Nos confrères d’Europe  1 révèlent ce matin la flambée des frais de réparation automobile au sein des ménages français. Entre l'assurance, le carburant et les réparations, être propriétaire d’une voiture coûte très cher de nos jours. Selon une étude du site drivepad.fr, le prix des réparations a augmenté de 3,5 % entre mars 2012 et mars 2013. Soit au-dessus de l'inflation (0,7 %). Une hausse qui pousse de plus en plus souvent les particuliers à reporter les visites chez le garagiste.

Cette flambée des prix est due en grande partie au coût des pièces détachées. Une étude récente menée par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir sur les pièces détachées automobiles faisait déjà ressortir une augmentation de 26% du prix des pièces détachées en France de 2005 à 2010. Cette forte augmentation traduit le monopole des constructeurs automobiles sur les pièces de carrosserie. En France, ces derniers contrôlent la production et la vente. Cette  hausse n’est pas justifiée pour l’Autorité de la concurrence. Pour elle, ni la hausse du coût des matières premières ni la complexité grandissante des composants électroniques des véhicules ne suffisent à expliquer la flambée des prix.


Les automobilistes repoussent les révisions : un danger


Conséquence de cette inflation des prix ? Les automobilistes préfèrent repousser autant que possible les révisions obligatoires. Bruno Thévenoux, du syndicat national du contrôle technique automobile, explique à Europe 1 avoir observé ce phénomène. "Pour le contrôle technique, de plus en plus de gens viennent présenter leur véhicule au-delà du délai autorisé", explique-t-il. Selon lui, jusqu'à 30 % des voitures en circulation ne sont pas à jour de leur contrôle technique.

La raison ? La crainte de devoir faire une contre-visite, et les frais qui vont avec. "Les gens qui ont des véhicules en bon état n'ont aucun problème pour venir à l'heure. Ce sont les autres qui préfèrent repousser le contrôle. Ils sont conscients qu'ils auront des réparations à effectuer, et nous expliquent avoir besoin de plus de temps pour réunir l'argent pour payer les réparations", s'inquiète Bruno Thévenoux. Pour faire des économies, certains vont même plus loin, et préfèrent repousser aux calendes grecques les entretiens qui ne sont pas jugés indispensables. Au risque de se mettre en danger eux-mêmes. "On a observé ça sur des disques de freins : lors d'un premier contrôle technique, le garagiste avait signalé légère détérioration. Lorsque, deux ans après, la voiture est revenue en révision, les plaquettes étaient épaisses comme du papier à cigarettes. C'est extrêmement dangereux !", alerte Bruno Thévenoux. Pire 25 % des voitures en circulation auraient des pneus lisses !