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Enquête - Les bénéfices hallucinants des constructeurs auto

Dans Economie / Politique / Marché

L’automobile n’en finit plus de battre des records, avec des ventes annuelles qui devraient bientôt approcher les 100 millions d’unités par an. Résultat, tous les constructeurs ou presque affichent de pharamineux bénéfices. Découvrez lesquels, combien, et avec quel taux de rentabilité.

Les champions du business sont les groupes Toyota et BMW: le premier parce qu'il a engrangé plus de 19 milliards de bénéfices en 2017, le second parce qu'il affiche le meilleur taux de rentabilité.
Les champions du business sont les groupes Toyota et BMW: le premier parce qu'il a engrangé plus de 19 milliards de bénéfices en 2017, le second parce qu'il affiche le meilleur taux de rentabilité.

Bien que critiquée de toute part, jamais l’automobile ne s’est aussi bien portée. Selon les projections d’Euler Hermes, leader mondial de l’assurance-crédit, les ventes mondiales de véhicules particuliers et d’utilitaires légers devraient atteindre les 100 millions d’unités en 2019, valeur doublée par rapport au début des années 90. Les cinq principaux marchés  que sont la Chine (30% du marché mondial), les USA, le Japon, l’Inde et l’Allemagne totalisent un peu plus de 6 ventes sur 10. Et si les taux de motorisation des pays industrialisés restent globalement stables, on observe que le marché européen continue de progresser (+2,7% de janvier à avril 2018).

Cette demande soutenue donne le sourire aux constructeurs automobiles qui, du populaire au premium, ont tous affiché des bénéfices en hausse l’an dernier. Pour en prendre la mesure, Caradisiac s’est intéressé aux résultats des seize groupes opérant en Europe, et en a additionné les bénéfices (à l'échelle globale): ceux-ci ont approché les 94 milliards d’euros en 2017, soit plus de 257 millions chaque jour !

    Bénéfices 2017 (en milliards d'euros) Marge opérationnelle
1 Toyota 19,2 8,2%
2 Volkswagen 13,8 7,4%
3 Daimler 10,9 8,1%
4 BMW 8,7 8,8%
5 Honda 8,0 6,9%
6 Ford 6,3 5,0%
7 Nissan 5,7 4,8%
8 Renault 5,1 6,6%
9 Hyundai Motor 4,2 4,7%
10 FCA 3,7 3,3%
11 PSA 1,9 6,1%
12 Jaguar Land Rover 1,7 3,8%
13 Suzuki 1,7 5,7%
14 Volvo 1,4 6,7%
15 Mazda 0,86 3,2%
16 Mitsubishi  0,83 4,9%
   TOTAL                       93,9 milliards d'euros de bénéfices
 

On le voit, tous les groupes affichent de confortables bénéfices. Nous avons intégré à notre enquête les marges opérationnelles (rapport entre le chiffre d'affaires et les bénéfices), qui permettent de jauger de la rentabilité réelle des groupes, et permettent d'établir une hiérarchie différente. BMW apparaît ainsi comme le groupe le plus rentable, et les français PSA et Renault font preuve d'un beau dynamisme. (source des chiffres: communication financière des  constructeurs)

Le champion des gains est le japonais Toyota (Toyota, Lexus, Daihatsu, Hino), qui récolte notamment les fruits d’une stratégie produit judicieuse, d’un engagement pour une mobilité moins polluante avec ses motorisations hybrides, d’une implantation géographique globale et d’une exemplaire maîtrise des coûts. Le géant japonais a écoulé 10,5 millions de véhicules durant l’exercice courant d’avril 2017 à mars 2018, soit plus de 10% des véhicules vendus dans le monde sur la période.

Sur la deuxième marche du podium, mais assez loin derrière Toyota, on trouve le tentaculaire groupe Volkswagen (12 marques dont VW, Skoda, Audi, Seat et Porsche), qui digère manifestement plutôt bien les conséquences du dieselgate dont il est le principal acteur. Au titre de l’exercice 2017, l’entreprise a engrangé 13,8 milliards d’euros de bénéfices (une fois soustraits 3,2 milliards d’euros de pénalités liées au dieselgate) pour 10,7 millions de véhicules écoulés, dont 4,2 millions en Chine. Des valeurs qui constituent des records pour lui. Le succès de véhicules à fortes marges, qu’il s’agisse de très rentables SUV ou d’encore plus rentables modèles de haut de gamme, permet au groupe de reprendre de belles couleurs. La marge opérationnelle du groupe VW s’établit à 7,4%, valeur parmi les plus élevées de notre enquête.

