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Renault : les chantiers urgents du nouveau directeur général

Dans Economie / Politique / Industrie

Luca de Meo l'a dit : il est venu pour relever un challenge, celui de redresser au plus vite Renault. Le nouveau directeur général a trouvé de nombreux dossiers urgents sur son bureau.

Renault : les chantiers urgents du nouveau directeur général

Renault est entré dans une nouvelle ère. Depuis le 1er juillet, la marque est dirigée par un Italien, Luca de Meo. L'homme a quitté la direction de Seat en janvier mais il a dû patienter quelques mois avant de prendre les commandes du Losange, dans le cadre d'une clause de non-concurrence négociée avec Volkswagen.

Luca de Meo a toutefois discrètement commencé à travailler pour le Losange début juin, avec l'accord de VW, entamant la découverte de sa nouvelle entreprise. Il a ainsi rencontré quelques dirigeants de Renault et visité quelques sites. Une discrétion qui se poursuit. L'homme n'a pas marqué le coup pour son entrée officielle en fonction, ne donnant notamment aucune grande interview. Pas de communication aussi du côté du service de presse du Losange.

Pas d'annonce précipitée

De Meo se sait très attendu. Il a été appelé pour relancer un fleuron de l'industrie française en mauvaise passe, dont les ventes ont reculé ces dernières années et à la situation financière devenue précaire. Il semble y avoir urgence. Pourtant, Luca de Meo n'a pas l'intention de dévoiler un plan de bataille rapidement. Fin mai, Jean-Dominique Senard, président du groupe, déclarait d'ailleurs que Luca de Meo ne devrait pas faire de grandes annonces avant fin 2020.

L'Italien va ainsi prendre son temps pour découvrir, analyser et arbitrer. En tant que directeur général, son rôle prioritaire, c'est de définir l'avenir stratégique des marques du groupe. En clair, gérer le positionnement des labels et le contenu de leur offre. Une tâche déjà immense !

Son action va toutefois porter sur une transformation pour le moyen et le long terme. L'industrie automobile est en effet celle d'un temps long, puisqu'il faut au moins trois ans pour concevoir un nouveau véhicule. Plusieurs lancements importants ont ainsi été actés bien avant son arrivée. En ce qui concerne Renault, c'est notamment le cas de deux SUV électriques sur la nouvelle base CMF-EV, attendus dans l'usine de Douai. D'ailleurs, lors d'une brève prise de parole pendant la dernière assemblée générale de Renault, Luca de Meo a indiqué qu'il avait été content des projets qu'on lui avait présenté. Il peut aussi être satisfait de voir que le Losange soigne à nouveau la présentation et la finition de ses modèles, et rassuré sur l'offensive hybride et électrique du groupe.

Revoir tout le haut de la gamme

Luca de Meo va tout de même avoir à prendre rapidement des décisions importantes pour dessiner l'avenir de la gamme du Losange, d'autant qu'on peut faire un constat inquiétant : si Renault connaît un beau succès avec les Clio et Captur, au-dessus, plus rien ne va. Les Scénic, Talisman et Espace ont des ventes en berne, et la Mégane 4 ne brille pas particulièrement. Renault ne peut pas devenir un spécialiste de la citadine ! Luca de Meo va donc devoir mener en urgence le chantier du haut de la gamme, crucial pour les ventes et les finances. Plus le véhicule est grand, plus il est cher et peut donc rapporter.

C'est d'ailleurs une autre mission importante de Luca de Meo. Améliorer l'image de marque du Losange pour faire monter les prix et donc la rentabilité. C'est ce que l'on appelle le pricing power, stratégie mise en place par Carlos Tavares chez PSA, dont la meilleure illustration est le 3008. Luca de Meo est un bon choix pour une telle mission, il est connu pour être un as du marketing. Il a su relancer Seat rapidement en rajeunissant son image. Mais son principal fait d'armes est le lancement de la Fiat 500 moderne ! C'est d'ailleurs la parfaite illustration d'un tour de force marketing : la 500 a des coûts de production semblables à une Panda, mais elle est vendue bien plus chère. 

Alpine : stop ou encore ?

