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Route de nuit - quand Michelin inventait le GPS ... postal

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Michel Holtz

Les premiers écrans de navigation en voiture datent des années 2000, mais Michelin n'a pas attendu cette date pour guider les automobilistes. Dès 1908, le manufacturier fournissait des itinéraires pour se déplacer. Sauf que la demande, faite par la Poste était renvoyée par le même moyen dans un délai de trois semaines.

Le bureau des itinéraires Michelin, vers 1919.
Le bureau des itinéraires Michelin, vers 1919.

Aujourd'hui, rien n'est plus simple que de se déplacer de Paris à Saint Aubin en voiture. Pour peu qu'on n'ait pas confondu Saint Aubin dans l'Essonne (à 22 km de la capitale) et Saint Aubin du Médoc (à 595 km de Notre Dame), les machines sont capables de nous guider et de nous indiquer à quel moment il faut tourner à droite. Mais en 1908, Waze, Google Maps, et autres GPS salvateurs d'automobilistes perdus n'étaient pas même pas envisagés dans les romans de science-fiction.

Comment se rendre à un restaurant étoilé ou à une pompe à essence ?

En revanche, Michelin fabriquait déjà des pneus. Et, depuis huit ans, éditait un guide, de couleur rouge, offert gratuitement aux chauffeurs. Ils ne sont que 5 000 en ce début de siècle, mais André Michelin, et surtout Édouard, grand communicant, sont confrontés à un problème. Le guide est certes parfaitement conçu et livre les adresses des bonnes tables, et des (rares) endroits ou trouver de l'essence, mais il manque un élément essentiel : les indications pour s'y rendre. Qu'à cela ne tienne, en cette année 1908, ils embauchent quatre personnes et les installent dans des locaux acquis à Levallois-Perret par le manufacturier de Clermont-Ferrand.

Avant les stations-service, le plein d'essence devait s'effectuer dans les rares garages automobiles existants.
Avant les stations-service, le plein d'essence devait s'effectuer dans les rares garages automobiles existants.

Le "bureau des renseignements pour le voyage automobile" est né. Connaître l'itinéraire précis pour se rendre ou bon nous semble, c'est facile. Il suffit d'envoyer, par courrier postal, une jolie lettre en mentionnant le lieu de départ et celui d'arrivée. Il faut également prendre soin de joindre à la missive une enveloppe affranchie et le tour est joué : trois semaines plus tard, dans la boîte aux lettres du chauffeur, l'itinéraire précis est livré.

150 000 demandes traitées

L'affaire est un véritable succès. Le service s'agrandit et, en 1919, devient le "bureau des itinéraires". Un bureau des légendes ou une vingtaine de salariés s'activent tout au long de la journée pour traiter les demandes, à l'aide des 47 cartes régionales Michelin qui couvrent la France à l'époque. En 1925, 150 000 demandes sont ainsi traitées à la main, et les itinéraires tapés à la machine avant d'être envoyés par la Poste.

Les premiers guides Michelin étaient gratuits.
Les premiers guides Michelin étaient gratuits.

On imagine les automobilistes de ces temps héroïques fixant les feuilles dactylographiées sur la planche de bord de leur Citroën B2, Talbot DC ou Delage D1 en espérant que les employés du bureau des itinéraires n'ont pas confondu Saint Aubin (91) et Saint Aubin (33).

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