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L'Allemagne se méfierait-elle déjà des voitures électriques à batteries ?

L'Allemagne se méfierait-elle déjà des voitures électriques à batteries ?

Il commence à émerger certaines voix un peu dissonantes en Allemagne au sujet de la voiture électrique. Deux des plus gros équipementiers mondiaux, Continental et Bosch, prennent de la distance avec le véhicule à batteries. Le premier avertit d'ailleurs sur le fait de "foncer" trop vite sur ce mode de transport.

20 milliards pour le groupe Volkswagen, 4 milliards pour BMW, 10 milliards pour Mercedes, on ne peut pas dire que les constructeurs allemands y vont avec le dos de la cuillère pour l'électromobilité. Largement "incités" (forcés ?) par les futures normes environnementales, la Commission européenne et le déclin du diesel, les géants de l'industrie automobile misent gros sur la voiture électrique. Sauf qu'ils le font peut-être trop vite, et surtout un peu trop sur les véhicules à batteries selon certaines voix dissonantes qui, au mieux, prônent la prudence, et au pire tournent carrément le dos, dès aujourd'hui, à la batterie au lithium.

Le cas Tavares

On se souvient de Carlos Tavares, patron de PSA, qui avait expliqué à des journalistes au salon de Francfort 2017 ses réserves vis-à-vis de l'électrique : "le monde est fou. Le fait que les autorités nous ordonnent d’aller dans une direction technologique, celle du véhicule électrique, est un gros tournant. Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air, sur le recyclage des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, sur les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge ? L’alerte que j’ai voulu donner il y a quelques mois est qu’il n’y a pas d’études d’impact, ni d’études à 360 degrés de ce que signifie une mobilité 100 % électrique. Les gouvernements et les responsables politiques de l’Union Européenne sont en train de prendre la responsabilité scientifique du choix de la technologie".

C'était alors l'un des tout premiers grands patrons de l'automobile qui émettait des réserves publiquement sur ce qui allait de toute façon être produit par son entreprise : la voiture électrique. Mais Carlos Tavares n'est semble-t-il plus seul aujourd'hui puisque l'on relève ces derniers temps deux cas particuliers, de l'autre côté du Rhin, et pas des moindres.

Equipementiers contre batteries asiatiques ?

Bosch, tout d'abord, qui a affirmé à plusieurs reprises que le géant ne se lancerait pas dans la production de cellules pour batteries de voitures. Cela aurait pourtant été un candidat idéal afin de réduire le monopole asiatique sur le sujet, mais Bosch trouve la tâche trop titanesque et le retard accumulé sur la Chine ou la Corée du Sud bien trop important pour que cela vaille la peine d'investir des milliards, sans forcément être sûr de la rentabilité et de la viabilité du projet au final, face à des concurrents à l'expérience riche et au portefeuille client gigantesque.

Evidemment, pas de batteries ne veut pas dire "pas de voiture électrique". Bosch préfère visiblement se tourner vers d'autres solutions, comme la pile à combustible à hydrogène (qui, au final, est dans une voiture avec un moteur électrique). Un choix forcément risqué en 2019 mais Bosch y croit et s'est associé à un spécialiste suédois en la matière, PowerCell Sweden AB.

Et puis, plus récemment, nous avons eu les déclarations du grand patron de Continental. Avec Bosch, ce sont les deux poids lourds du monde automobile, et deux prises de position très claires. 

Elmar Degenhart, le numéro un de Continental, a "mis en garde contre un engagement unilatéral vis-à-vis des voitures électriques à piles". Pour lui, la voiture à batterie est idéale lorsqu'il s'agit de déplacements urbains, sur des voitures compactes et légères et avec de petites batteries. Mais lorsqu'il s'agit de déplacements plus longs, sur autoroute, ou pour les professionnels, la pile à combustible serait plus adaptée. Tiens, tiens, nous avons déjà entendu ça quelque part.

Degenhard a d'ailleurs été rejoint par un homme politique, et pas n'importe lequel : le ministre des Transports, Andreas Scheuer, qui met lui aussi en garde contre l'engagement total vers la voiture à batterie. Ironique, quand on sait que le groupe Volkswagen a justement misé gros là dessus, après avoir été rattrapé par les autorités pour ses diesels.