Luca de Meo n'aura sûrement pas l'intention de faire du Losange un généraliste qui tend vers le premium, comme le fait Peugeot. Mais il va devoir bien revigorer Renault et surtout lui faire reprendre ses distances vis-à-vis de Dacia, dont les produits ne cessent de s'améliorer, tout en gardant des prix low-cost. D'ailleurs, si les ventes du groupe résistent, car elles baissent moins que celles du marché, c'est surtout grâce aux firmes low-cost Dacia et Lada.

À l’opposé, Luca de Meo va avoir à gérer l'épineux dossier Alpine. La firme a fait son retour avec une A110 saluée par la critique et dont les ventes ont été bonnes deux ans… avant de plonger. L'avenir semble déjà flou, la marque au A fléché n'ayant toujours pas confirmé un autre modèle. Patrick Marinoff, son directeur général venu de chez Mercedes-AMG, se fait plutôt discret depuis sa prise de fonction en septembre 2019. De Meo va devoir faire des choix, actant peut-être un futur uniquement électrique pour Alpine… ou décidant d'arrêter les frais.

Remotiver les troupes

Luca de Meo va d'ailleurs devoir mettre en œuvre le plan d'économies présenté par le président fin mai. Et cela ne s'annonce pas de tout repos, puisque 15 000 postes doivent être supprimés d'ici 2022, dont 4 600 en France. Des usines vont voir leur activité évoluer. Des décisions industrielles restent à prendre pour définir l'avenir de plusieurs sites, notamment Maubeuge. Cela impliquera notamment un dialogue avec Nissan et Mitsubishi, l'Alliance s'étant enfin mis d'accord sur une stratégie de projets communs. Une marque sera chargée de concevoir la base d'un nouveau modèle, qui sera ensuite reprise par les autres.

Luca de Meo arrive au moment où un long processus de négociation se met en place avec syndicats et salariés. Pas de quoi faciliter un autre chantier capital, qui est de justement redonner la confiance aux salariés ! Ces derniers ont été échaudés par l'affaire Ghosn, qui a laissé des traces. D'autant que l'arrestation de l'ex gourou du Losange a été le déclencheur d'une annus horribilis, de la fusion ratée avec Fiat au débarquement surprise de l'ex DG en passant par les tensions avec Nissan qui ont bloqué l'Alliance, tout cela donnant l'impression que le Losange navigue à vue depuis fin 2018. De Meo n'aura pas d'état de grâce.

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Commentaires (35)

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En gros les véhicules qui cartonne chez Renault sont ceux qui sont produit hors France. Ca va licencier à tour de bras à tout les coups.

Au delà des véhicules plus hauts de gamme qui ne se vendent pas, il y a aussi la surproduction (comme beaucoup de constructeur) qu'il faut régler. Ca permettrait au moins de faire des diminution de coût pour le stock et aiderait aussi les concessions qui doivent absorber ce stock.

Pour Alpine, un SUV électrique pour assurer les marges risquent d'être une des rares solutions. Comme pour Porsche et son Cayenne à l'époque, il faut à Alpine un véhicule à volume suffisamment important pour assurer la pérennité, en espérant ne pas trop ternir l'image de la marque avec ce produit...

Par

En réponse à clefdedouze

En gros les véhicules qui cartonne chez Renault sont ceux qui sont produit hors France. Ca va licencier à tour de bras à tout les coups.

Au delà des véhicules plus hauts de gamme qui ne se vendent pas, il y a aussi la surproduction (comme beaucoup de constructeur) qu'il faut régler. Ca permettrait au moins de faire des diminution de coût pour le stock et aiderait aussi les concessions qui doivent absorber ce stock.

Pour Alpine, un SUV électrique pour assurer les marges risquent d'être une des rares solutions. Comme pour Porsche et son Cayenne à l'époque, il faut à Alpine un véhicule à volume suffisamment important pour assurer la pérennité, en espérant ne pas trop ternir l'image de la marque avec ce produit...

Malheureusement je pense qu'Alpine passerai à la trappe dans les mois à venir, la crise du covid à considérablement affaibli les constructeurs déjà à bout dans l'investissement massif vers l'électrique.

Cette marque n'est pas assez rentable, l'unique modèle et sa fabrication très basique (pour ne pas dire de mauvaise qualité, et ja parle en connaissance de cause pour tous les révoltés qui vont me taper dessus) et ses moteurs pas vraiment nobles ne justifient pas son tarif exorbitant !

