford Mustang 3 : une cata dans la saga

Dans Rétro / Autres actu rétro

Le modèle actuel, le sixième du genre, est plutôt réussi. La première génération de Mustang, qui date de 1964, l'était aussi. Mais à la fin des années soixante-dix, le mythe américain a traversé un immense trou noir stylistique et mécanique, dont il a, fort heureusement, réussi à trouver la sortie.

La Mustang de 1979 ? Désolé, pas question que je m'installe à bord de "ça". C'est pas une Mustang, mais un faux coupé japonais.
La Mustang de 1979 ? Désolé, pas question que je m'installe à bord de "ça". C'est pas une Mustang, mais un faux coupé japonais.

L'histoire de l'automobile est ponctuée de dates gravées dans la fonte, comme l'année 1955 qui a vu l'avènement de la Citroën DS, ou la naissance de la Mustang en 1964, la voiture la plus schizophrène de tous les temps.

Conçue comme une auto abordable et fun pour les jeunes Américains, vendue 10 dollars de moins qu'une Coccinelle de Volkswagen, elle est très vite devenue un mythe pour happy few de ce côté-ci de l'Atlantique. Son abondance là-bas, et sa raréfaction ici, liée à des importations particulières et au compte-gouttes, ont évidemment favorisé cette perception un poil différente d'un continent à l'autre.

Regarde ce que je viens d'acheter ? Une Mustang millésime 1964. Et pour moins cher qu'une Coccinelle.
Regarde ce que je viens d'acheter ? Une Mustang millésime 1964. Et pour moins cher qu'une Coccinelle.

Mais elle est jolie et pimpante, cette première Mustang. Une ligne simple qui respire la légèreté, un V6 et une boîte manuelle à trois vitesses, le génie du marketing de Lee Iacocca qui a fait un véritable putsch pour rafler la direction de Ford, et le tour est joué. Résultat, au lieu des 100 000 exemplaires espérés au cours de la première année, 417 000 Mustang sont vendues. Mais le temps va se couvrir dès la décennie suivante.

Mustang 2 : la voiture de crise

Après plusieurs restylages, il est temps de renouveler la "Tang" (puisque c'est comme ça que les fans désignent leur auto fétiche). mais la donne a changé. En 1974, la crise pétrolière est arrivée et les constructeurs japonais aussi. Leurs autos sobres au dessin carré et ramassé séduisent les Américains.

Alors Ford s'adapte, mais n'ose pas la révolution pour autant. La firme retravaille sa calandre au goût, pas très heureux, du moment. L'empattement est raccourci pour faire comme si on avait compris que l'époque était aux petites autos. Sauf que dans le même temps, les porte-à-faux de cette Mustang 2 se rallongent. Impossible de s'en empêcher : on est en Amérique, le pays du gigantisme, pas des petites citadines, que diantre. Les V8, accusés de trop consommer, sont licenciés. Place aux quatre cylindres, et, pour les plus riches, au V6.

Elle n'est pas vraiment belle notre Mustang 2, mais au moins, elle consomme moins et avec les économies réalisées, elle permet de s'offrir une belle maison et son beau jardin.
Elle n'est pas vraiment belle notre Mustang 2, mais au moins, elle consomme moins et avec les économies réalisées, elle permet de s'offrir une belle maison et son beau jardin.

Mais cette version 2 n'est qu'une mise en jambes vers le pire : la Mustang de 1979. Cette troisième génération n'est même pas affreuse : elle est inexistante. Sa ligne a perdu tous les signes distinctifs de cette auto particulière. Elle pourrait être badgée Nissan, Toyota ou Volkswagen qu'on n'y verrait que du feu. D'ailleurs, elle n'arbore même plus le fameux logo chevalin.

Sous son capot anodin, les moteurs le sont aussi. Le fameux small block, le V8 Ford de 5 l, s'il est de retour, est à la ramasse. Il délivre difficilement 140 ch, un record d'inefficacité même à l'époque, où l'on n’atteignait pas l'efficience actuelle. Aujourd'hui, une telle puissance est atteinte, chez Ford, par un trois cylindres d'1l.

