L’Europe craint les marques automobiles chinoises, mais l'automobile chinoise craint surtout la Chine
Même si BYD célébrait récemment avec panache le lancement de sa marque de luxe Denza en France, le géant chinois des voitures électrifiées continue de s’enfoncer dans les difficultés. C’est sur son marché domestique que les choses se passent mal. Toute l’industrie automobile tousse, d’ailleurs, et espère compenser avec ses exportations notamment vers l’Europe.

Il y a quelques jours, le groupe Byd organisait un spectacle somptueux dans Paris à l’Opéra Garnier pour célébrer le lancement de sa nouvelle marque de luxe Denza, dont nous avons pu tester le premier modèle (Z9GT) et observer le système de charge ultra-rapide, franchement impressionnant à voir fonctionner.
BYD se félicite par ailleurs de réussir enfin à augmenter significativement ses volumes de vente en Europe depuis l’année dernière, grâce principalement au grand succès de son modèle hybride rechargeable Seal U DM-i. Sachant que la marque vient de lancer plusieurs autres modèles reprenant cette technologie (Atto2 DM-i, Sealion 5 DM-i et Seal 6 DM-i), elle conserve encore une bonne marge de progression même si elle doit désormais composer avec d’autres concurrents chinois très encombrants, Chery (Jaecoo et Omoda) et Geely (dont la marque mère rejoint Smart, Polestar, Zeekr, Lynk & Co et Lotus sur le Vieux Continent).
En Chine, tout va mal
En Chine, en revanche, la dynamique est très différente pour le nouveau leader mondial des ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables. En 2025, déjà, le grand groupe spécialisé dans les voitures électrifiées n’a vu augmenter ses ventes mondiales (essentiellement chinoises) que de 6,9 % alors que ses marques encore jeunes attendaient une croissance supérieure, avec un bénéfice net en recul de 19 %.
Et les choses empirent en 2026 : depuis le début de l’année, BYD voit ses ventes baisser de façon continue depuis le mois de septembre dernier et cela nuit considérablement aux résultats financiers du groupe. Son bénéfice net recule de 55,4 % sur le premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année 2025, la plus forte chute depuis six ans. Le chiffre d’affaires est lui en baisse de 12 %.
Sachant que le bénéfice net n’était que de 4 milliards d’euros environ sur l’année 2025, il est bien parti pour se contracter encore plus fort en 2026 : pour l’instant, rien n’indique que les ventes de BYD en Chine vont remonter dans les mois prochains.
La baisse des aides fiscales et la hausse de la concurrence locale
BYD souffre de la baisse des aides gouvernementales accordées par l’administration chinoise aux véhicules électrifiés, qui ont commencé à se réduire au début de l’année. Surtout, le groupe semble dans une moins bonne dynamique que ses principaux concurrents directs : Geely, SAIC ou Chery souffrent eux aussi de la mauvaise santé du marché automobile chinois, mais ils plongent moins. Chery, par exemple, a vu son chiffre d’affaires baisser légèrement à 8,22 milliards d’euros contre 8,52 milliards au premier trimestre 2025) et sa marge brute a même augmenté.
BYD peut heureusement compter sur ses exportations en hausse (+ 155 % rien qu’en Europe par exemple sur le premier trimestre), mais elles ne représentent toujours que 17 % des ventes mondiales de ce groupe qui garde l’essentiel de ses activités en Chine pour l’instant.
Une industrie auto chinoise en berne
D’après Gasgoo, l’industrie automobile chinoise a vu ses bénéfices chuter en moyenne de 18 % sur le premier trimestre 2026 alors que la marge nette s’est contractée à 3,2 %. On entend souvent dire en ce moment que l’industrie européenne a très peur des nouvelles marques automobiles chinoises, mais c’est peut-être le marché chinois qui reste le plus effrayant actuellement compte tenu des problèmes de surproduction qu’il va poser là-bas.












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