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Loi mobilités : stop aux annonces chocs, vive… le vent !

Loi mobilités : stop aux annonces chocs, vive… le vent !

Ne pas rajouter de l'huile sur le feu. C'est semble-t-il le mot d'ordre adopté par le gouvernement, en marge de la présentation de son projet de loi sur les mobilités (LOM), ce lundi après-midi, alors que la mobilisation des gilets jaunes se poursuit. Aucune mesure concrète n'a été vraiment développée lors de cette conférence de presse à laquelle Caradisiac assistait. Les ministres en charge du dossier se sont surtout évertués à brasser… de grandes généralités.

"Changement de méthode, mais pas de cap !" Voilà en substance le message que les ministres de l'Écologie et des Transports ont tenté de faire passer ce lundi après-midi lors de la présentation de leur projet de loi sur les mobilités (LOM). Mais dans le détail, ils étaient surtout bien difficiles à suivre. Que prévoit exactement leur texte, qui à l'heure où nous écrivons ces lignes n'a toujours pas été publié ? À l’issue de leur conférence de presse, bien malin celui qui pouvait le dire. Nul doute : ils avaient surtout à cœur de jouer la carte de l'apaisement, avant les grandes annonces du président Emmanuel Macron prévues demain, mardi, en réponse à la mobilisation des "gilets jaunes".

Exit toutes les mesures qui fâchent, comme déjà annoncé : les péages urbains, la taxe poids lourds - du moins pour l'instant –, l'interdiction de vendre des véhicules essence et Diesel au plus tard en 2040… Aucune taxe supplémentaire n'a d'une manière générale été divulguée cet après-midi, rien n'a filtré non plus sur l'automatisation de la vidéoverbalisation que cette LOM devait également mettre en place pour sanctionner l'absence de vignette Crit'Air dans les zones où celle-ci est obligatoire de manière pérenne (comme à Paris, Grenoble et Strasbourg) , comme en cas de pics de pollution… Même si, pour le coup, cette dernière mesure "fait bien toujours partie du texte", nous a confirmé le staff d'Élisabeth Borne, à l'issue de cette conférence.

Beaucoup de généralités, guère de détails qui fâchent

Il a bien été rappelé ce pour quoi cette loi a été initialement préparée - la réduction de l'usage de la voiture et, plus généralement, la nécessité de rendre les déplacements moins polluants -, mais tout en douceur, en évitant les annonces chocs. Le message à retenir se résumait presqu'à : là où il sera possible de se passer de la voiture, l'État sera là pour soutenir les alternatives, mais là où ce ne sera pas possible, il sera aussi là aussi pour accompagner le renouvellement du parc et ainsi permettre d'exclure les véhicules les plus polluants…

Concrètement, à quoi faut-il alors s'attendre ? On en a plus appris à lire et écouter les ministres, lors de leurs sorties médiatiques, ces dernières 24 heures, que lors de cette conférence de presse au ministère de la Transition écologique !  "Cette loi, c'est une boite à outils pour les territoires", a notamment généralisé Élisabeth Borne, la ministre des Transports. Car, la plupart du temps, ce seront "à eux d'apporter les réponses concrètes", "de répondre au plus près des besoins", en fonction des populations, et notamment "des plus démunis".

On a beaucoup entendu parler de "désenclavement des territoires", de "lutter contre les fractures territoriales" ou encore et surtout "d'améliorer les transports du quotidien"… Les "transports du quotidien" ? D'où vient donc cette formule que le gouvernement semble tant aimée depuis ce matin ? Hé bien, c'était "écrit noir sur blanc dans le programme pour la Présidentielle d'Emmanuel Macron", a pris plaisir de signaler le ministre de l'Écologie, François de Rugy !

La présentation des ministres terminée, divers acteurs régionaux de la mobilité - des élus locaux et des responsables des services en charge des transports - ont pris la parole pour dire combien ils pensaient que la LOM allait les "aider à organiser la mobilité dans leurs territoires", "y compris les plus ruraux", pour que "personne ne soit délaissé". L'autopartage, "qui doit pallier l'absence de transports en commun dans les campagnes" était particulièrement à l'honneur.

Réfection des routes/du réseau ferré, développement de l'autopartage et surtout du covoiturage…

Que retenir de cette présentation ? Pas grand-chose donc… Pour rappel, voici ce que l'on a pu en revanche noter des diverses interventions médiatiques d'Élisabeth Borne ces dernières heures :

- 1 milliard d'euros pour les routes

Une augmentation de 40 % du budget devrait ainsi êre consacrée aux routes par rapport au quinquennat précédent. Le gouvernement a évoqué la remise en état d'un réseau routier qu'il reconnaît "sous-entretenu", et le développement, cette fois de manière effective, de liaisons promises depuis longtemps mais sans cesse repoussées, comme la Route Nationale 141 entre Limoges et Angoulême ou encore la RN64 en Bretagne. Il s'agit aussi de la constructions de nouveaux tronçons autoroutiers, comme le contournement de Rouen, avec le développement des axes Rouen-Orléans, Toulouse-Castres, la Route Centre Europe Atlantique (RCEA), puis le contournement d'Arles et une désaturation de l'A31 en Lorraine.

- Un nouveau permis de conduire moins cher et plus rapide

Mais pour le détail, on n'en sait pas plus…

- Aides au covoiturage, à l'autopartage, pour le déploiement des véhicules autonomes

L'État a fait savoir qu'il comptait accompagner les maires pour développer de nouvelles solutions pour les déplacements, en soutenant par exemple la mise en place de systèmes d'autopartage, comme à Charleville-Mézières. De même pour le covoiturage. Les entreprises volontaires seront aussi aidées pour proposer à chacun de leurs salariés un "forfait mobilité durable" de 400 euros par an… Mesure que l'État devrait mettre en place pour ses agents dès 2020. Quant au développement des véhicules autonomes, Élisabeth Borne a parlé de mettre 200 millions d'euros sur la table.

- 3,6 milliards d'euros par an pour le réseau ferré

La ministre des Transports a aussi assuré qu'elle entendait soutenir les lignes les moins rentables, ces "trains du quotidien", alors même que les annonces de fermeture se multiplient depuis des années, à l'image de la ligne Épinal/Saint-Dié-des-Vosges qui ne fonctionnera plus dans un mois. Élisabeth Borne a notamment expliqué dans le Journal du Dimanche qu'il fallait sortir de la logique du "tout TGV" qui "a poussé au tout-voiture beaucoup de nos concitoyens, laissés sans autre solution pour se déplacer".

Et pour financer tout cela ?

La ministre des Transports a rappelé un peu plus tôt ce lundi matin, sur RTL, qu'il n'y avait pas vraiment de recul sur la vignette poids lourds puisqu'il n'avait jamais été question de la mettre en place dès "cette année"… Tout en reconnaissant qu'il manquait 500 millions d'euros pour boucler le budget 2020 ! Conclusion : il faudra bien trouver ces "ressources pour faire les transports dont les Français ont besoin pour leurs trajets du quotidien"… Et de nouvelles taxes, à n'en pas douter, seront dans les prochains mois annoncées !

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