Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

La voiture doit-elle devenir amusante?

Les Chinois veulent des voitures plus "fun", assimilables à des objets de divertissement parmi d'autres. Pour le moment l'Ouest résiste, mais pour combien de temps?

La voiture doit-elle devenir amusante?
La BYD YangWang U9 est une supercar électrique de près de 1300 ch et capable de sauter sur 6 mètres si un obstacle se présente. Ah, et sa version Extreme a aussi atteint 496,22 km/h récemment. "Trop cool", donc!

Début novembre, lors d’un vaste évènement organisé à Zhengzhou, Stella Li, vice-présidente et figure emblématique de BYD, a donné un aperçu de ce que la marque promet à son aimable clientèle. Au programme : "plein de choses amusantes." Compte tenu du niveau de méfiance – voire de paranoïa – dont fait preuve l’industrie automobile européenne dés qu’il s’agit des constructeurs chinois, certains se sont aussitôt inquiétés. Est-ce elle qui allait bien rire, pas ses concurrents ?

Mais non, madame Li parlait sérieusement. Pour les automobilistes chinois et leurs marques, une voiture doit effectivement être "amusante". Amusante à conduire ? Amusante à regarder ? Non: amusante tout court car il doit aussi s’agir d’un objet de divertissement. Capable, selon la numéro deux de Byd, de se transformer en bureau mobile, en espace personnel, de rendre un tas de services et de communiquer avec les autres véhicules.

Cet épisode confirme que, selon que l’on roule à l’Ouest ou à l’Est, l’approche de l’automobile ressemble à un choc de cultures. Les français déconnectent les assistances à la conduite trop intrusives et n’utilisent guère l’aide au parking automatisé, considérant qu’un conducteur qui se respecte doit être capable d’exécuter un créneau dans les règles de l’art. Les Chinois n’en ont cure. Leur idéal, c’est la voiture autonome avec fonction karaoké. "Les occidentaux privilégient les performances et le plaisir de conduire alors que les chinois exigent un confort absolu, adorent la technologie et réclament du fun dans leurs voitures" résume Thomas Rodier, directeur du marketing et de la communication au sein de la filiale française de XPeng.

Il y a quelques mois, dans une enquête parue dans la presse anglo-saxonne, une businesswoman de Shanghai racontait pourquoi elle venait de se séparer de sa Porsche pour un modèle d’une marque autochtone. Raison invoquée : grâce à la reconnaissance faciale, sa nouvelle voiture est capable d’accueillir ses enfants à bord en les appelant par leur prenom. "Trop cool."

Smileys en série

Parmi les prestations les plus appréciées de la gent automobile chinoise, figurent notamment celles qui permettent de faire apparaître via les leds des smileys à destination des autres automobilistes ou de diffuser un message vocal invitant, grand seigneur, un piéton à traverser. Les autres constructeurs proposent eux-aussi l’accès à des plates-formes de streaming mais les voitures chinoises, dotées d’une puissance de calcul largement supérieure, en offrent beaucoup plus. Ce qui explique, entre autre, le déclassement des modèles étrangers sur le premier marché mondial.

Bien sûr, les prestations qui font "kiffer" les chinois mais nous laissent de marbre ou consterné doivent être éclairées à l’aune d’un clivage générationnel. Chez nous la moyenne d’âge des acheteurs de modèles neufs tutoie la soixantaine. Elle est presque deux fois moins élevée dans l’empire du Milieu où la clientèle pétrie de culture numérique trouve nos voitures sans relief et bien ennuyeuses. Cette différence d’appréciation est aussi à mettre en rapport avec le regard tout sauf blasé que portent les chinois sur l’automobile, devenu un objet de consommation de masse depuis à peine deux décennies. Question : cette capacité à faire "amusant" peut-elle forger un soft-power made in China et faire évoluer notre vision de la voiture ?

Le coussin péteur est l'une des "signatures" Tesla, qui propose aussi un karaoke embarqué.
Le coussin péteur est l'une des "signatures" Tesla, qui propose aussi un karaoke embarqué.

Depuis qu’ils se proposent à la vente en Europe, la plupart de ces véhicules ont évolué. On retrouve moins le côté obscur  de l’hyperconnectivité "amusante" qui faisait s’élever une voix péremptoire, comme si elle était mandatée par le Comité central du Parti communiste chinois, rappelant inlassablement à l’ordre le conducteur dépassant d’un kilomètre-heure la vitesse autorisée. Reste que, pour l’instant, l’automobiliste bien de chez nous n’est pas encore tout à fait mûr pour adresser un émoji-coeur à celui ou celle qui lui aura obligeamment permis de changer de file.

Cela posé, et sans pousser la mignoncité aussi loin, les constructeurs originaires de nos latitudes seraient inspirés d’introduire un zeste de fantaisie et une pincée de fun dans leurs voitures. Elles ont trop tendance à se prendre au sérieux. Le coussin péteur, le klaxon en mode Cucaracha, les jeux vidéo ou encore l’image sur grand écran du feu de bois pour les soirées d’hiver, immobilisé à une borne de recharge, ont eux-aussi contribué au succès de Tesla.  

Mots clés :

Commentaires ()

Déposer un commentaire

SPONSORISE

Actualité

Toute l'actualité

Abonnez-vous à la newsletter de Caradisiac

Recevez toute l’actualité automobile

L’adresse email, donnée obligatoire, renseignée dans ce formulaire, est traitée par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.

Cette donnée est utilisée pour vous adresser des informations sur nos offres, actualités et évènements (newsletters, alertes, invitations et autres publications).

Si vous l’avez accepté, cette donnée sera transmise à nos partenaires, en tant que responsables de traitement, pour vous permettre de recevoir leur communication par voie électronique.

Cette donnée est également utilisée à des fins de mesure et étude de l'audience du site, évaluer son utilisation et améliorer ses services ; lutte anti-fraude ; et gestion de vos demandes d'exercice de vos droits.

Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduire une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).

Vous pouvez également retirer à tout moment votre consentement au traitement de vos données.

Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité