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Stationnement : il n'y a pas que les amendes qui augmentent !

Dans Economie / Politique / Politique

Stationnement : il n'y a pas que les amendes qui augmentent !

À les entendre, rien ne change pour les "non-fraudeurs". "Faux !", rétorque Caradisiac aux décideurs locaux et instigateurs de cette réforme du stationnement payant, votée il y a quatre ans, mais qui rentre en vigueur seulement maintenant. La loi qui met fin aux PV à 17 € partout pour tout le monde, dans les quelque 800 villes où le stationnement est payant, change bien tout et pour tout le monde ! Démonstration après avoir passé au peigne fin la situation d'une cinquantaine d'agglomérations.

"Seuls les fraudeurs paieront le FPS ; pour ceux qui paient leur stationnement, cela ne changera rien !", martèle régulièrement Louis Nègre, le maire de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), et par ailleurs président du groupe* d'élus à l'origine de la réforme qui dépénalise le stationnement payant. "Dépénalisé", "FPS" (forfait post-stationnement), il va falloir s'habituer à quelques changements de vocabulaire en effet.

Car ne pas payer son stationnement n'est plus considéré comme une infraction pénale depuis le 1er janvier. Un tel défaut ne peut donc plus être sanctionné par une amende pénale : exit les PV à 17 euros, que l'on risquait uniformément sur l'ensemble du territoire national en cas de non-paiement, et bienvenue à la dépénalisation ! On parle aussi de décentralisation. Car ce sont les villes qui fixent elles-mêmes dorénavant les montant des sanctions (voir notre tableau ci-dessous).

Il ne s'agit plus de respecter une règle de police, mais de s'affranchir d'une redevance pour l'occupation du domaine public : vous vous garez, occupez une place avec votre véhicule sur la voirie, et payez ainsi pour le temps que vous y passez.

Des FPS de 10 à 60 €, et donc majorés de 60 à 110 €

À Paris et Lyon, ne pas régler son stationnement peut coûter respectivement jusqu'à 50 et 60 euros. Tandis qu'à Castres, ou encore Montpellier et Moulins, la douloureuse peut se limiter à 10 euros. Et il ne s'agit plus là de contravention, mais de forfait de post-stationnement (FPS), dont le montant n'est pas fixé "librement" par le maire, comme on a pu l'entendre en préparant notre dossier… Le montant de ces nouveaux FPS doit absolument correspondre, selon la loi, à la somme due pour la totalité de la durée du stationnement.

Si vous ne réglez pas (assez) votre place, vous risquez alors de devoir payer la note que vous auriez eue si vous étiez resté le plus longtemps possible. Exactement comme quand vous perdez votre ticket de parking. Même si vous n'y êtes resté qu'un quart d'heure, c'est le coût d'une journée entière que vous pouvez avoir à supporter, à moins de tomber sur un gardien conciliant…

En cas de paiement rapide - dans la journée comme à Moulins ou jusqu'à 15 jours comme à Caen et Metz -, certaines villes proposent des tarifs minorés, qui tournent alors bien souvent autour du montant des "anciens" PV, soit 17 euros. À l’inverse, en cas de non-paiement dans les temps, soit dans les trois mois - contre 45 jours avec les "anciens" PV -, les FPS sont majorés de 50 euros. Par rapport aux 33 euros réclamés jusqu'au 31 décembre en cas d'amende forfaitaire majorée, c'est sûr que cela peut faire une sacrée différence ! À Lyon, il y en a ainsi pour 110 euros, 100 à Paris, 90 à Saint-Étienne, etc.

Notre constat détaillé dans une trentaine de villes

Comment nous avons procédé : nous avons passé au crible les tarifs pratiqués à l'horodateur depuis 2014 (et donc l'adoption de cette réforme) dans une cinquantaine de villes, et vous présentons la situation détaillée des 15 plus grandes d'entre elles et d'une quinzaine d'autres de moindre importance. Partout, le même constat s'impose : les grilles tarifaires ont toutes été revues et corrigées.

Les prix du stationnement - et pas seulement les amendes - ont le plus souvent augmenté en quatre ans. C'est le cas de 60 % des quinze plus grandes villes, et de plus de 82 % des autres, en sachant que nous avons limité notre constat aux seuls barèmes des zones de l'hypercentre, là où le stationnement est le plus cher et la situation pour se garer la plus tendue.