Avec 10,9 milliards de profits, résultat record là encore, Daimler se présente comme le champion du monde du premium. Le groupe surfe sur le bon accueil réservé à sa Classe E, modèle-phare pour lui, et sur la forte demande pour sa gamme de SUV (un tiers des ventes de la gamme Mercedes). L’arrivée remarquée de la nouvelle Classe A devrait se traduire par une progression notable des ventes en 2018.

BMW champion de la rentabilité

Son concurrent BMW bénéficie de courants tout aussi porteurs et ce pour des raisons similaires (succès de la Série 5, de ses SUV et du monospace Série 2, entre autres), mais a gagné « un peu » moins d’argent l’an dernier (2,2 milliards d’euros d’écart). Ce que compense aisément une rentabilité supérieure : la marge opérationnelle du bavarois s’établit à 8,8%, la valeur la plus élevée de notre étude.

S’il n’est pas le constructeur le plus en vue en Europe, Honda s’appuie sur ses résultats en Amérique du nord et en Chine pour gagner de l’argent avec ses voitures, tandis que l’Inde et le Vietnam sont particulièrement friands de ses deux-roues. Le n°3 Japonais gagne même BEAUCOUP d’argent, puisque son bénéfice net pour l’exercice 2017-2018 s’établit à 8 milliards d’euros. C’est presque deux milliards de plus que Ford, dont le bon bulletin de santé tient en grande partie à son statut de constructeur préféré des Américains et à une bonne gestion des coûts. On note au passage que son rival General Motors, qui n’opère plus que de façon très marginale en Europe (d’ou son absence dans notre tableau) depuis la cession d’Opel à PSA - restent Cadillac, Chevrolet et Hummer - a annoncé un résultat d’exploitation cumulé de 10,3 milliards d'euros. Ses gains sont notamment dus aux bonnes ventes de véhicules à fortes marges, pick-up et SUV en tête.

Chez Nissan, l’année fiscale 2017 a été marquée par un record de ventes (5,7 millions d’unités) grâce à une forte demande de SUV dans le monde et à une belle croissance en Chine. Le bénéfice net annuel a augmenté de 12,6%, bien aidé il est vrai par une réforme fiscale aux USA, pour atteindre 5,7 milliards d’euros. Renault, lui, se « contente » de 5,1 milliards d’euros de bénéfices, valeur historique pour lui : «Nous avons battu un nouveau record en termes de ventes, de chiffre d’affaires, de marge opérationnelle et de résultat net », se félicitait Carlos Ghosn lors de la présentation de ses résultats en février. Le groupe a vu ses parts de marché augmenter sur tous les continents, et identifie des leviers de croissance importants en Chine, en Russie ou au Brésil. On observe que la marge opérationnelle du groupe Renault est supérieure à celle de Nissan : 6,6% contre 4,4%.

Renault affiche des résultats "historiques" au titre de l'exercice 2017, et sa marge opérationnelle s'établit à 6,6%.
Renault affiche des résultats "historiques" au titre de l'exercice 2017, et sa marge opérationnelle s'établit à 6,6%.

Le géant coréen Hyundai Motor (Hyundai-Kia), cinquième groupe automobile mondial, a gagné 4,2 milliards d’euros l’an dernier, en baisse de 20,5% par rapport à l’année précédente. "Le won fort, la concurrence renforcée sur les principaux marchés tels que la Chine et l'augmentation des coûts de marketing ont pesé sur les résultats", expliquait le groupe dans un communiqué.

Fiat Chrysler Automobiles affiche des résultats record pour l'année 2017, avec un bénéfice net presque doublé (+93%). FCA a vu ses ventes augmenter en Europe, mais ralentir en Amérique du nord, zone qui concentre 71% de ses ventes. Si Maserati connaît des moments difficiles et si Alfa Romeo souffre d’une gamme trop réduite, le groupe se refuse d’envisager à céder ces marques. Il en va de même pour Jeep, vitale pour la rentabilité du groupe (objectif : 2 millions d’unités vendues en 2018, et 5 millions en 2022). Quelques mois avant de céder sa place, le patron de FCA Sergio Marchionne annoncera le 1 juin le nouveau plan stratégique 2018-2022 de FCA.