Que faire ?

Nous semblons être à une période charnière des transports. Le moteur thermique commence à atteindre ses limites (son rendement ne progresse que très peu, et à coups de milliards d'euros d'investissement), les normes environnementales deviennent très dures, et les constructeurs doivent absolument trouver une alternative pour éviter de lourdes amendes. Mais derrière le thermique, les remplaçants ne sont pas prêts. Le titulaire est en fin de carrière, mais sa relève est trop jeune, trop chère, trop inexpérimentée, trop contraignante à l'usage pour beaucoup et pose évidemment des questions.

Du coup, que faire ? Les solutions extrêmes (poursuivre à 100 % sur le thermique, ou mettre tous ses oeufs dans le panier électrique) paraissent justement trop extrêmes. Un "entre-deux" serait donc la seule solution : les équipementiers le disent, le futur à moyen terme sera un mix de toutes les technologies que l'on connaît (hydrogène, thermique, hybride, électrique, biocarburants), en attendant mieux. Toutefois, comme l'expliquait Carlos Tavares : comment, dans une Europe comportant des Etats très endettés, remplacer les milliards d'euros de recettes de TVA des carburants si tout le monde roule à l'électrique ? Que faire...

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Commentaires (299)

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La VE n'a clairement pas les caractéristiques d'une technologie "émergente" à hauteur de remplacer le thermique.

Quand on regarde le marché du thermique, il n'a pas fallu de subvention, de pression politique, ou de tout autre lobbying pour imposer un monopole sur le marché de l'automobile.

Demain, il n'y aura plus de monopole technologique et cela représente 2 avantages :

- Une technologie adaptée pour chaque usage

- Une concurrence technologique bénéfique pour le progrès globale des voitures.

La VE n'aura jamais le monopole que la voiture thermique à connu. Par contre on aura un mix de technologie pendant une longue période avant peut-être d'en voir une prendre le dessus.

Par

C'est plus raisonnable. Pas que l'électrique ne soit pas le bon choix, mais mettre tous ses oeufs dans le même panier n'a jamais été une solution raisonnée.

Par

En réponse à Axel015

La VE n'a clairement pas les caractéristiques d'une technologie "émergente" à hauteur de remplacer le thermique.

Quand on regarde le marché du thermique, il n'a pas fallu de subvention, de pression politique, ou de tout autre lobbying pour imposer un monopole sur le marché de l'automobile.

Demain, il n'y aura plus de monopole technologique et cela représente 2 avantages :

- Une technologie adaptée pour chaque usage

- Une concurrence technologique bénéfique pour le progrès globale des voitures.

La VE n'aura jamais le monopole que la voiture thermique à connu. Par contre on aura un mix de technologie pendant une longue période avant peut-être d'en voir une prendre le dessus.

D'accord, sauf sur le "Quand on regarde le marché du thermique, il n'a pas fallu de subvention, de pression politique, ou de tout autre lobbying pour imposer un monopole sur le marché de l'automobile." ... Le petrole tres peu cher du 20e siecle jusqu'a la fin des "30 Glorieuses", c'etait une strategie deliberee des pays producteurs de petrole pour un monde dependant de l'or noir. C'est seulement au debut du 20e siecle que les voitures a essence ont remplace les voitures electriques... qui etaient completement majoriatires a la fin du 19eme.

La voiture thermique s'est enormement developpee pendant les 30 glorieuses grace a des facteurs politiques, notamment une energie "gratuite", disponible a la pompe comme une commodite.

Le choc petrolier de 73, le rapport du club de Rome en 68, auraient du mttre fin au tout-petrole. Mais la, les lobbies ont ete tres puissants pour empecher tout changement de model.

Par

Sinon, tres bon article. D'un point de vue technique, trimballer 500kg de poids mort (les batteries li-ion...) pendant 1000km pour partir en vacances n'a en effet aucun sens.

Par

En réponse à Axel015

La VE n'a clairement pas les caractéristiques d'une technologie "émergente" à hauteur de remplacer le thermique.