S'ajoute à cela, la progression systématique de la durée légale de stationnement, soit le temps durant lequel on est autorisé à rester à la même place. Notre tableau ne le précise pas toujours, mais les amplitudes horaires (le temps durant lequel le stationnement est payant) ont généralement cru également : la pause méridienne, soit la pause entre midi et 14 heures, jusque-là gratuite, a pu disparaître, ou le payant s'est étendu jusqu'à 19 heures ou même 20 heures, contre 18 heures précédemment. Des zones autrefois non payantes le sont devenues ou ont été rattachées à des zones plus chères. Etc.

Les FPS dans les 15 plus grandes villes de France Le montant des FPS (à la place des PV à 17 €) Des minorations possibles (et les délais de paiement) ? Le montant des FPS majorés (à la place des amendes à 33 €) Le tarif du stationnement a-t-il augmenté depuis 2014 ? Augmentation en % La nouvelle durée légale de stationnement
1.Paris 50 € en zone 1 (arrondissements 1 à 11), 35 € en zone 2 (arr. 12 à 20) Oui, 35 € en zone 1, 24,50 € en zone 2, en cas de paiement sous 4 jours 100 € en zone 1, 92 € en zone 2 Oui. En 2015, l'heure est passée de 3,60 à 4 € et de 1,20 à 2,40 €, selon les endroits. La gratuité le samedi et en août a été supprimée. Le stationnement est payant jusqu'à 20 heures au lieu de 19h. 11,11 % ou 100 % selon les arrondissements De 2h, elle passe à… 6h !
2.Marseille 17 € Non 67 € Oui. En 2017, la pause méridienne est supprimée, le stationnement payant jusqu'à 19 heures, au lieu de 18h. Dans le centre, la 2e heure est plus chère d'un euro, les 2h coûtent ainsi 4 € au lieu de 3. 0 % sur la 1ère heure, 66,66 % sur la 2e De 2h, elle passe à 2h30.
3.Lyon 60 € dans le centre, 35 € ailleurs. Non 110 € dans le centre, 85 € ailleurs. Oui et non. En façade, les tarifs paraissent n'avoir pas évolué depuis des années. Dans le détail, le 1/4 d'heure gratuit a disparu. La durée minimale de stationnement est passée à 16 minutes, puis à 30 minutes… 0 % De 1h30 en zone Presto, elle passe à… 10h !
4.Toulouse 30 € Non 80 € Oui et non. Car le payant ne cesse de s'étendre depuis quelques années, mais les tarifs restent inchangés. 0 % De 2h, elle passe à 2h30.
5.Nice 16 € Non 66 € Non, même si le payant ne cesse de s'y étendre également. 0 % De 2h, la durée légale du stationnement passe à 2h15.
6.Nantes 35 € dans le centre, 25 € ailleurs. Non 85 € dans le centre, 75 € ailleurs Oui. En 2017, l'heure est passée de 2 € à 2,30 € dans le centre. 15 % De 2h, elle passe à… 10h ! Soit la journée entière !
7.Strasbourg 35 € Oui, 17 € en cas de paiement sous 3 jours. 85 € Oui. En 2015, l'heure est passée de 1,90 € à 2,10 €. La pause méridienne est supprimée en 2016. 10,50 % De 2h, elle passe à 3h.
8.Montpellier 33 € dans le centre, 17 € ailleurs. Oui, 17 € dans le centre, 10 € ailleurs. 83 € dans le centre, 67 € ailleurs Oui et non. Les tarifs ont soit explosé, soit baissé avec la réforme. 0 % sur la 1ère heure dans l'hypercentre (de -23 % à +750 % pour le reste, en 2018) De 2h, elle passe à 5h.
9.Bordeaux 35 € dans le centre, 30 € ailleurs. Non 85 € dans le centre, 80 € ailleurs Oui. L'heure est passée 2,20 à 2,50 € en 2017 ! 13,60 % De 2h, elle passe à 3h.
10.Rennes 34 € dans le centre, 24 € ailleurs. Non 84 € dans le centre, 74 € ailleurs. Non, pas depuis 2012. Reste que le payant ne cesse de s'étendre comme partout. 0 % De 1h25, elle passe à… 4h !
11.Le Havre 30 € Non 80 € Oui. En 2015, l'heure est passée de 1,20 à 1,50 € 25 % De 2h, elle passe à 3h.
12.Reims 25 € Non 75 € Oui. En 2015, l'heure est passée de 1,50 à 2 € 33,30 % De 2h, elle passe à 2h15.
13.Lille 17 € Non 67 € Oui. En 2015, l'heure est passée de 1,90 à 2 € 5,20 % De 2h, la durée maximale passe à… 5h !
14 - Saint-Étienne 40 € Oui, 29 € en cas de paiement sous 3 jours 90 € Non, a priori 0 % De 2h, elle passe à 2h15.
15.Toulon 20 € Non 70 € Non, a priori. 0 % De 2h, elle passe à 2h30.

