EDF accorde une remise pour l’achat d’une BYD : le couac qui enrage le ministère de l’industrie
Alors que l’État durcit le ton pour protéger l’industrie automobile européenne de la vague chinoise, EDF, entreprise publique accorde jusqu’à 555 € de remise pour l’achat d’une BYD. Une initiative commerciale qui crée de la friture sur la ligne entre l’électricien et le ministère de l’Industrie.

S’agit-il d’une bourde ou d’un acte volontaire ? En tout cas, la décision d’EDF d’octroyer une prime aux acheteurs d’une Byd provoque un tollé qui remonte jusqu’au gouvernement et sonne comme une provocation à l’heure où les Chinois en général, et la marque de Shenzhen en particulier sont perçues comme les fauteurs de troubles susceptibles d’entraîner la chute de l’industrie auto occidentale.
De fait, depuis le 4 septembre, ceux qui veulent s’offrir une Atto ou une Dolphin ont droit à une réduction de 365 euros s’ils sont particuliers, et 555 euros s’ils sont professionnels. Une entreprise, en principe, fait ce qu’elle veut de sa trésorerie. Sauf que, depuis 2023, EDF est retourné dans le giron de l’État, à 100 %, d’où le tollé.
Une prime parmi d’autres
Une affaire qui fleure bon le paradoxe puisque les pouvoirs publics entendent, côté pile, soutenir l’automobile européenne, en excluant les marques fabriquant hors CEE du bonus écolo. Mais côté face, sa « filiale » EDF, renationalisée en 2023 pour un montant avoisinant les 9,7 milliards d’euros, pousse à l’achat d’une auto chinoise à travers cette prime.
Évidemment, ce bonus au goût particulier n’est pas directement offert à Byd. Il s’agit d’un accord passé par l’électricien avec une vingtaine de groupes de concessionnaires qui distribuent bien d’autres marques que Build Your Dreams. Des marques qui, elles aussi, ont droit à la prime.
EDF n’a-t-il pas suffisamment prêté attention aux marques vendues par ces groupes ? D’autant que les sommes versées proviennent du contribuable, puisqu’elles sont in fine, ponctionnées par l’entreprise sur le prix de chaque kWh consommé dans l’hexagone.
Mais la prime CEE, ponctionnée, puis reversée ne va pas entièrement et directement aux concessionnaires, très loin de là, puisque EDF, comme toutes les entreprises énergétiques, participent au bonus écologique, à MaPrim’rénov et à tous les dispositifs d’aides à la transition pour un montant approximatif de 7 milliards d’euros pour la période allant de cette année à 2030.
Pour autant, même si le constructeur chinois ne touche qu’une part congrue de cette somme, l’affaire est remontée aux oreilles gouvernementales par l’entremise de Sacha Houlié. Le député des Deux-Sèvres ancien macroniste et nouvel adhérent de Place Publique, a interpellé le gouvernement. Il lui a, notamment, demandé « à quel moment une société 100 % détenue par l’État français favorise-t-il, un industriel étranger, et pas n’importe lequel, contre ses propres constructeurs ! »
Le message est rapidement parvenu en haut lieu qui, visiblement ignorait tout de l’affaire. Le ministre de l’industrie Sébastien Marin a décroché son téléphone pour appeler le boss d’EDF Bernard Fontana pour lui demander d’arrêter les frais à la fin de l’année.
Le business avant tout ?
Une menace qui n’a pas trop contrecarré les plans de ce dernier puisque l’accord court, justement, jusqu’au 31 décembre 2026. Il évite ainsi d’avoir à se déjuger et se permettra simplement de ne pas renouveler son offre.
On peut, bien entendu, reprocher à EDF, par le biais de cette remise, de jouer contre son camp et contre son unique actionnaire. Mais on peut aussi remarquer le zèle (ou son excès) d’Électricité De France dont le but ultime consiste à vendre de l’électricité.
Et pour y parvenir, il incite les consommateurs à acheter des voitures électriques pour les brancher sur son réseau. Quelles que soient les voitures en question. Business avant tout ou le patriotisme ? Les responsables de l’électricien ont sans doute choisi.













Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération