"On n'a convaincu que les journalistes et les passionnés", regrette l'un des papas de l'Alpine A110
David Twohig, l’un des hommes clé de la conception de l’Alpine A110 aujourd’hui en toute fin de carrière, se rappelle combien il a été difficile de convaincre Carlos Ghosn avec Carlos Tavares de la pertinence de ce projet. Et même s’il est fier du résultat, il a tout de même quelques regrets.

« Ça ne marchera jamais ». Voilà ce que les constructeurs automobiles français se disaient quasiment à chaque fois que quelqu’un arrivait avec un projet de vraie voiture de sport ces trente dernières années.
Après des décennies d’échecs et autres projets avortés, pourtant, le groupe Renault a réellement validé la conception de l’Alpine A110 de seconde génération au début des années 2010. Comment ? Lorsque Carlos Tavares, alors en charge de la marque Renault, a réussi à convaincre le président du groupe Carlos Ghosn de la viabilité économique d’une telle voiture de sport.
Un parcours du combattant face à Carlos Ghosn
David Twohig, placé par Carlos Tavares sur le développement de cette Alpine A110 de seconde génération avant son départ vers PSA (puis la direction de Stellantis), se souvient et raconte aux Youtubeurs du Motorhome : le projet entier de cette voiture de sport ambitieuse, à la fiche technique « puriste », a été un véritable parcours du combattant et une lutte permanente pour rassurer Carlos Ghosn de sa pertinence et de son avancée.
Dans la vidéo ci-dessous, il raconte dans le détail comment Alpine a réussi à s’en tenir à une fiche technique si ambitieuse (moins de 1 100 kg sur la balance et un compromis très fin entre le sport et le confort), dans un contexte où même les fournisseurs pensaient que son équipe n’y arriverait jamais. Il se souvient aussi comment il a fallu tout reprendre lorsque Caterham a quitté le projet.
Le petit regret malgré la réussite économique
En 2026, on commence à peine à mesurer l’impact hors normes de cette A110 de seconde génération sur le marché des voitures de sport françaises, elle qui a convaincu toute la presse et les puristes grâce à une philosophie de conception franchement différente de celle des concurrentes existantes.
Mais David Twohig a quand même un regret : « c’était une voiture qui était beaucoup appréciée par les journalistes et les passionnés mais c’est tout. Elle n’a pas conquis le grand public. Je dis ça avec beaucoup de respect mais il y a du monde qui avait un peu d’argent pour se faire plaisir et qui, tout de suite, achetait un Porsche Cayman. J’aurais voulu qu’on arrive à attirer davantage ces gens. Je pense d’ailleurs que l’Alpine A110 a eu un impact chez les autres constructeurs. Même Gordon Murray disait lui-même qu’il avait évalué cette auto dans le moindre détail. Elle a secoué un peu l’industrie et elle a peut-être eu un impact plus important chez les autres constructeurs qu’auprès de la clientèle même si elle a rempli son objectif de rentabilité », estime avec fierté David Twohig.
Il faut rappeler que l'Alpine A110 a dépassé les 30 000 exemplaires depuis son lancement en 2017, alors que les Porsche Cayman et Boxster dépassaient régulièrement les 20 000 unités vendues chaque année dans le monde. Certes, ces dernières étaient vendues dans beaucoup plus de marchés que la Française, mais ça laisse imaginer le potentiel si l'A110 avait réussi à toucher une clientèle plus large.
« Ce serait très difficile de refaire cette voiture aujourd’hui à cause des normes. D’ailleurs, elle a dû quitter le marché à cause de GSR2 », rappelle-t-il. Et maintenant, tout le monde attend de voir si l’équipe d’Alpine parviendra encore à faire un petit miracle avec l’A110 de troisième génération attendue cette année. Le défi est encore plus relevé puisqu’il s’agit d’un véhicule entièrement électrique qui doit convaincre les puristes !
















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