 

Les FPS dans des villes de moindre importance Le montant des FPS (à la place des PV à 17 €) Des minorations possibles (et les délais de paiement) ? Le montant des FPS majorés (à la place des amendes à 33 €) Le tarif du stationnement a-t-il augmenté depuis 2014 ? Augmentation en % La nouvelle durée légale de stationnement
Besançon 35 € Oui, 25 € en cas de paiement sous 3 jours 85 € Oui. En 2017, l'heure est passée de 1,20 à 1,40 € 16,60 % NC
Bourges 25 € Non 75 € Oui. Avec la réforme, l'heure passe de 1,30 à 1,50 €, les 2 heures de 2,40 à 4,20 €. De 15,3 à 75 % ! De 2h, elle passe à 2h15.
Caen 33 € Oui, 17 € pour un paiement dans les 15 jours 82 € L'heure est passée de 1,20 à 1,50 € en 2015. 25 % De 2h, elle passe à 2h01
Castres 10 € Non 60 € A priori, non. 0 % De 2h, elle passe à 2h30.
Dijon 30 € Oui, 17 € en cas de paiement sous 3 jours 80 € Oui. Avec la réforme, l'heure passe de 1,60 à 1,80 € 12,50 % De 2h, elle passe à 2h30.
Grenoble 35 € Non 85 € Oui. En 2016, l'heure est passée de 1,75 à 2,50 €. La gratuité du mois d'août supprimée. 42,85 % De 2h, elle passe à 2h30 (et cette 1/2h supplémentaire est donc facturée 30 €)
La Rochelle 30 € Oui, 17 € en cas de paiement sous 3 jours 80 € Oui. En 2016, l'heure est passée de 1,30 à 2 €. 53,80 % De 2h, elle passe à 2h30.
Laval 25 € Non 75 € Oui et non. La grille en zone rouge ne bouge pas, mais la zone verte est désormais plus chère… 0 % dans le centre. De 2h, elle passe à 2h15.
Le Mans 30 € Oui, 20 € en cas de paiement sous 3 jours 80 € Non, a priori. 0 % De 1h, elle passe à 2h.
Limoges 25 € dans le centre, 17 € ailleurs Non 75 € dans le centre, 67 € ailleurs Oui. En 2015, l'heure est passée de 1,30 à 1,50 € 15,40 % De 2h, elle passe à 2h15.
Metz 30 € Oui, 15 € en cas de paiement sous 15 jours 80 € Oui. En 2017, l'heure est passée de 1,70 à 1,80 € (et même parfois de 1,50 à 1,80 €) 5,8 % (ou 20 %) De 1h, on passe à 1h30, mais impossible de retrouver le détail des grilles tarifaires !
Moulins 25 € Oui, 10 € en cas de paiement dans la journée. 75 € Oui. Depuis 2014, l'heure est passée de 0,60 à 0,90 €. La pause méridienne est raccourcie en 2018. 50 % De 2h, elle passe à… 7h
Rouen 25 € Non 75 € Oui. Depuis 2014, l'heure est passée de 1,20 à 1,80 €. 50 % De 2, elle passe à 2h15.
Saint-Cloud 25 € Non 75 € Oui. L'heure est passée de 1,20 à 1,40 puis à 1,50 entre 2014 et 2018. 25 % De 2 heures, elle passe à 2h30.
Suresnes 23 € dans le centre, 18 € ailleurs Non 73 € dans le centre, 68 € ailleurs Oui. En 2017, l'heure est passée de 1 à 1,40 € en zone rouge. 40 % De deux heures, elle passe à 8h30 ! Soit la journée entière !
Tours 25 € Oui, 20 € en cas de paiement sous 2 jours 75 € Oui, l'heure est passée de 1,60 à 1,90 € en zone rouge, entre 2014 et 2018. 18,75 % De 2h, elle passe à 3h.
Versailles 33 € Oui, 17 € en cas de paiement sous 5 jours 83 € Oui. En 2015, l'heure est passée de 1,80 à 2,20 €. 22,22 % De 2h, elle passe à 4h.