Bref, pas de grands espoirs pour cette marque.

Par

Il va appliquer les mêmes recettes que chez Seat : braderie -30% toute l'année !

De la poudre aux yeux pour les volumes, mais catastrophique pour l'image de marque et la rentabilité...

Par

En réponse à clefdedouze

En gros les véhicules qui cartonne chez Renault sont ceux qui sont produit hors France. Ca va licencier à tour de bras à tout les coups.

Au delà des véhicules plus hauts de gamme qui ne se vendent pas, il y a aussi la surproduction (comme beaucoup de constructeur) qu'il faut régler. Ca permettrait au moins de faire des diminution de coût pour le stock et aiderait aussi les concessions qui doivent absorber ce stock.

Pour Alpine, un SUV électrique pour assurer les marges risquent d'être une des rares solutions. Comme pour Porsche et son Cayenne à l'époque, il faut à Alpine un véhicule à volume suffisamment important pour assurer la pérennité, en espérant ne pas trop ternir l'image de la marque avec ce produit...

alpine c'est mort aussi leur coupé se vend plus.. les vieux nostalgiques ont acheté.. la source est tarie,

un suv alpine?

invendable.. alpine c'est legereté ;sportivité..

non renault doit effectivement arretter le thermique au dessus du captur..

car il n'y vend que dalle...

la raison, ? fiabilité.. performance.. finition... assemblage médiocre..ont fait fuir les clients..

faut repartir d'une page blanche tout miser sur l'électrique abordable..!!

et bien sur sur du suv... donc 2 suv.. un 5 places et un plus gros 7 places!!

et pas à prix premium..

faire de la qualité seat à prix seat..

donc un suv à 30 000 maxi.. avec 400 bornes d'autonomie..

35 000 maxi pour le gros modele..

et aussi une mégane... talisman.. à 35 000 balles avec les perfs d'une model 3...en autonomie.. 500 bornes..

par contre évidemment pas 3 ou 400 cv..

200 suffirra...

si renault propose cela avant les copains..

il peut remonter la pente...

et produire en france..la gamme electrique..

si renault le fait pas..

faillitte aprés la présidentielle fermeture de toutes les usines françaises..une fois épuisé le pognon de macron.. les 5 milliards..

Par

En réponse à gignac31

alpine c'est mort aussi leur coupé se vend plus.. les vieux nostalgiques ont acheté.. la source est tarie,

un suv alpine?

invendable.. alpine c'est legereté ;sportivité..

non renault doit effectivement arretter le thermique au dessus du captur..

car il n'y vend que dalle...

la raison, ? fiabilité.. performance.. finition... assemblage médiocre..ont fait fuir les clients..

faut repartir d'une page blanche tout miser sur l'électrique abordable..!!

et bien sur sur du suv... donc 2 suv.. un 5 places et un plus gros 7 places!!

et pas à prix premium..

faire de la qualité seat à prix seat..

donc un suv à 30 000 maxi.. avec 400 bornes d'autonomie..

35 000 maxi pour le gros modele..

et aussi une mégane... talisman.. à 35 000 balles avec les perfs d'une model 3...en autonomie.. 500 bornes..

par contre évidemment pas 3 ou 400 cv..

200 suffirra...

si renault propose cela avant les copains..

il peut remonter la pente...

et produire en france..la gamme electrique..

si renault le fait pas..

faillitte aprés la présidentielle fermeture de toutes les usines françaises..une fois épuisé le pognon de macron.. les 5 milliards..

Gignac, je te vois bien au nouveau board de Renault ! :bien:

Par

En réponse à Entouteobjectivité

Il va appliquer les mêmes recettes que chez Seat : braderie -30% toute l'année !

De la poudre aux yeux pour les volumes, mais catastrophique pour l'image de marque et la rentabilité...

C'est vrai que Peugeot ne pratique jamais de -30% sur ces modèles tout au long...

Il est impossible de négocier la 208, 308, 3008, 2008 en dessous de -15% maximum.

Les marques françaises que se soit Renault, Peugeot, Citroën sont en moyenne négociées -30% par rapport au prix catalogue et cela c'est toute l'année.

