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Avant la fin de l’usage du CPF pour le permis, l’embouteillage à l’inscription est garanti

Dans Economie / Politique / Politique

Michel Holtz

L’INFO DU JOUR - Le compte professionnel de formation ne pourra plus être utilisé pour passer le permis de conduire. Une mesure qui pousse les candidats à se précipiter pour s’inscrire avant la date couperet.

Avant la fin de l’usage du CPF pour le permis, l’embouteillage à l’inscription est garanti
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Les délais s’allongent et les candidats comme les professionnels et l’État, s’interrogent depuis des mois. Comment résoudre les embouteillages à l’examen du permis de conduire ? Facile répondent les autos-écoles : suffit d’embaucher suffisamment d’inspecteurs pour résorber le bouchon. Difficile, leur rétorque le gouvernement, financièrement gêné.

Alors, dans la partie dépenses du budget 2026, adopté depuis le 23 janvier dernier, les troupes de Sébastien Lecornu ont glissé un amendement spécifiant que, dorénavant, le CPF (compte personnel de formation) auquel tous les salariés ont droit, ne pouvait plus être utilisé pour financer le fameux permis, sauf pour les chômeurs.

23 % de permis en moins ?

Un coup de baguette magique qui, d’un seul coup, fait baisser le nombre de postulants au papier rose de 23 %. De quoi raccourcir l’attente des autres, qui, jusqu’ici, pouvait attendre 6 mois pour passer l’examen, notamment en île de France. En principe oui, dans les faits pas vraiment.

Du coup, les candidats armés de leur CPF se sont précipités vers la première auto-école venue avant l’entrée en vigueur du texte. D’autant que sur les réseaux sociaux, des dates ont commencé à circuler, évoquant le 31 janvier comme jour couperet.

Ce qui est faux, puisqu’un dernier 49.3 déposé ce vendredi 30 janvier, doit définitivement adopter la loi de finance. Le week-end n’étant pas ouvré, l’amendement ne devrait entrer en vigueur qu’à la promulgation de la loi, soit le lundi 2 février, selon Le Figaro. Cette fin programmée pourrait même se profiler le 10 février puisque l’an passé, la promulgation du budget n’est intervenue qu’une semaine après son adoption par l’Assemblée.

Le 29 septembre dernier, les autos-écoles étaient en grève pour demander des recrutements d’inspecteurs du permis de conduire. Photo : MaxPPP.
Le 29 septembre dernier, les autos-écoles étaient en grève pour demander des recrutements d’inspecteurs du permis de conduire. Photo : MaxPPP.

De quoi pousser néanmoins ceux qui souhaitent s’inscrire in extremis à faire le siège des officines, dont celles des adhérents de l’Unidec (le syndicat des autos-écoles « classiques ») et de la Fenaa (qui regroupe celles qui opèrent en ligne). Toutes deux avouent que les inscriptions ont été multipliées par trois pour les premiers et par cinq pour les seconds.

Les deux organismes devraient être ravis de cet afflux, sauf qu’ils ne décolèrent pas, évoquant la fracture sociale qui risque de se créer (le prix de la formation s’échelonnant entre 1 500 et 2 000 euros), mais aussi le manque à gagner pour leurs adhérents qui pourraient donc être équivalent à 23 %, et que certains estiment même à 50 %.

Reste qu’une fois le dispositif CPF abandonné, il existe d’autres aides pour passer son permis, moins connu, et surtout moins automatiques. La plateforme d’État « 1 jeune 1 permis » recense ces coups de pouce qui vont du permis à 1 euro par jour, à d’autres facilités nationales ou locales.

D’autres aides existent, mais elles sont moins simples à obtenir

Sauf que ces diverses aides, dont certaines ont été elles aussi supprimées par des collectivités locales aux budgets en baisse, sont conditionnées à l’âge et/ou aux revenus des candidats. Alors que le CPF était une mesure ouverte à tous les salariés et s’ils étaient au chômage, l’aide de France Travail prenait le relais, ce que l’ex Pôle emploi va d’ailleurs continuer de faire.

La fin de l’usage du compte personnel de formation pour le permis de conduire ne satisfait donc personne. Les professionnels réclament toujours des inspecteurs supplémentaires et si le ministère en a recruté une centaine, ils estiment qu’il en faudrait le double pour faire passer les 1,4 million d’examens demandés chaque année. Un chiffre qui va peut-être baisser avec la fin du CPF mais qui a augmenté depuis l’instauration du permis à 17 ans. Un statu quo donc qui ne risque pas de raccourcir suffisamment les délais d’attente.

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