Des prix du stationnement partout modifiés !

Comme évoqué, le montant de ces nouveaux FPS est étroitement lié aux grilles tarifaires en vigueur dans les communes, et donc au prix du stationnement. Conclusion : il a fallu PARTOUT modifier les barèmes, ce qui a impacté TOUS les usagers… Et pas seulement les "fraudeurs" !

Si rien n'avait changé, le FPS à Paris ne serait d'ailleurs que de… 8 euros aujourd'hui ! Dans la capitale, en effet, le stationnement, jusqu'au 31 décembre, n'était officiellement autorisé que pour deux heures. À raison de 4 euros de l'heure dans les arrondissements les plus centraux, les nouveaux "PV" n'auraient donc pas pu atteindre ces 50 euros désormais réclamés.

Partant de ce même principe, ils auraient également été de 8 euros à Marseille, 5 euros à Lyon et Bordeaux, 4,50 euros à Grenoble, 4,20 euros à Strasbourg, ou encore 4 euros à Lille ! Et encore, on ne cite là que les plus grandes villes… Dans celles de moindre importance, les FPS auraient été encore plus bas.

Que s'est-il alors passé ? La durée légale du stationnement a été rallongée (voir le détail dans notre tableau ci-dessus). Comme les responsables locaux ne voulaient surtout pas donner l'impression que cette réforme rime avec explosion des tarifs, c'est la durée légale de stationnement qu'ils ont choisi - parfois grandement - d'allonger au 1er janvier 2018. Hé oui, puisque comme déjà dit, le montant de ces FPS doit être égal au coût réclamé pour tout le temps autorisé à rester à la même place, la solution pour ne pas trop modifier les prix, c'était de rallonger ce dernier !

La durée légale du stationnement rallongée

Cette durée légale a ainsi pu être prolongée d'une simple minute, comme à Caen : une très chère minute alors facturée 30 euros, pour un FPS à 33 euros au bout de 2h01 de stationnement. Le plus souvent, cette durée a été relevée d'un quart d'heure comme à Bourges, Laval, Limoges, Nice, Reims, Rouen ou encore Saint-Étienne, ou bien encore d'une demi-heure comme à Castres, Dijon, Grenoble, La Rochelle, Marseille, Metz, Saint-Cloud, Toulouse ou Toulon. Des quarts d'heure et des demi-heures particulièrement chers aussi. Mais parfois, cette durée a littéralement explosé !

Après des années de disette, avec un stationnement autorisé limité à 1h, 1h30, 2h dans les centres-villes, afin de favoriser, nous répétait-on, "la rotation des véhicules" et réduire autant que possible le phénomène des "voitures ventouses", on peut désormais rester garés jusqu'à 6h à Paris, 8h30 à Suresnes, et même 10h à Lyon et Nantes… Autrement dit, on a le droit de demeurer à la même place toute la journée !

La contrepartie, c'est que ça coûte bonbon ! Certes… Mais il n'y a rien de plus légal. Ceux qui ont les moyens de suivre ont le droit de rester scotchés au même endroit, la fourrière ne viendra pas les déranger et leur enlever leur auto "ventouse". Comme le plus grand nombre des usagers ne devraient toutefois pas pouvoir autant dépenser, la fameuse rotation tant convoitée devrait être assurée. C'est en tout cas le pari des acteurs locaux.

Des prix très généralement en hausse !

Et qu'en est-il vraiment des tarifs alors ? Ceux qui étaient en vigueur sur l'ancienne durée n'ont-ils vraiment pas varié d'un iota, comme on tente de nous le faire croire ? Bien sûr que si, ils ont eu tendance eux aussi à gonfler ! Mais le plus souvent, ils ont été revus et corrigés avant ce 1er janvier, histoire que cette hausse passe davantage inaperçue et qu'elle ne soit pas directement associée à cette réforme.

Mais, selon nos relevés (voir notre tableau ci-dessus), il ne fait aucun doute que les tarifs ont progressé depuis l'adoption de cette loi en janvier 2014 (et qui était donc en discussions au Parlement l'année d'avant, en 2013). Comme indiqué dans notre tableau, nous n'avons en outre retenu que les prix des premières heures des zones les plus chères. Mais rien qu'avec cela, on peut constater qu'ils ont le plus souvent été réévalués depuis 2014. Et pas toujours qu'un peu !

