Souvenez-vous : après une série de mesures à bord d'un véhicule en Ile-de-France, AIRPARIF a constaté que les automobilistes sont nettement plus exposés à la pollution atmosphérique que les piétons, même à proximité des grands axes et que la voiture n'est pas un bouclier anti-pollution, l'automobiliste étant la première victime de la pollution liée au trafic routier (voir article). Eh bien une autre étude met en avant la même conclusion : l'Association française de sécurité sanitaire, de l'environnement et du travail (AFSSET) a commandé cette étude au Groupe de recherche en toxicologie des polluants atmosphériques, aérothermochimie, santé et environnement (Topaase). Le résultat : l'air de l'habitacle des véhicules est plus pollué que l'air extérieur.

Le taux de particules et d'oxyde d'azote auquel sont exposés conducteurs et passagers d'une voiture a été calculé. Un véhicule doté de capteurs a circulé dans l'agglomération de Rouen du 1er mai au 14 juillet 2007 : il a effectué 7 000 kilomètres et a analysé la pollution émanant du sillage du véhicule qui précède. Cette étude a été transmise aux constructeurs automobiles. Les auteurs préconisent actuellement de ne pas suivre de trop près le véhicule qui précède. Plus le véhicule que vous avez devant vous est fortement émetteur, plus vous êtes pollué. Le fait de suivre un autobus ou un poids-lourd est plus déterminant que la densité du trafic automobile et le suivre de très près est encore plus déterminant.

Jean-Paul Morin, docteur d'Etat à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), coordinateur de l'étude, a précisé : "Les résultats sont stupéfiants. L'étude montre qu'en voiture, nous sommes exposés à deux polluants majeurs, des particules d'hydrocarbures et du dioxyde d'azote qui provoquent des gènes respiratoires et des troubles cardiaques chez les personnes sensibles. La réglementation sanitaire européenne prévoit qu'il ne faut pas dépasser 230 microgrammes/m3 de dioxyde d'azote. Or, lorsque la voiture est insérée dans le trafic, ce taux dépasse les 400 microgrammes/m3. Lorsque le conducteur suit de près un camion ou un bus, qu'il est dans le sillage de son pot d'échappement, ce taux grimpe jusqu'à 1 700 microgrammes/m3. Les résultats obtenus par la voiture laboratoire ont été comparés avec ceux relevés par les capteurs de pollution du réseau Air Normand, des capteurs installés sur le parcours que la voiture prenait quotidiennement. Et là encore, les résultats confirment que l'air est plus pollué dans l'habitacle de la voiture qui est dans le sillage des véhicules en circulation que sur le trottoir. Une mère de famille qui pense que son enfant est plus protégé dans le siège auto que dans la poussette se trompe".

(Source : INSERM Photo : AVEM)