Les Français en forme

PSA a sabré le champagne en 2017 avec un bénéfice record (un terme décidément très employé dans cet article) de 1,9 milliard d’euros. Un chiffre en hausse de 11,5% en dépit du rachat d’Opel à GM à l’été 2017. « La compagnie est aujourd’hui redressée », avait commenté son patron Carlos Tavares en présentant les résultats début mars, avant d’ajouter que PSA était sur la route pour atteindre les 4 millions d’unités écoulées en 2018. Pour y parvenir, il pourra compter sur le tandem 3008/5008 chez Peugeot, auquel s’ajoute la nouvelle 508, tandis que les C3 et C3 Aircross obtiennent de bons résultats chez Citroën. Celles-ci seront rejointes en fin d’année par la nouvelle C5 Aircross. Reste maintenant à poursuivre le redressement d’Opel, augmenter la part de marché en Europe et à renverser la vapeur en Chine, où les ventes sont passées de 618 000 à 387 000 unités entre 2016 et 2017.

Considéré comme "mourant" il y a 5 ans, PSA est l'un des groupes les plus rentables actuellement.
Considéré comme "mourant" il y a 5 ans, PSA est l'un des groupes les plus rentables actuellement.

Du côté de Jaguar Land Rover, propriété du groupe indien Tata Motors, les bénéfices restent élevés mais marquent une baisse en raison d’un tassement des ventes, conjugué à une hausse des investissements dans l’outil de production et dans les nouvelles technologies. Si la demande reste soutenue en Chine et aux Etats-Unis, les deux marques souffrent  en Europe et dans leur propre pays l’Angleterre en raison des incertitudes autour du diesel, du Brexit et de la fiscalité automobile.

Suzuki se porte bien au Japon, où ses petits modèles sont très prisés. Il en va de même en Inde (Maruti-Suzuki est le premier constructeur local), Indonésie ou Thaïlande, mais s’essouffle un peu en Chine. Le constructeur, qui a progressé de 14,9% en Europe l’an dernier, est aussi porté par les bons résultats de ses divisions moto et marine.

Volvo va bien, merci pour lui, puisqu’il affiche un niveau de ventes inédit en 2017 : 571 000 voitures, en hausse de 7% par rapport à 2016. Cette quatrième année consécutive de croissance lui permet d’engranger 1,4 milliard d’euros de bénéfice net et, surtout, envisager un avenir de plus en plus électrifié avec optimisme.

Mazda et Mitsubishi, enfin, sont des "petits" constructeurs en termes de volumes de ventes et cela explique qu'ils restent sous la barre du milliard d’euros de bénéfice, mais cela ne les empêche pas de se montrer rentables. Le premier a vu ses ventes augmenter pour la cinquième année consécutive (1,63 million de véhicules, +5%) et continue de croître à l’international : +11% en Chine, +4% aux USA et +1% en Europe, en grande partie grâce à sa gamme de SUV (CX-5 et CX-3). Mitsubishi, désormais dans le giron de Nissan, ce qui devrait lui permettra de réaliser de substantielles économies, vise une progression annuelle de 30% de ses ventes mondiales via l'Asie du sud-est, la Chine et les Etats-Unis.

Pour qui en douterait, l'automobile demeure une industrie prospère.
Pour qui en douterait, l'automobile demeure une industrie prospère.

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Forcément, les bénéfices explosent : les usines sont de plus en plus automatisées et les centres de production de plus en plus orientés vers les pays à bas coût de main d’œuvre !

Fini l'époque des usines Renault type "Billancourt" en France qui produisaient les R4 et R5 en masse avec des marées humaines d'équipes d'ouvriers en 3x8, jusqu'à 30 000 sur un même site !

Ajoutons à cela l'obsolescence programmée qui enverra tout véhicule de plus de 10-12 ans automatiquement à la casse, et vous avec compris que l'avenir sera tourné vers encore plus de bénéfices : finie aussi l'époque de la Peugeot 504 qui terminait sa vie en Afrique avec 600 000 km au compteur et se réparait à l'aide d'un fer à souder : ce genre de véhicule tue la rentabilité.

Par

C'est surtout que les bagnoles coûtent bien trop chère et que ça engraisse non pas les salariés mais les actionnaires.