Quand on regarde le marché du thermique, il n'a pas fallu de subvention, de pression politique, ou de tout autre lobbying pour imposer un monopole sur le marché de l'automobile.

Demain, il n'y aura plus de monopole technologique et cela représente 2 avantages :

- Une technologie adaptée pour chaque usage

- Une concurrence technologique bénéfique pour le progrès globale des voitures.

La VE n'aura jamais le monopole que la voiture thermique à connu. Par contre on aura un mix de technologie pendant une longue période avant peut-être d'en voir une prendre le dessus.

Tu dis n'importe quoi mec, "Quand on regarde le marché du thermique il n'a pas fallu de subvention".

T'as quel âge 130ans ? T'étais là pour l'émergence du thermique pour déterminer que les bagnoles n'était pas réservée pour les plus aisés ?

Ouvre les yeux, ce que tu dis est grotesque.

De plus la subvention est financé par le malus.

Un plus de l'électrique souvent mis de côté, elle est fabriqué quasiment sur place, son transport est déjà assuré, et c'est "la notre".

Que tout le monde n'y passe pas c'est logique, des gens faisant de très grands trajets autoroutiers, de manière courante, comporte trop de contraintes.

Mais ça peut suffire à une bonne moitié de la population.

On verra après les offensives "citadines" avec la e208, ID, Zoe 2. C'est toujours cher mais il y aura au moins du choix.

Par

En réponse à JimmyNeutron

Sinon, tres bon article. D'un point de vue technique, trimballer 500kg de poids mort (les batteries li-ion...) pendant 1000km pour partir en vacances n'a en effet aucun sens.

Pas mieux que des gens qui roulent en SUV toute l'année parce que c'est pratique pour partir en vacances mais qui se trimballe toute l'année dans un 3008 tout seul.

Est ce qu'il faut mieux un électrique avec comme contrainte deux semaines de vacances à trimballer 300kg, ou 50 semaines de polluants pour être tranquille pour deux semaines de vacances ?

:buzz:

Par

Aujourd'hui, le seul moyen de transport électrique qui fonctionne vraiment, c'est le vélo. Car 50% de la puissance développée, vient du cycliste ne lui même !!

Pour le moment, c'est le meilleur rapport poids puissance du marché. Au prix des batteries, qui n'aiment pas les grands froids, ni les grosses chaleurs, le calcul est vite fait...

Par

En réponse à Axel015

La VE n'a clairement pas les caractéristiques d'une technologie "émergente" à hauteur de remplacer le thermique.

Quand on regarde le marché du thermique, il n'a pas fallu de subvention, de pression politique, ou de tout autre lobbying pour imposer un monopole sur le marché de l'automobile.

Demain, il n'y aura plus de monopole technologique et cela représente 2 avantages :

- Une technologie adaptée pour chaque usage

- Une concurrence technologique bénéfique pour le progrès globale des voitures.

La VE n'aura jamais le monopole que la voiture thermique à connu. Par contre on aura un mix de technologie pendant une longue période avant peut-être d'en voir une prendre le dessus.

Une PRIME à la casse c'est ce que l'on appelle aussi une Subvention !!!!!!:biggrin:

Par

En réponse à Floran'

Aujourd'hui, le seul moyen de transport électrique qui fonctionne vraiment, c'est le vélo. Car 50% de la puissance développée, vient du cycliste ne lui même !!

Pour le moment, c'est le meilleur rapport poids puissance du marché. Au prix des batteries, qui n'aiment pas les grands froids, ni les grosses chaleurs, le calcul est vite fait...

Même si le velo fournissait toute la puissance, ce serait de toute façon bien plus raisonné. Un VAE, c'est 20-25kg pour déplacer 75kg, un VE c'est au minimum 1.5 tonne pour déplacer 75kg. Pas compliqué de voir où se trouve le problème de la mobilité actuelle.

Par

Ca fait des années que je dit que hydrogène est la solution... Visiblement, j'etais le seul jusqu'à récemment... Toyota commence doucement. Les autres sont comme d'hab, en retard de 10 a 15ans.

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