Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

Les constructeurs chinois intensifient leur discret mais efficace maillage dans les flottes françaises

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Alors que le salon international de l’automobile de Pékin bat son plein, les constructeurs de l’Empire du Milieu poursuivent leur patiente conquête sur le marché des flottes automobiles. Entre pragmatisme économique et virage industriel européen, ces "néoconstructeurs" s’imposent peu à peu comme une alternative incontournable pour des gestionnaires de parcs.

Les constructeurs chinois intensifient leur discret mais efficace maillage dans les flottes françaises
BYD, marque chinoise leader sur le marché des flottes en France ©Featurechina Maxppp

Alors que le marché français des flottes d’entreprise se contracte de 6,2 % sur les trois premiers mois de l’année 2026, les constructeurs chinois semblent passer outre la morosité ambiante.

Avec 1 946 immatriculations enregistrées à fin mars, ces nouveaux venus affichent une croissance de 32,7 % par rapport à l’an dernier, relève AAA Data / Arval Mobility Observatory. Certes, le volume reste encore ténu. Avec seulement 1,2 % de part de marché dans les entreprises, Byd, MG Motor ou Xpeng ne menacent pas encore l’hégémonie des géants européens. Mais là où le marché recule, ils avancent.

L’heure du réalisme budgétaire

Pour les entreprises françaises, l’adoption de ces nouveaux modèles relève d’une équation comptable et réglementaire. Pressées par la loi d’orientation des mobilités (LOM) d’électrifier leurs parcs, et confrontées à des budgets de plus en plus serrés, les directions financières scrutent avec attention le rapport prestations prix de ces modèles.

Si MG Motor, leader chinois auprès des particuliers en France, la marque subit un coup de frein sur le segment des flottes. À l’inverse, BYD, fort d’une image plus technologique et d’une offensive commerciale agressive, semble avoir trouvé la clé des parcs d’entreprise. Plus surprenante encore est l’envolée de Xpeng (+ 170 %) , signe que le haut de gamme chinois commence à séduire les cadres dirigeants.

Les constructeurs chinois intensifient leur discret mais efficace maillage dans les flottes françaises

L’éco score un sésame industriel

Pourtant, la cadence ralentit. Les néoconstructeurs n’ont réalisé que 18,7 % de leurs volumes de 2025 sur ce premier trimestre. En cause l’importation de modèles non écoscorés.

L’éco-score (score environnemental basé sur l’empreinte carbone de production) est devenu en 2026 le pivot central de la gestion des flottes automobiles en France. C’est aujourd’hui le levier principal du TCO (Total Cost of Ownership) pour les entreprises.

L’obtention de l’éco-score est le véritable juge de paix pour ces marques. Sans lui, le surcoût fiscal est un frein. Avec lui, leur compétitivité deviendra redoutable face aux constructeurs historiques européens.

La quête de la bonne recette

Pour contourner les barrières douanières et, surtout, redevenir éligibles au précieux « éco-score » les constructeurs asiatiques multiplient les projets sur le sol européen.

D’abord enclins à construire leurs propres usines en Europe (MG en Espagne, BYD en Hongrie), la recomposition du paysage industriel automobile s’accélère en Europe., ils ont aujourd’hui changé de stratégie. Plutôt que d’investir des centaines de millions dans un outil industriel neuf et attendre plusieurs années sa mise en production, les marques chinoises se focalisent désormais sur des partenariats avec les constructeurs locaux jusqu’à partager leurs unités de production.

Partager les sites des acteurs traditionnels 

Après avoir choisi d’assembler les Leapmotor sur ses chaînes de Saragosse, Stellantis s’apprêterait à partager son unité de rennes, mais aussi en Espagne, Allemagne et en Italie, avec Dongfeng. L’ancien site Nissan de Barcelone appartient aujourd’hui à Chery. Et Renault, qui partage déjà ses unités de production brésilienne avec Geely, pourrait être tenté de faire la même chose en Europe.

Les acteurs traditionnels dont l’outil industriel se trouve surdimensionné par rapport à la demande trouvent avec les marques chinoises de quoi faire tourner leurs chaînes. Avec le risque de servir de cheval de Troie aux constructeurs chinois.

Les mois à venir diront si ce pari industriel portera ses fruits. Entre la contrainte réglementaire qui s’intensifie et l’arrivée de modèles produits en Europe, le paysage automobile des flottes pourrait bien changer de visage.

Commentaires ()

Déposer un commentaire

SPONSORISE

Actualité Byd

Essais Byd

Comparatifs Byd