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Vous regrettez le 90 km/h ? Essayez le 25 km/h en trottinette !

Dans Ecologie / Electrique /

Vous regrettez le 90 km/h ? Essayez le 25 km/h en trottinette !

Deux expériences de sécurité routière intéressantes viennent de démarrer en France. L'une vise à vérifier que moins de ruraux périront en roulant à 80 km/h. L'autre permettra de savoir combien de citadins peut tuer la trottinette électrique.

Autolib qui s'en va, Vélib qui tarde à revenir, le parigot qui n'aime pas prendre bus et métro sera fort dépourvu cet été. Heureusement pour lui, la trottinette électrique en libre-service arrive. La société américaine Lime (350 millions de dollars levés récemment aux Etats-Unis) vient d'en lâcher quelques centaines dans les rues de la capitale et des milliers d'autres devraient suivre. Des engins offrant une cinquantaine de kilomètres d'autonomie, bridés à 25 km/h et que l'on verra sans doute bientôt aussi à Nantes, Bordeaux, Lille, Rennes et autres métropoles régionales.

Mais, zut alors, il y a un truc qui cloche : la trottinette électrique est interdite de circulation.

En effet, qu'elle ait ou pas un moteur, son conducteur (et aussi celui d'un gyro-roue et autres planches à roulettes motorisées) est, selon l'article R 412-34 du code de la route, assimilé à un piéton. Par conséquent, il ne peut emprunter que les trottoirs où il n'a pas le droit - mais le prend - de dépasser les 6 km/h. En outre et surtout, ces engins qui ne sont pas assimilés à des cycles sont interdits sur la chaussée.

Ah bon ? comme disait, faussement étonné, Emmanuel Macron face à Marine Le Pen.

 

A 25 km/h sans casque entre piétons et voitures

 Interdits ? Tss, tss, voyons, nous sommes à Paris, dans la capitale mondiale de la tolérance. Tolérance largement appliquée à ces modernes, collectifs et électriques engins qui déboulent à 25 km entre les piétons ou entre les voitures et dépassent les vélos sur les étroites pistes cyclables.

Il faudrait que l'on m'explique : au nom de la sécurité, on bannit les deux-roues à moteur des couloirs de bus où ils encourent pourtant un risque moindre et ne provoquent aucune gêne. Pour je ne sais quelle obscure raison, on ne les a pas ouvertes aux Autolib pourtant électriques alors qu'y circulent les taxis diesels.

En admettant qu'un policier prenne le risque insensé d'ignorer la municipale et préfectorale consigne de laisser rouler, que risquerait le propriétaire d'une trottinette électrique ? Le grand écart. D'un côté, une contravention "piéton" de première classe, soit 4 € en payant rapidement et 7 € en tardant. Un PV tellement modique qu'il est totalement tombé en désuétude. De l'autre, 15 000 € et un an de prison s'il est démontré qu'il a délibérément mis la vie d'autrui en danger. Autant dire qu'il n'y a jamais sanction et rarement rappel à l'ordre.

 

Une expérience de physique amusante

 On va donc lâcher des milliers de trottinettes sur les avenues et les boulevards parisiens. Une expérience sociologique passionnante, mais aussi de physique amusante. Quelle probabilité a une roue de 20 cm de diamètre et de 3 cm de large de ressortir d'un nid-de-poule de 30 cm de diamètre et 10 de profondeur ? Ou d'un rail de tramway ? Depuis une dizaine d'années que la chaussée parisienne est laissée à l'abandon - les boulevards de Bombay sont mieux entretenus - un scootériste raisonnable ne circule plus qu'en interfile avec une bonne visibilité devant sa roue avant. Suivre sagement une voiture à moins de 15 mètres, c'est risquer le trou fatal que l'on découvrira trop tard et qui fera basculer l'équipage. Sachant que même les motos y abîment leurs jantes, comment peut-on sérieusement envisager de laisser circuler des trottinettes sur ce gruyère, pardon, cet emmenthal ?

Plus généralement, combien de morts déplorera-t-on sur les trottoirs - mamies fauchées, gamins percutés, poussettes renversées - et surtout sur la chaussée, sachant que le casque n'est évidemment pas obligatoire sur cette instable machine.

On le saura bientôt en espérant que soient précisément comptabilisées les victimes de ce mode de locomotion. Actuellement, les adeptes de la micro-mobilité électrique qui trépassent sont recensés à la catégorie "piéton".

 C'est vraiment trop injuste !

Tout ceci pour dénoncer un authentique scandale et une énorme inégalité territoriale qui cette fois serait en faveur de la province, même si de nombreuses régions se sont mobilisées contre le 80 km/h. Alors que l'Etat est en train de dépenser 5 à 12 millions d'euros en panneaux "80" et autant en radars mobiles pour possiblement épargner les vies de quelques centaines de ruraux, les veinards !,  il livre en pâture aux appétits d'une start-up américaine les existences de millions de parisiens démunis de moyens de locomotion.

 

 

 

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