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Les Etats-Unis vont-ils devenir le Cuba de l’automobile ?

Le spectre de la havanisation de l’automobile est un épouvantail qu’aiment agiter les plus résolus des anti-voiture électrique. La paternité de ce concept revient à Jens Gieseke, eurodéputé conservateur allemand. Après 2035, promet-il, ne circuleront en Europe que de vieilles guimbardes thermiques puisque les modèles neufs, obligatoirement électriques, seront inabordables. À l’image des antédiluviennes Cadillac, Buick et De Soto que l’on croise à La Havane, rafistolées par les Cubains faute de pouvoir acheter des véhicules modernes.

Les Etats-Unis vont-ils devenir le Cuba de l’automobile ?
La Havane-Miami, même combat? (crédit photo: imagebroker/imageBROKER/Egon B�msch/Newscom/MaxPPP)

En considérant les mesures introduites ces derniers mois par Donald Trump, on peut se demander si ce n’est pas plutôt du côté des Etats-Unis que devrait rôder l’ombre de la havanisation. Les objectifs CAFE (Corporate average fuel economy) de réduction des émissions de CO2, qualifiés "d’horribles standards", ont été démantelés. Le crédit d’impôt de 6 500 dollars attribué aux acheteurs d’une voiture électrique n’existe plus et les fonds publics destinés à développer les infrastructures de recharge sont gelés.

Il est clair que pour des raisons géographiques et historiques, les modèles électriques peuvent difficilement se diffuser Outre-Atlantique au même rythme qu’en Chine ou en Europe. Reste que la politique visant à étouffer leur essor pour protéger le thermique va transformer le deuxième marché mondial en paradis de l’exotisme automobile.

Victimes expiatoires des supposées lubies environnementales de l’administration Biden, les V6 et V8 sont donc sauvés des eaux. Les Big Three mais aussi Toyota, pas mécontent de voir préservée son hégémonie sur l’hybride, ont applaudi le "bon sens" des choix de Donald Trump. En réalité, ils rient jaune. Ford a fait savoir que la volte-face lui coûtera cette année 19,5 milliards de dollars en provisions et coûts supplémentaires. GM dresse l’inventaire de ses sureffectifs et Tesla, formidable gâchis, fait grise mine. L’automobile américaine va s’enfermer dans un isolationnisme qui, outre qu’il n’a rien de splendide, passe quelque 100 milliards de dollars investis dans l’électrique par pertes et profits.

L'Amérique en marche arrière?

Surtout, l’Amérique prend le risque de s’isoler des évolutions technologiques qui structurent le marché mondial. Réduire son engagement environnemental à la commercialisation d’hybrides rechargeables, c’est tout de même un peu court. Les Etats-Unis vont regarder passer les trains de l’innovation, qu’il s’agisse des batteries, des moteurs comme des plateformes. Compte tenu de l’étroitesse de leur marché intérieur, ses constructeurs ne pourront guère développer d’offre électrique rentable. Les consommateurs chinois leur seront définitivement inaccessibles tout comme l’Inde, prochain eldorado en vue qui mise de moins en moins sur le thermique.

Les gros pick-ups, gavés aux hydrocarbures fournis à bas prix par le Venezuela reconnaissant, rouleront toujours des mécaniques. Toutefois, la faible marge d’amélioration de l’efficience des moteurs à explosion finira par en faire des mastodontes techniquement dépassés. Les automobilistes d’un Nouveau monde qui portera bien mal son nom conduiront des voitures de collection. La Havane-Miami, même combat. Même musée.

Bien sûr, ce scénario n’évite pas la caricature et l’on peut espérer que les Etats-Unis finiront par s’émanciper de leur dérive illibérale et de leur isolationnisme agressif. En attendant, les dispositifs réactionnaires au sens premier du terme introduits par Donald Trump ont déjà commencé à faire perdre du temps et beaucoup de moyens aux constructeurs américains.

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