Et j'ai rien contre les actionnaires, je dis seulement que la balance penche trop d'un coté...

Mais bon, à en lire certains on devrait même être content de se faire enfler si joyeusement sur le prix des bagnole...

Par

Bein alors, mouldu et ses marges il est où? :( il veux tellement toujours en parler

Par §WJM662Jg

Heureusement que les services marketing sont ultra efficaces de nos jours, grâce à eux la plupart des pigeons (clients) achètent des SUV. Les groupes auto feraient grise mine sinon.

Par

En réponse à anneaux nîmes.

C'est surtout que les bagnoles coûtent bien trop chère et que ça engraisse non pas les salariés mais les actionnaires.

Et j'ai rien contre les actionnaires, je dis seulement que la balance penche trop d'un coté...

Mais bon, à en lire certains on devrait même être content de se faire enfler si joyeusement sur le prix des bagnole...

Comparé au pouvoir d'achat elles sont beaucoup moins chères aujourd'hui que dans les années 70-80.

Ca choque que l'industrie fasse du bénéfice ? C'est le but du jeu mes pauvres amis. Pour investir du blé il faut avoir espoir que ça rapporte. Sinon on l'enterre au fond du jardin.

Par

En réponse à ZBanGBanG

Bein alors, mouldu et ses marges il est où? :( il veux tellement toujours en parler

il va faire un malaise.....

Par

GM n'est pas dans le tableau mais bien dans le texte?

Par

En réponse à -Nicolas-

Forcément, les bénéfices explosent : les usines sont de plus en plus automatisées et les centres de production de plus en plus orientés vers les pays à bas coût de main d’œuvre !

Fini l'époque des usines Renault type "Billancourt" en France qui produisaient les R4 et R5 en masse avec des marées humaines d'équipes d'ouvriers en 3x8, jusqu'à 30 000 sur un même site !

Ajoutons à cela l'obsolescence programmée qui enverra tout véhicule de plus de 10-12 ans automatiquement à la casse, et vous avec compris que l'avenir sera tourné vers encore plus de bénéfices : finie aussi l'époque de la Peugeot 504 qui terminait sa vie en Afrique avec 600 000 km au compteur et se réparait à l'aide d'un fer à souder : ce genre de véhicule tue la rentabilité.

on remarquera que ta réflexion cible les groupe français, en se gardant bien d'évoquer les autres pourtant efficace en la matière.

Par

En réponse à anneaux nîmes.

C'est surtout que les bagnoles coûtent bien trop chère et que ça engraisse non pas les salariés mais les actionnaires.

Et j'ai rien contre les actionnaires, je dis seulement que la balance penche trop d'un coté...

Mais bon, à en lire certains on devrait même être content de se faire enfler si joyeusement sur le prix des bagnole...

Les actions sont ouvertes à tout le monde...

Et franchement PSA n'a pas payer de dividendes entre 2011 et 2017. Donc on peut pas dire que les actionnaires soient des pompes à fric de ce coté. Et puis les dividendes 2017 et 2018 sont moitié moins que 2011 voir le tiers de 2008, à oui parce que entre 2011 et 2008 pour les actionnaires c'est 0€.

Par

En réponse à -Nicolas-

Forcément, les bénéfices explosent : les usines sont de plus en plus automatisées et les centres de production de plus en plus orientés vers les pays à bas coût de main d’œuvre !

Fini l'époque des usines Renault type "Billancourt" en France qui produisaient les R4 et R5 en masse avec des marées humaines d'équipes d'ouvriers en 3x8, jusqu'à 30 000 sur un même site !

Ajoutons à cela l'obsolescence programmée qui enverra tout véhicule de plus de 10-12 ans automatiquement à la casse, et vous avec compris que l'avenir sera tourné vers encore plus de bénéfices : finie aussi l'époque de la Peugeot 504 qui terminait sa vie en Afrique avec 600 000 km au compteur et se réparait à l'aide d'un fer à souder : ce genre de véhicule tue la rentabilité.

L'obsolescence programmée :ange:

Si tu l'entretiens correctement une caisse d'aujourd'hui durera bien plus longtemps que n'importe quelle bagnole des années 80. Le traitement anticorrosion est bien meilleur et les moteurs essence rincés avant 200 000 ça n'existe plus.

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