Peter Stämpfi où l'obsession du pneu
Durant toute sa carrière, l'artiste suisse s'est concentré sur nos gommes, et sur les bandes blanches de nos routes. Plongée dans un univers paradoxalement simple et particulièrement graphique à la fois.

On ne songe pas forcément à lui lorsqu’on évoque le pop’art. Pourtant, le Suisse Peter Stämpfli est l’un des plus dignes représentants de ce mouvement auquel on associe plus souvent des artistes américains comme Andy Warhol ou Roy Lichenstein et leurs art cars.
Pourtant, celui qui fête cette année ses 88 ans marque de son empreinte l’art contemporain depuis 67 ans, depuis sa première expo à Bâle, en 1958 aux côtés de, excusez du peu, Jackson Pollock et Mark Rothko. La Suisse, celle sa naissance et de ses premières œuvres, il la quittera assez vite pour s’installer à Paris, où il vit, et travaille, toujours.
La beauté des pneus
C’est dans la capitale ou, dès 1963, il va s’intéresser à un objet du quotidien qui l’obsédera durant toute sa carrière : la route, et surtout le pneu. Ce pneu, et ses routes dont il perçoit la beauté des graphismes à l’époque ou le graphisme simple et dépouillé s’impose, par le biais, entre autres, de Victor Vasarely qui, au-delà de ses travaux personnels dessinera un logo pour Renault ou la façade de RTL, rue Bayard.
Mais pour Stämpfli, pas de compromis, et très peu de commandes. Ses pneus, ses routes, il les peint, les sculpte, les photographie et les filme comme il l’entend, comme dans le court-métrage Firebird, dans lequel il montre les détails de la Pontiac du même nom. Comme dans Ligne continue aussi, ou l’on découvre les bandes blanches des routes comme on ne les avait jamais vues.

Mais l’une des œuvres les plus fascinantes de Stämpfli est étonnamment une commande, l’une des rares qu’il ait accepté, si l'on excepte sa réinterprétation de la Gitane demandée par feu la Seita.
De la banlieue parisienne à la Costa Dorada
Cette oeuvre monumentale se visite chaque jour, et gratuitement, en se promenant dans le parc du Petit Leroy à Chevilly-Larue dans le Val de Marne. C’est là, au beau milieu de la pelouse, sur une trentaine de mètres, que s’étale une immense trace de pneu, comme si une gigantesque voiture avait envahi l’espace naturel pour disparaître dans l'herbe.
Se rendre à Chevilly est en tout cas beaucoup plus accessible que Sitges, la ville espagnole, près de Barcelone, où se trouve la fondation Stämpfli. C’est là qu’une grande partie de l’œuvre de l’artiste est rassemblée. Reste que les plages de la Costa Dorada sont, généralement, plus ensoleillées que celles du Val de Marne.
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