Malgré les progrès récents, le prix reste le premier frein à la mobilité électrique
L’électrification du parc accélère avec 20 % de part de marché, mais le scepticisme fait de la résistance. Si de nouveaux modèles affichent des tarifs de plus en plus attractifs, près de la moitié des automobilistes jugent encore l'électrique trop chère et limitée en autonomie. Pourtant, le réseau de recharge qui s’étoffe et le marché de l’occasion plus large pourraient faire bouger les lignes. Et si une grande part du problème était psychologique?

L’électrification du marché automobile se poursuit en France, avec une part de marché de 20% pour les voitures à piles l’an dernier. Pour autant, de nombreux freins restent à lever si l’on veut voir ces technologies progresser, à commencer par les tarifs jugés trop élevés, notamment sur les modèles dits "premier prix", à l’image des Citroën ë-C3 (dont le prix a pourtant baissé à 13 990 € prime déduite), Renault 5 électrique (à partir de 19 250€ prime déduite) ou Peugeot e-208 (à partir de 21 200 € prime déduite).
Selon les données agrégées par BNP Paribas Mobility, en collaboration avec L’ObSoCo (L’Observatoire Société & Consommation), "49% des non-acheteurs mettent en avant le prix comme frein à l'achat, et un écart de prix à l'achat sur l'entrée de gamme restant élevé, à +55%." A ce premier écueil s’ajoute celui du rayon d’action, "avec seulement 4% des modèles ayant plus de 500 km d'autonomie." Un dernier argument qui pourtant peine à convaincre : s’il est vrai que les rayons d’action en conditions réelles s’établissent plutôt autour des 200 km pour les modèles premier prix, les études montrent que le kilométrage moyen quotidien s’établit à 30 km.
Reste que les électriques sont jugées trop onéreuses et incapables de rendre tous les services que l’on est en droit d’en attendre. Dans ces conditions, l’augmentation des aides de l’Etat, avec un bonus écologique moyen de 3 980 € auquel s’ajoute une prime de 1 000 euros pour les véhicules assemblés en Europe et dotés d’une batterie européenne, ne peut suffire.
Et comme le marché de l’occasion peine à décoller du fait d’une offre encore jugée encore trop restreinte, il est difficile d’imprimer un mouvement de fond chez les particuliers. Pour autant, là aussi les choses changent : sur 86 000 citadines d’occasion disponibles à date sur La Centrale (qui appartient au même groupe que Caradisiac) on trouve 10 000 électriques, soit près de 12% du total. Les voitures sont là, et de bonnes affaires sont certainement à réaliser ! De plus, l’accélération de l’électrification des flottes d’entreprise observée l’an dernier se traduira par un élargissement sensible de l’offre en occasion dans les deux à trois ans à venir.
Selon BNP Paribas Mobility, les autres indicateurs à considérer sont la fiabilité des points de recharge même si les choses vont en s’améliorant puisque "68% d'entre eux disponibles 99% du temps en 2025, soit +3 points par rapport à 2024. " Là encore, le frein apparaît essentiellement psychologique dans la mesure où la France compte 190 000 points de charge selon le dernier pointage de l’Avere-France, dont 12% d’une puissance supérieure ou égale à 150 kW. Si une borne est provisoirement inaccessible, on en trouve aisément une autre à proximité.
Par contre, le rapport BNP Paribas Mobility souligne à raison le manque criant d’infrastructure de recharge en copropriété, "où vit 1 Français sur 2. Il est vrai que le fameux droit à la prise dont on nous rebat des oreilles depuis des années peine encore à s’appliquer, alors même que la France met par ailleurs en place un écosystème de la mobilité électrique dont bien des pays européens pourraient s’inspirer.














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