Donc aucun rapport avec Seat.

Par

En réponse à Entouteobjectivité

Il va appliquer les mêmes recettes que chez Seat : braderie -30% toute l'année !

De la poudre aux yeux pour les volumes, mais catastrophique pour l'image de marque et la rentabilité...

En même temps dans un pays : autophobe (la France), qui n'applique aucune mesure de protectionnisme (la France), et qui aime s'auto-critiqué (les français sont ceux qui détestent le plus les marques automobiles hexagonales bien que ce soit le premier marché pour ces marques) dans un contexte de désindustrialisation massif et de culpabilisation du consommateur...

Bref, aucun espoir pour Renault dans le contexte actuel.

Les injonctions contraires du type :

- Achetez des voitures pour relancer le marché de l'auto : mais ne prenez pas votre voiture car sinon vous êtes un vilain pollueur.

- Entreprenez en France, mais comptez sur l'état pour doper la concurrence déloyale étrangère détaxée voir même subventionnée, histoire de tuer toute viabilité économique.

- Dopons le pouvoir d'achat (via une multitude de subvention) au détriment de la dette ou/et de futurs taxes/impôts

- Baissons le chômage avec des investissements publics sur des marchés ouverts aux entreprises étrangères, ou aux entreprises françaises faisant appel massivement aux travailleurs détachés.

- Appliquons une politique centraliste, où toutes les grandes entreprises sont implantées dans les métropoles, mais si vous voulez vous rendre au travail ne venez pas congestionner les villes avec votre voiture (dixit les mairies écolo)

Bref, l'industrie n'a aucun espoir en France. On ne vendra plus que des services dans 10 ans sans changement drastique de politique, c'est factuel malheureusement.

Par

En réponse à Tih Yellow

C'est vrai que Peugeot ne pratique jamais de -30% sur ces modèles tout au long...

Il est impossible de négocier la 208, 308, 3008, 2008 en dessous de -15% maximum.

Les marques françaises que se soit Renault, Peugeot, Citroën sont en moyenne négociées -30% par rapport au prix catalogue et cela c'est toute l'année.

Donc aucun rapport avec Seat.

:fresh:

Tu racontes véritablement n'importe quoi : regarde un 3008 2 ou 5008 2 par rapport à un Ateca ou Tarraco (et pas à l'instant présent, poste Covid19 et juste avant le restylage des modèles), la différence de taux de remise était abyssale !

Idem pour la 208 : Peugeot est intraitable, là où une Ibiza ou un Arona était bradé après 3 mois de commercialisation ! :fresh:

Par

En réponse à Axel015

En même temps dans un pays : autophobe (la France), qui n'applique aucune mesure de protectionnisme (la France), et qui aime s'auto-critiqué (les français sont ceux qui détestent le plus les marques automobiles hexagonales bien que ce soit le premier marché pour ces marques) dans un contexte de désindustrialisation massif et de culpabilisation du consommateur...

Bref, aucun espoir pour Renault dans le contexte actuel.

Les injonctions contraires du type :

- Achetez des voitures pour relancer le marché de l'auto : mais ne prenez pas votre voiture car sinon vous êtes un vilain pollueur.

- Entreprenez en France, mais comptez sur l'état pour doper la concurrence déloyale étrangère détaxée voir même subventionnée, histoire de tuer toute viabilité économique.

- Dopons le pouvoir d'achat (via une multitude de subvention) au détriment de la dette ou/et de futurs taxes/impôts

- Baissons le chômage avec des investissements publics sur des marchés ouverts aux entreprises étrangères, ou aux entreprises françaises faisant appel massivement aux travailleurs détachés.

- Appliquons une politique centraliste, où toutes les grandes entreprises sont implantées dans les métropoles, mais si vous voulez vous rendre au travail ne venez pas congestionner les villes avec votre voiture (dixit les mairies écolo)

Bref, l'industrie n'a aucun espoir en France. On ne vendra plus que des services dans 10 ans sans changement drastique de politique, c'est factuel malheureusement.

Exact. L'industrie ne représente plus que 15% dans le pib. Dans 10 ans il n'y aura plus rien avec ces traîtres aux manettes.

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