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DESIGNbyBELLU - Range Rover : la contre-attaque

Dans Futurs modèles / Design

Serge Bellu

Land Rover n’a jamais dévié de sa ligne, ne s’est jamais laissé tenter par les dérives stylistiques du design contemporain. Ses produits sont toujours restés fidèles à leur histoire. Nouvelle preuve avec la saison 5 de la Range Rover. 

DESIGNbyBELLU - Range Rover : la contre-attaque

Il fallait un sacré talent pour faire d’un énorme SUV une automobile élégante et résolument décalée dans un environnement où le design se vautre dans toutes les déviances.

Du talent, il en a à revendre Gerry McGovern, le designer responsable de la mutation réussie par Land Rover depuis le début du III millénaire. Ce personnage singulier, qui règne aussi sur Jaguar, mérite que l’on s’attarde sur son parcours.

DESIGNbyBELLU - Range Rover : la contre-attaque

Né à Coventry en 1956, il a d’abord suivi les cours de la Binley Park Comprehensive School de sa ville. En 1971, il a rejoint la Lanchester Polytechnic, devenue plus tard Coventry Polytechnic avant d’être élevée au rang d’université. En 1975, Gerry McGovern poursuivit ses études à Londres pour recevoir un enseignement spécifique au Royal College of Art. Il en sortit en 1977 avec un master en poche. Au cours de son cursus, il rencontra un homme qui devait jouer un rôle déterminant dans sa carrière : Royden Axe, un designer britannique qui travaillait alors au siège de Chrysler, aux États-Unis, après avoir dirigé les studios des filiales européennes du groupe américain. Royden Axe invita le jeune diplômé à le rejoindre à Detroit.

En 1980, Gerry McGovern revint en Europe, à Whitley, pour travailler sur les produits de Chrysler UK et Chrysler France désormais commercialisés sous la marque Talbot à la suite de leur absorption par le groupe PSA.

Entretemps, Royden Axe était parti chez Rover et il ne tarda pas à y attirer son protégé. Au cours des dix-sept années qu’il passa à Canley, de 1982 à 1999, Gerry McGovern vécut toutes les tourmentes et les déroutes du groupe anglais. Pendant cette période, il adopta un look Grand Siècle. Coiffé comme Louis XIV, il dessina la MGF (1995) et la Land Rover Freelander (1997) qui devint un best-seller. Puis il quitta l’Angleterre, anticipant le démantèlement du groupe. Il coupa sa crinière bouclée et prit la direction du design de Lincoln-Mercury aux États-Unis entre 1999 et 2003. Après un passage par l’éphémère studio Ingeni créé par Ford à Londres, Gerry McGovern revint en 2004 chez Land Rover désormais détenue par Ford.

D’abord affecté au design avancé, Gerry McGovern prit en charge la direction du design en 2006 succédant ainsi à Geoff Upex.

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Nouveau changement d’enseigne en 2008 quand Ford céda au consortium indien Tata les labels Jaguar et Land-Rover. Dès lors, un formidable renouvellement des gammes fut engagé avec une mutation particulièrement pertinente sur le plan du design. Gerry McGovern multiplia les concept-cars. Le LRX déboucha sur la Range Rover Evoque unanimement encensée. Puis le DC-100 laissa imaginer ce à quoi pourrait ressembler un successeur à la mythique Defender. Et toute la gamme fut repensée avec justesse et le catalogue s’est enrichi de la Velar en 2017.

Aujourd’hui, c’est au tour de la Range Rover. Sa cinquième génération est stupéfiante de légèreté et de pureté malgré sa masse respectable. Elle est basée sur la plate-forme MLA du groupe Jaguar Land Rover, prévue pour recevoir aussi bien des propulsions thermiques que des motorisations électrifiées, hybrides ou 100 % électriques.

DESIGNbyBELLU - Range Rover : la contre-attaque

Quel que soit l’angle sous lequel on l’observe, la Range Rover est identifiable au premier coup d’œil. Alors que la plupart des constructeurs se contentent de plaquer une face avant typée sur un corps de carrosserie anonyme, Land Rover cultive sa différence à 360°. Le profil de la Range est marqué par le contraste entre porte-à-faux avant abrégé et porte-à-faux arrière long et fuyant qui balance tout le mouvement vers la ligne de fuite. La ceinture est rigoureusement rectiligne, subtilement cintrée, soulignée par une ligne supérieure sous la forme d’une fine saillie. Un pli au bas des portières allège visuellement le flanc. Et rien d’autre. Pas le moindre décrochement, pas une seule balafre, pas un angle impromptu comme ceux avec les designers aiment encombrer les surfaces. Juste deux traits verticaux qui accompagnent le dessin de la porte avant. Les passages de roues sont rigoureusement ronds et judicieusement modelés.

Dans le même temps, la ligne du pavillon s’incline lentement et dynamise le profil. Une grande simplicité caractérise aussi le vitrage qui se fond dans une tonalité uniformément sombre.

DESIGNbyBELLU - Range Rover : la contre-attaque

Même retenue pour la partie avant : la calandre reste simple et sans agressivité. La Range Rover ne cherche pas à se donner le faciès menaçant d’un 40 tonnes comme le font tant de SUV prisés par les Américains. Les phares sont marqués par un motif chromé net et vif qui ne transforme pas les optiques en arbre de Noël.

Même le bouclier composé de deux bandes chromées horizontales participe à l’allègement et à l’élargissement visuels de la vue avant. À l’arrière, un motif joue aussi sur l’économie de moyen. Les feux très étroits se raccordent dans leur partie supérieure à un bandeau noir qui encadre la surface.

Un travail magnifique qui renforce la personnalité stylistique de Land Rover. On attend désormais que Gerry McGovern procède à la même résurrection du design Jaguar dont il a la charge et qui a bien besoin de s’extirper de sa banalisation.

Photos (8)

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