Voitures électriques d’occasion : Pourquoi elles pourraient devenir le nouveau graal des gestionnaires de flottes
Longtemps boudé par crainte de batteries essoufflées, le véhicule électrique de seconde main s’impose comme un placement de plus en plus rationnel pour les entreprises. Entre chute de la valeur résiduelle et sobriété mécanique, investir dans un modèle d’occasion à batterie devient très rentable.

Il y a encore peu, l’achat d’une flotte électrique d’occasion relevait, pour un directeur financier, du pari audacieux. On s’inquiétait, entre deux budgets, de la santé des cellules ou de la valeur résiduelle imprévisible du véhicule.
Depuis, le vent a tourné. La bonne longévité des batteries rassure. Le véhicule 100 % électrique de seconde main s’affiche comme une option comptable rentable pour les flottes, mais aussi les leasers.
La bonne pioche de la seconde main
Les BEV subissent une dépréciation initiale bien plus rapide que leurs homologues thermiques (ICE). Leur perte de valeur estimée entre 30 % et 49 % après trois ans selon les modèles, d’après Une étude de l’Université du Michigan publiée le 27 janvier 20261.
Une aubaine pour le gestionnaire de flotte qui peut ainsi mettre la main sur des modèles bon marché. L’étude de l’Université du Michigan démontre que sur une période de possession de sept ans, l’achat d’un SUV électrique d’occasion âgé de 3 ans permet d’économiser 13 000 $ par rapport à l’achat d’un modèle thermique neuf équivalent.
À l’inverse, opter pour la version thermique d’occasion du même véhicule ne génère que 3 000 $ d’économie. L’avantage financier est donc 4,3 fois supérieur pour le VE. Avec de substantielles économies à l’usage.
L’insolente vérité chiffrée du TCO
En Europe, le coût au kilomètre de l’électrique est en moyenne 60 % inférieur à celui de l’essence. Pour une flotte de 50 véhicules parcourant 20 000 km/an, l’économie de carburant dépasse les 40 000 € annuels.
À cela s’ajoute des frais de maintenance et de réparation réduits, 40 % inférieurs à ceux d’un thermique. A priori, il n’y a pas photo. Le VEO a tout bon. Leasers et gestionnaires pointent encore un frein crucial : la santé de la batterie.
La dégradation des batteries en question
L’historique récent des études converge aux mêmes conclusions rassurantes quant à l’endurance des batteries dans le temps. Une analyse d’Arval BNP Parisbas Group, publiée hier, " confirme une longévité au-delà des attentes. "
Sur les 24 000 certificats de santé (SoH) de batteries électriques étudiées à travers l’Europe, les données révèlent " qu’à 70 000 km, une batterie conserve en moyenne 93 % de sa capacité, et reste au-dessus de 90 % même après 160 000 km ou 6 ans d’usage ". La perte d’autonomie s’avère lente et prévisible, avec " une dégradation d’environ 1 % tous les 25 000 km après une légère baisse initiale. "
De quoi rassurer les acheteurs, stabiliser la valeur de revente des véhicules électriques et permettre aux organismes de financement de proposer des loyers (LLD/LOA) plus serrés puisque rassurés sur la valeur résiduelle des modèles. Alors pourquoi ça bloque encore ?
Des freins techniques et fiscaux
Parce que le VEO ne bénéficie d’aucun coup de pouce. Le cadre fiscal français est conçu pour favoriser l’entrée de véhicules neufs sur le marché (qui alimenteront l’occasion plus tard). L’État autorise un plafond de déduction maximal de 30 000 € pour l’acquisition un véhicule électrique neuf, qui bénéficie également de la prime CEE. L’entreprise profite à plein de ce « bouclier fiscal ».
Le VEO se heurte également à l’avancée technologique des nouveaux modèles. Comme le souligne l’étude d’Arval, " les modèles de nouvelle génération (neufs) affichent un état de santé (SoH) supérieur de 2 à 3 points par rapport aux anciens. " Les véhicules neufs de 2026 consomment moins de kWh/100 km grâce à des systèmes de gestion thermique (BMS) plus performants et supportent des puissances de charge bien plus élevées, réduisant le temps d’immobilisation des collaborateurs.
Un investissement avec garantie constructeur
Mais là encore, il faut bien tenir compte de l’usage véhicule. Comme pour le smartphone, tout le monde n’a pas l’utilité du dernier modèle à la pointe de la technologie
Avec des batteries garanties par les constructeurs jusqu’à 8 ans ou 160 000 km, acquérir un véhicule de 3 ans permet de couvrir un cycle complet de rotation de flotte (4 à 5 ans) tout en bénéficiant d’une protection contractuelle. De quoi lever quelques réticences et rassurer les acquéreurs de VEO.
1-Total cost of ownership of electric and gasoline used vehicles. Maxwell Woody et Gregory Keoleian. Center for Sustainable Systems (CSS) de l'Université du Michigan
















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