Et si Donald Trump détournait la menace auto chinoise loin de l’Europe ?
Face à l’explosion des ventes d’autos hybrides chinoises sur le Vieux Continent, Bruxelles se retrouve dans l’impasse. Alors que les requêtes européennes essuient un refus catégorique de Pékin, une aide inattendue et totalement involontaire pourrait venir de Washington. En envisageant d’ouvrir les portes du marché américain aux constructeurs chinois, Donald Trump pourrait bien détourner le raz-de-marée asiatique hors de nos frontières..

« S’il vous plaît messieurs les Chinois, vous voulez bien être sympas avec nous et baisser les importations de vos autos hybrides en Europe ? ». C’est à peu près en ces termes que Bruxelles s’est, gentiment, adressé à Pékin il y a quelques jours en lui demandant, aimablement, de moins nous embêter.
On imagine aisément la fébrilité des dirigeants de la Commission européenne attendant la réponse à leur demande. Elle n’a pas tardé : c’est un grand « non ». Ont-ils été surpris ? On n’ose le penser.
Une salve après les sommations d’usage
Évidemment, on est taquin envers Bruxelles et l’on se doute bien que cette requête très polie est une sommation d’usage et qu’après le refus, il va bien falloir taper sur la table. Car il y a le feu au réservoir. Selon les statistiques établies par le cabinet Dataforce et reprises par l’agence Bloomberg, les hybrides chinois ont représenté, au mois d’août, 25 % des ventes en Europe, et les hybrides rechargeables, selon le Financial Times plus de 33 %.
Alors tous les constructeurs européens somment la Commission de mettre en œuvre ce qu’elle déteste le plus : aller à l’encontre du libre-échange qu’elle a toujours prôné et qui figure dans les traités qu’elle a signé.
Elle l’a fait pour les autos électriques en invoquant, pour ne pas se faire violence, les subventions que Pékin accordait à ses constructeurs. Mais le gouvernement chinois ayant, selon ses dires, mis fin à ses pratiques depuis plus d’un an, le prétexte à trouver va s’avérer plus coton.
Mais il va bien falloir en passer par de nouvelles contraintes douanières, les parts de marché chinoises atteignant près de 12 % sur le sol européen et les constructeurs locaux criant famine et faisant le siège du Bayrlemont, l’immeuble où siège la Commission.

Bruxelles est en train de plancher sur la manière de taxer les PHEV chinois et devrait bien finir par trouver une solution. Et ensuite ? Quid des hybrides simples ? le groupe Chery et ses trois marques Jaecoo, Omoda et Chery en importent déjà. Même régime pour MG. Byd n’en exporte pas chez nous, mais étant donné ses capacités et sa technologie DM-i, l’affaire ne devrait pas prendre des années.
La course à l’échalote continue donc entre Bruxelles et Pékin. D’autant que le marché chinois est en baisse et a perdu 20 % depuis le début 2026. En plus, le gouvernement central met la pression à ses marques, les sommant de se regrouper, et d’en finir avec la guerre des prix.
Ils n’ont donc d’autre choix que de se précipiter sur l’Europe, leur principal marché potentiel, puisque les portes des États-Unis leur sont fermées, du moins pour l’instant.
Car les US pourraient bien donner un peu d’air à l’Europe. Ce qui serait une grande première depuis quelques années. Pour le moment, les autos chinoises sont taxées à 100 % outre-Atlantique contre 25 % depuis l’ère Biden, son successeur ayant, pour une fois, fait preuve de lucidité en maintenant la mesure.
Mais la rencontre entre Xi jinping et Donald Trump ces jours-ci à Washington pourrait changer la donne. Car l’hôte de la Maison Blanche n’est plus opposé à l’arrivée des autos chinoises aux États-Unis. Plus exactement, il est partant pour que l’empire du Milieu ouvre des usines sur le sol américain.
Les US, bouée d’oxygène pour l’Europe ?
La déclaration a provoqué un tollé, tant du côté des Républicains que des Démocrates. Elle a également secoué Detroit. Dans une belle unanimité, tous les constructeurs s’opposent à l’entrée du loup chinois dans la bergerie du Michigan, conscients de son avance technologique en matière d’électrification, et par peur de perdre les dizaines de milliards qu’ils ont injectés dans l’hybride et le 100 % électrique.
Reste que si la décision trumpesque peut être dévastatrice pour l’industrie auto américaine, elle pourrait, un peu, soulager l’Europe. Car notre Vieux Continent absorbe bon an mal an 10 millions de voitures quand les US en achètent 16 millions. L’ouverture de ce nouveau marché pourrait donc détourner les yeux de BYD, Geely, Chery, Saic et les autres vers l’Oncle Sam plutôt que vers nous dans les prochaines années.
Au Bayrlemont, on doit donc prier pour que, pour une fois, Donald Trump, tienne parole. Sans pour autant, se faire trop d’illusions, sachant que les capacités de production de la Chine permettraient de couvrir ces deux gros marchés sans trop d’encombres.













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