La mainmise des États-Unis sur le pétrole vénézuélien ne devrait pas avoir trop d’incidence sur les prix à la pompe et voilà pourquoi
L’arrestation de Maduro et les déclarations de Donald Trump pourraient laisser croire que les US ont mis la main sur un énorme tas d’or noir qui leur permettrait d’influer sur les cours mondiaux du pétrole, mais il n’en est rien. Seuls quelques soubresauts sont à craindre, à court et moyen terme du moins.

Il devait renverser la table immédiatement, selon son habitude, ou plutôt sa volonté, mais quand Donald Trump affirme que, après la capture de Maduro, les vannes du pétrole vénézuélien sont grandes ouvertes au Venezuela, il s’est quelque peu précipité.
Certes, la ceinture de l’Orénoque, comme l’appellent les géologues, constitue la plus grande réserve mondiale d’or noir, et le Venezuela détiendrait, selon les données de l’Opep, près de 1360 milliards de barils, plus de la moitié, à lui seul, des capacités du patron du genre : l’Arabie saoudite.
Tout est à reconstruire
On comprend donc l’inquiétude de la planète, puisque, en cumulant sa « prise » vénézuélienne avec les capacités américaines déjà détenues, l’Amérique pourrait faire souffler l’orage et le beau temps sur les cours du pétrole, et les prix du sans-plomb à la pompe du Leclerc du coin.
Mais pas si vite. Car selon tous les spécialistes américains, anglais, et les économistes de l’Ufip (Union française des industries pétrolières) il ne va pas se produire grand-chose à court, et même à moyen terme. Le court du baril et le prix au litre d’essence devraient suivre leur cours, avec leurs hausses et baisses sporadiques au long des prochaines années.
C’est que les grands pétroliers américains sont loin de sauter dans le premier avion vers Caracas. Car l’état des établissements de forage et d’exploitation du pétrole vénézuélien sont des champs de ruines. À cause des États-Unis notamment.
Il y a 26 ans, juste avant l’accession d’Hugo Chavez à la tête du pays, 3 millions de barils sortaient chaque jour des frontières. L’an passé, ce chiffre était tombé à 900 000. À cause de la corruption, bien sûr, devenu un sport national, mais aussi à cause du blocus mis en place par les US, pas très adeptes de la politique bolivarienne de Chavez et de son successeur Maduro.
En plus, ce pétrole boxe dans la catégorie des super-lourds. Il est parfait pour enrober les routes de bitume, mais pour l’alléger et le raffiner suffisamment pour le transformer en carburant, cet or noir réclame des centrales ultra-performantes et, elles-mêmes, très énergivores.
Ce pétrole pas vraiment adéquat et les champs de ruines que constituent les puits d’extraction sont autant de raisons qui font bougrement hésiter Exxon ou Chevron, les majors américaines du genre.
Elles ont fait faire, très rapidement, des études de faisabilité. Les résultats divergent, étant donné la méconnaissance de la situation réelle. Selon la banque Natixis, L’addition s’élèverait entre 60 et 70 milliards de dollars, soit dix milliards par an pendant 7 ans, le moment de l’exploitation réelle. D’autres projettent des chiffres encore plus énormes, estimant qu’il pourrait en coûter 100 milliards pour une rentabilité qui ne serait pas assurée avant 2035.
Un effet psychologique à craindre ?
De quoi calmer les pétroliers comme leurs banquiers. Et rassurer les autres pays producteurs comme les consommateurs. Reste l’effet psychologique de la prise de contrôle américaine de telles richesses. Elles s’ajoutent aux troubles en cours en Iran, et aux incertitudes au Moyen-Orient.
Les marchés des matières premières sont versatiles et si ce n’est pas un événement comme celui qui s’est produit à Caracas qui pourrait les troubler, c’est plutôt l’accumulation des futures expéditions trumpesques qui cachent mal le désir du président des États-Unis de régner en maître du monde, pétrolier du moins. L’augmentation de l’essence n’est pas au programme de suite, mais nul ne sait de quoi demain pourrait être fait.















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