Mustang 3 : la plongée du côté obscur

Les années passent et les affaires ne s'arrangent pas. Les ventes plongent. Lee Iacocca tente de réanimer l'auto en faisant progresser la puissance des moteurs avant de quitter le navire en 1983, et de s'en aller chez Chrysler, un an avant le vingtième anniversaire de son bébé. Un anniversaire qui sera tout de même célébré par une version particulière : une GT 350.

Un an plus tard, c'est au tour de la version SVO de tenter de raviver le mythe. Mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Les ventes continuent de baisser.

On ne va pas la laisser rouille dans cette casse, tout de même ! C'est la Mustang 3 du 20e anniversaire, un peu de respect s'impose...
On ne va pas la laisser rouille dans cette casse, tout de même ! C'est la Mustang 3 du 20e anniversaire, un peu de respect s'impose...

Malgré les dégâts, Ford décide de prolonger les souffrances de la Mustang 3 pendant près de dix ans encore. Pendant sa dernière année de sa production, seuls 80 000 exemplaires trouvent preneur d'une auto devenue totalement ringarde.

Et puis, en 1994, surprise. Au salon de Detroit, la descendance est enfin là. Cette nouvelle Mustang n'a pas encore retrouvé ses gènes originels, mais au moins, les designers de Dearborn ont remis la main sur leur crayon et l'ont même aiguisé. Le dessin de la version 4 n'est pas encore de celles que l'on accroche aux cimaises d'un musée du design, mais l'amélioration est notoire.

Mustang 5 et 6 : le retour de la force

Il faudra néanmoins attendre 2004 pour que le constructeur américain s'aperçoive d'un truc tout bête : pour bien vendre une Mustang, il faut arrêter de s'adapter aux modes du moment. Il faut surtout surfer sur le mythe originel, celui de 1964, tout en l'actualisant. Un équilibre difficile qu'ils vont finir par trouver. C'est ainsi qu'au mois de janvier 2004, toujours au salon de Detroit, la cinquième pony car du genre est apparue, et a renoué avec le succès. Il s'est prolongé pendant 10 ans, car chez Ford, une Mustang ne vit jamais moins longtemps.

En 2014 arrive donc la sixième et, pour le moment, dernière Mustang. Elle prolonge l'essai réussi de la cinquième, en affirmant encore un peu plus son ancrage dans son époque, puisqu'elle délaisse même son fameux essieu rigide à l'arrière, ce qui lui permet, oh miracle ! de rester sur la route dans un virage détrempé et en mauvais état.

Depuis 17 ans, Ford a réussi à se réconcilier avec son passé, et nos mirettes se sont rabibochées avec le design de Dearborn.

Le millésime 2004 de la Mustang 5 renoue avec les origines.
Le millésime 2004 de la Mustang 5 renoue avec les origines.
Le millésime 2014 de la Mustang 6 enfonce le clou.
Le millésime 2014 de la Mustang 6 enfonce le clou.

Les Mustang récentes sont donc aussi joiles que la toute première, mais faut-il pour autant délaisser celles de la sombre période des années 70 et 80 ?

Si l'on est raisonnable, si l'on recherche un moteur efficace et si l'on n'est pas fan de disco et de ce design particulier des fringues, de la déco et des autos de l'époque, on fera le détour pour éviter les Mustang 2 et 3.

Mais à 17 ans (l'âge des jeunes conducteurs débutants américains), on n'est pas sérieux. Cet âge, c'était justement celui à qui Lee Iaccoca destinait sa voiture, la Mustang originelle. Quand les parents des teenagers avaient les moyens de leur offrir leur première auto, ils se devaient de leur payer la Tang des années 60.

Cinquante-six ans plus tard, ceux qui n'ont plus vingt ans devraient se précipiter sur ces millésimes maudits, entre 1979 et 1994. Car ils sont moins chers que les autres, et surtout moins cotés que la première, dont les tarifs sont au sommet, et parce que, quand on aime, on a toujours 17 ans, on n'est pas raisonnable, et on a le droit de miser sur le mauvais pony.