Les hausses vont ainsi jusqu'à 750 % à Montpellier, 100 % à Paris, 75 % à Bourges, plus de 66 % à Marseille, près de 54 % à La Rochelle, 50 % à Moulins et Rouen, 40 % - et même plus - à Grenoble, Suresnes, 33 % à Reims, 25 % à Caen, Le Havre, Saint-Cloud, 20 % à Metz… En clair, prétendre que les tarifs n'ont pas été modifiés avec cette loi est faux, archifaux !

Des contrôles renforcés, parfois confiés à des sociétés privées

La procédure en cas de contestation ?

Elle n'a plus rien à voir. Comme il ne s'agit plus d'une infraction pénale, on change tout simplement de droit. Il s'agit désormais d'une procédure administrative, et en cas de contestation, cela change tout puisque l'on n'a plus affaire au même formalisme, aux mêmes règles, et surtout aux mêmes juridictions ! En l'occurrence, une toute nouvelle juridiction a dû être créée pour traiter le futur contentieux, la commission du contentieux du stationnement payant (CCSP), installée à Limoges.

Caradisiac a déjà eu l'occasion de l'évoquer dans un précédent article : Fin des PV de stationnement : un véritable bouleversement juridique !

Il est à préciser que seul le stationnement payant est dépénalisé. Les "dangereux", "interdit", "très gênant", "gênant" (sur les places livraison) demeurent des infractions pénales pour lesquelles le contrôle ne peut aucunement être privatisé. Or, l'amende pour le stationnement gênant n'a pas évolué. Elle est toujours de "seulement" 35 euros. À quand sa revalorisation ? À n’en pas douter, cela ne saurait tarder… À Paris, Lyon, et dans toutes les villes où le FPS est plus élevé, les places livraison risquent sinon d'avoir la préférence des usagers resquilleurs.

Qu'on se le dise, on nous promet également des contrôles renforcés ! Mais attention, ces contrôles auraient pu être renforcés depuis belle lurette. Il n'était pas nécessaire de pondre une nouvelle loi pour cela. Et à raison d'un PV à 17 euros toutes les 2 heures (l'ancienne durée légale) à Paris, par exemple, sur 11 heures, l'amplitude horaire durant laquelle le stationnement est payant, soit jusqu'à 5 PV sur une seule journée, la note aurait pu être très salée… Et bien plus élevée encore que le FPS d'aujourd'hui : 5 PV à 17 euros, cela fait en effet 85 euros (contre 50 ou même 42 € le FPS parisien, selon les endroits) !

La grande nouveauté, en revanche avec cette réforme, c'est que ces contrôles peuvent être délégués à des prestataires privés. C'est ce qui se passe par exemple à Bordeaux, Metz, Nice et Paris. Et les moyens consacrés à ces contrôles vont être, eux aussi, développés, avec notamment l'utilisation plus fréquente des "Scan Car" - qu'on appelle aussi voitures "flasheuses" - et qui sont des véhicules dotés de caméras de lecture automatique des plaques d'immatriculation (Lapi).

Une quarantaine de villes utilisaient déjà ces véhicules Lapi fin 2017. Ces derniers permettent de récupérer de manière automatisée les numéros d'immatriculation des véhicules stationnés dans les rues. Et comme par ailleurs, les usagers sont désormais contraints - cela fait un moment que cela est comme ça dans bien des villes - de rentrer leur plaque pour payer leur stationnement, il suffit de croiser les deux fichiers ainsi générés pour discriminer ceux qui n'ont pas réglé. Selon leurs fabricants, ces dispositifs permettraient alors de contrôler jusqu'à 1 500 véhicules par heure, soit 10 fois plus qu'un agent à pied.

Toutes les villes concernées ne s'y sont pas (encore) mises

Est-ce que toutes les villes concernées par la réforme ont joué le jeu et fait évoluer leur réglementation surplace ? Sur les 800 communes où le stationnement payant est pratiqué, la plupart ont apparemment fait le choix de s'y mettre. À l'été dernier, selon un décompte effectué par la Mission interministérielle à la décentralisation du stationnement (Mids), seule une dizaine d'entre elles y avait renoncé, en raison surtout des trop lourds investissements à y consacrer (changement programmes informatiques, modernisation, voire remplacement des horodateurs en place, recrutement de personnels…).

