Malgré son lourd déficit, Stellantis ne passe pas l’innovation à la trappe
Alors que le géant de l’automobile accuse des pertes historiques de 22 milliards d’euros, Stellantis refuse de lâcher le volant de l’innovation. Avec 1 294 brevets déposés l’an dernier, le groupe conserve sa couronne de champion de l’INPI pour la troisième année consécutive. Entre le développement de batteries sans lithium et le pari audacieux des robotaxis pour 2029, le groupe mise sur la R&D histoire de démontrer qu’il est loin d’être hors-jeu.

Est-ce que le but consiste à rassurer les marchés, les clients, les fournisseurs et les réseaux ? En tout cas, quelques jours après l’annonce de ses résultats catastrophiques et de ses 22 milliards de pertes, Stellantis entend bien expliquer que le groupe est toujours dans le game de l’automobile mondiale, et surtout française.
La preuve par les chiffres délivrés ce 3 mars par l’INPI (Institut national de la propriété industrielle). Sur les 16.807 brevets déposés l’an passés, un chiffre en hausse de 8 %, la galaxie de 14 marques en signe 1 294, ce qui en fait le champion hexagonal de la discipline pour la troisième année consécutive.
Les robotaxis sur les routes d’Europe en 2029
Une manière de signifier que le fameux reset voulu par le nouveau patron, Antonio Filosa, n’affecte pas la R&D. Anne Loliron, directrice de l’innovation du groupe confirme : « je n’ai pas été affectée par une baisse de budget et pour certains projets essentiels, je peux même obtenir une dotation particulière ».
D’ailleurs elle compte bien embaucher cette année 350 ingénieurs spécialisés en brevets, électrochimie et IA pou compléter son équipe de 1 000 personnes à travers le monde. Une équipe qui intervient en amont du département de R&D beaucoup plus conséquent.
Mais quels sont ces fameux projets ? ils concernent en premier chef les robotaxis que le groupe entend déployer en 2029. Et Anne Loliron d’être persuadé que d’ici-là, l’UE aura autorisé leur circulation dans l’union. « Même si, en plus, cette circulation est forcément liée, en plus, à des accords locaux ».

Pour ces robotaxis, qui devraient assemblés sur la base des petits utilitaires du groupe (Citroën Berlingo, Peugeot Rifter, Opel Combo, Fiat Doblo), Stellantis souhaite arriver à un niveau 4 d’autonomie, mais sans gravir les échelons petit à petit, puisque le niveau 3 est mis en stand by. Les solutions technologiques de ce fameux niveau 3 existent et sont opérationnelles mais, selon la directrice de l’innovation, le marché n’en veut pas.
L’électrique est lui aussi malmené par le marché, mais malgré le frein à main de la direction du groupe, elle reste au centre des préoccupations de la R&D du groupe. « Nous et toute l’industrie automobile, n’en sommes qu’au début en la matière ». Et malgré des accords devenus caducs dans la fabrication de batteries, notamment au Canada, Stellantis entend continuer dans cette voie seul, ou en s’entourant de start-up, mais aussi en travaillant avec le CEA de Grenoble (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables).
Des batteries sans lithium ou sans nickel ni cobalt
L’un de ces projets est baptisé Ibis (Intelligent Battery Integrated System). Dans ce domaine, les recherches vont tous azimuts, « avec des technologies qui se passent totalement de lithium, mais aussi des batteries solides, ou au lithium souffre qui ne nécessitent pas l’usage de nickel ou de cobalt. »
Aucune solution en vue concernant l’autonomie des prochaines électriques du groupe ? « Bien sûr que si, puisque les futures batteries sont plus petites. Du coup, avec une taille équivalente à celles d’aujourd’hui, leur autonomie est évidemment augmentée ».
Cette offensive vers le futur est-elle en contradiction avec le reset voulu par Antonio Filosa et son retour vers le thermique notamment en Amérique ? Pour le département innovation, il n’en est rien. « il y a encore fort à faire dans l’hybride » affirme sa patronne. Il est vrai que Stellantis n’est pas à la pointe mondiale dans le domaine du PHEV.














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