Portfolio (13 photos)

En savoir plus sur : Cabriolet

SPONSORISE

Actualité Cabriolet

Avis Cabriolet

Avis Peugeot 206 CcCC 1.6 16S (2003)

Par Devcore3576 le 30 Mars 2020 à 09h32

Lire l'avis»

Toute l'actualité

Commentaires (33)

Déposer un commentaire

Pour déposer un commentaire, veuillez vous identifier ou créer un compte.

Identifiez-vous

Se connecter ou S'inscrire

Lire les commentaires

Par

''vendue 10 dollars de moins qu'une Coccinelle de Volkswagen''

:beuh:

Par

Ça ne vaut pas un coupé Mercedes :biggrin: (en terme de qualité de finition, de tenue de route, agrément de conduite...)

Elle a pour elle sa ligne magnifique. En Europe tout le monde la regarde mais personne n'en veut...

Par

Dans le genre, il y a malheureusement pire : la Cadillac Eldorado.

Pour ceux qui ne connaissent pas, allez jeter un coup d’œil aux image des modèles au fil des années... c'est de pire en pire !

Les modèles des années 1980 sont de véritables horreurs.

Et que dire de l'énorme V8 de 8,2 L (!!) qui développait ... 190 ch (oui, oui) en 1976, alors qu'il en développait 355 en 1958 !

Par

En réponse à -Nicolas-

Dans le genre, il y a malheureusement pire : la Cadillac Eldorado.

Pour ceux qui ne connaissent pas, allez jeter un coup d’œil aux image des modèles au fil des années... c'est de pire en pire !

Les modèles des années 1980 sont de véritables horreurs.

Et que dire de l'énorme V8 de 8,2 L (!!) qui développait ... 190 ch (oui, oui) en 1976, alors qu'il en développait 355 en 1958 !

Après 74 (première lois sur l environnement aux USA) TOUS les V8 ont quasiment vu leurs puissance divisées par 2. D'ailleurs 74 c est la fin des vrais muscle car gavés de chevaux. Une corvette c3 de 74 75 76 ne vaut rien en tarif avec un pénible 150/160cv. Et en plus ils sont très difficilement upgradable.

Par

En réponse à Chris-Tof

Après 74 (première lois sur l environnement aux USA) TOUS les V8 ont quasiment vu leurs puissance divisées par 2. D'ailleurs 74 c est la fin des vrais muscle car gavés de chevaux. Une corvette c3 de 74 75 76 ne vaut rien en tarif avec un pénible 150/160cv. Et en plus ils sont très difficilement upgradable.

Tout à fait, et c'était la même chose chez Mercedes ou le célèbre R107 sortait misérablement 160 ch avec un V8 de 3800 cm3 ; pas la même importance là bas en plus les normes californiennes drastiques avec tout ce qui roulait. Personnellement je ne la trouve pas laide cette Mustang 3 avec un intérieur plutôt réussi, simplement il ne faut pas la comparer à la voiture iconique des années 60.

Par

J'en vois quelques unes....en Pologne. Je ne sais pas s'ils importent des accidentees des US

Par

On notera le voile pudique jeté sur la 4ème génération :tourne:

Sinon la "3" dite fox-body connait son petit succès et retour en grâce pour des prépas / swapp à pas cher de ce que je vois (une grosse baie moteur et beaucoup de pièces communes ça aide).

Et finalement je suis toujours fasciné par l'adoration des gens en Europe pour les mk1 alors que franchement à part le look elle n'a rien (conception ultra archaïque, habitacle à la hauteur du prix, moteurs-boîte généralement bof+, 0 niveau tenue de route, ...). Le miracle d'avoir une âme ...

Par

La fameuse crise de pétrole..

Par

En réponse à Dowoi

Ça ne vaut pas un coupé Mercedes :biggrin: (en terme de qualité de finition, de tenue de route, agrément de conduite...)

Elle a pour elle sa ligne magnifique. En Europe tout le monde la regarde mais personne n'en veut...

Ben voyons, encore un jaloux

Mon cab 1966 fait tourner les têtes :bien:

Par

L'article est bien écrit, l'auteur donnerait presque envie de s'intéresser à la beauté (vachement bien cachée) de ces laides :ange:

Déposer un commentaire

Pour déposer un commentaire, veuillez vous identifier ou créer un compte.

Identifiez-vous

Se connecter ou S'inscrire