À la place, ces villes - c'est le cas notamment de Provins, en Seine-et-Marne -, ont opté pour ce que l'on appelle une zone bleue : les places restent alors gratuites, mais limitées dans le temps. Et en cas de non-respect, c'est une amende de 35 euros qui peut être écopée. Une amende, cela signifie qu'il s'agit d'une infraction dont le contrôle ne peut être externalisé aux privés.

Pour toutes les autres villes concernées par la réforme, soit la très grande majorité d'entre elles, est-ce que tout est pour autant en place ? Toutes les grandes villes sont prêtes, notre enquête le démontre. En revanche, dans des villes plus modestes, et surtout dans celles où le stationnement n'est pas forcément payant toute l'année, comme les cités balnéaires, tout n'est pas toujours au point. Selon un autre décompte de la Mids, début décembre, seule la moitié des agglomérations concernées avaient effectué toutes les formalités nécessaires.

En cas de retard que se passe-t-il alors ? Les responsables locaux ont toujours la possibilité de mettre en place une zone bleue provisoire, ou bien évidemment de laisser le stationnement sans aucune réglementation… C'est justement ce qui se passe à Cagnes-sur-Mer. Jusqu'au 15 janvier, le stationnement y demeurera gratuit, faute d'avoir changé les horodateurs dans les temps ! Le maire, Louis Nègre, chantre pour rappel de cette réforme, a dû opter pour "la gratuité du stationnement sur voirie afin de terminer dans des conditions optimales la mise en œuvre du dispositif", révèle Nice Matin ce vendredi. Quand on dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés…

*Ce groupe d'élus, c'est le Gart : le "Groupement des autorités responsables de transport" réunit les élus (députés, sénateurs, maires…) agissant en faveur du développement des transports publics et des modes alternatifs à l’usage individuel de la voiture. Cela fait des années que le Gart œuvrait pour la dépénalisation du stationnement.

Commentaires (23)

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Oh ce pavé ... oh... Dame Fontaine, à l’école des avocats, on a du vous apprendre que les plaidoiries les plus efficaces sont rarement les plus longues ...:dodo:

Par

Bref, en résumé :

- La durée légale du stationnement a été rallongée pour permettre des amendes plus élevées, blabla, scnadale

- Mais au final, l'article racole à mort puisqu'on en reste bien sur "si vous payez votre stationnement, ça ne change rien".

Par

En réponse à beniot9888

Bref, en résumé :

- La durée légale du stationnement a été rallongée pour permettre des amendes plus élevées, blabla, scnadale

- Mais au final, l'article racole à mort puisqu'on en reste bien sur "si vous payez votre stationnement, ça ne change rien".

Scandale, pas scnadale

Par

Pourquoi certaines villes comme Castres se montrent très raisonnables ? Pour lutter contre la désertification des centres villes. Dans les grandes métropoles, la fréquentation est tellement importante que la loi de l'offre et de la demande n'est pas favorable. Mais dans les petites villes qui ne se sentent plus p***er, n'y foutez plus les pieds pendant quelques semaines et les commerçants se chargeront de rappeler les municipalités à leurs devoirs.

Par

Le Cassoulet évoque la désertification des commerces du centre ville, on peut en effet craindre fortement une augmentation sensible de ce phénomène dans les villes moyennes, où l’alternative de transports alternatifs n’existe pas. Et comme les gens sont généralement de plus en plus cossards, on ne peut que prévoir un avenir radieux aux superbes zones commerciales périphériques aux parkings gratos.

Par

En réponse à roc et gravillon

Le Cassoulet évoque la désertification des commerces du centre ville, on peut en effet craindre fortement une augmentation sensible de ce phénomène dans les villes moyennes, où l’alternative de transports alternatifs n’existe pas. Et comme les gens sont généralement de plus en plus cossards, on ne peut que prévoir un avenir radieux aux superbes zones commerciales périphériques aux parkings gratos.

No parking = No business :oui:

so simple :coucou:

Par

ces élus qui croient avoir trouvé un moyen juteux de se faire du fric sous couvert de moralité (payer sa place) déchanteront quand la fréquentation de leurs centre-ville baissera de manière drastique.

il sse gratteront la t^te se demandant quoi faire pour réinciter les gens à venir en ville. peut-^tre un peu trop tard, car à force de prendre les gens pour des pigeons, ces derniers peuvent de façon définitive changer leurs habitudes

Par

En réponse à roc et gravillon

Le Cassoulet évoque la désertification des commerces du centre ville, on peut en effet craindre fortement une augmentation sensible de ce phénomène dans les villes moyennes, où l’alternative de transports alternatifs n’existe pas. Et comme les gens sont généralement de plus en plus cossards, on ne peut que prévoir un avenir radieux aux superbes zones commerciales périphériques aux parkings gratos.

En fait c'est déjà très largement engagé avec les autorisations données à tort et à travers aux hypermarchés/zones commerciales qui ont vidé les centres des villes moyennes de leurs commerce. Ensuite on crée des lotissements en périphérie qui trouvent d'autant plus preneur que l’intérêt d'habiter dans le centre baisse : c'est plus exigu plus vétuste et il n'y a plus vraiment d'activité. Le centre se vide petit à petit de ses habitants, des logements deviennent vacants, parfois ils sont squattés ce qui rend ces endroits moins sympa. Du coup encore moins de gens se rendent dans le centre, ils réduisent les lignes et les fréquences des transports en commun, les rendant impraticables. Cette fois le centre est presque un désert, les banques et les administrations déménagent aussi dans des locaux neufs en périphérie rendant maintenant le centre ville complètement sinistre. Arrivé à ce point, remettre le parking gratuit n'y change alors absolument rien. Une politique réussie d'urbanisation doit combiner de nombreux facteurs et nos petits maires français ne semblent vraiment pas doués dans ce domaine.

Par

En réponse à ChristopheD92

ces élus qui croient avoir trouvé un moyen juteux de se faire du fric sous couvert de moralité (payer sa place) déchanteront quand la fréquentation de leurs centre-ville baissera de manière drastique.

il sse gratteront la t^te se demandant quoi faire pour réinciter les gens à venir en ville. peut-^tre un peu trop tard, car à force de prendre les gens pour des pigeons, ces derniers peuvent de façon définitive changer leurs habitudes

Et si ils ne font pas payer, leurs centre villes seront remplis de voitures bouchons, qui ne bougent jamais. Ce qui fait que les gens qui veulent s'y rendre ne trouveront pas de place.

Alors ils déchanteront quand la fréquentation de leurs centre-ville baissera de manière drastique. il sse gratteront la tête se demandant quoi faire pour réinciter les gens à venir en ville.

C'est pas simple, hein ?

Par

En réponse à beniot9888

Et si ils ne font pas payer, leurs centre villes seront remplis de voitures bouchons, qui ne bougent jamais. Ce qui fait que les gens qui veulent s'y rendre ne trouveront pas de place.

Alors ils déchanteront quand la fréquentation de leurs centre-ville baissera de manière drastique. il sse gratteront la tête se demandant quoi faire pour réinciter les gens à venir en ville.

C'est pas simple, hein ?

Le retour de bâton ils l'ont déjà. On va revenir sur Castres que je connais bien, mais le cas est loin d'être isolé : la population de l'agglomération a augmenté mais des rues entières du centre ville, autrefois animées, sont aujourd'hui fantômes. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu une époque où la municipalité a suivi le mouvement anti-bagnoles. Suppression de toutes les places de parking sur toutes les places et rues refaites, création d'un parking payant trop petit et régulièrement inondé, mais c'était pas grave: il y avait un immense parking un peu excentré derrière le centre des impôts, et les gens n'avaient qu'à aller là sinon c'était des cons.

Ils sont allés ou les gens? Dans les zones commerciales qui ont poussé comme des champignons. Et qui a acheté les boutiques des zones commerciales ? Les anciens commerçants du centre ville qui ont eu l'intelligence de plier boutique au bon moment.

Résultat: la ville est plus belle mais, par rapport à mon adolescence, déserte.

Aujourd'hui ils ont radicalement changé de politique mais trop tard: le fric des commerçants est parti dans les galleries marchandes et semble y avoir été bien investi. Et personne n'est assez fou pour prendre le risque d'ouvrir une nouvelle boutique dans les anciennes rues commerçantes désertées. C'est plié. Tu peux t'amuser à mettre le PV à 10 euros ou même pas de PV sur présentation d'un ticket de caisse (ne rigolez pas, ils y sont presque), les habitudes ont changé et c'est mort.

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