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2. Sur route, ce Cayenne, c’est la force tranquille

 

Avec son nouveau Cayenne Coupé, Porsche parvient-il à concilier sportivité avec électricité ?

Lorsque, il y a moins d’un quart de siècle, Porsche présente la première génération du Cayenne, la version Turbo, alors sommet de la gamme, développe 450 ch. Avec presque 100 ch supplémentaires, et un couple quasiment doublé (1 080 Nm contre 620), le nouveau Cayenne Coupé S a donc tout, du moins sur le papier, d’un super sportif. Ce serait oublier que, dans le même laps de temps, la masse à vide a augmenté de presque 400 kg.

Certes, le Cayenne Coupé S n’a rien d’un "poumon’’, comme l’indique la lecture de sa fiche technique. Outre la vitesse maximale, fixée ici à 250 km/h, c’est le 0 à 100 km/h effectué en 3,8 s qui est le plus parlant. Une donnée identique à celle de l’Audi RS 3 Sportback, pour ne citer qu’elle. Pourtant, volant en mains, les sensations ne sont pas forcément de la partie. Certes, impossible de ne pas sentir que "ça pousse fort’’, mais il manque à cette version un zeste de brutalité. Que les amateurs de ce style se rassurent, la version Turbo, avec laquelle nous avons pu effectuer quelques dizaines de kilomètres, les satisfera pleinement sur ce point. Mais à condition de s’acquitter de 37 000 € de plus que pour le S. Ça fait cher les sensations fortes.

Pour en revenir à notre Cayenne S, il est possible d’atténuer quelque peu son caractère policé en basculant le sélecteur situé sous la branche droite du volant sur Sport, voire Super Sport. Mais même ainsi, impossible de ne pas considérer que cette variante se veut être la plus "familiale’’ de la bande, ce qui n’a rien de déshonorant.

D’ailleurs, une fois que l’on intègre ceci, impossible de ne pas reconnaître à ce Porsche une multitude de qualités. Comme nous l’avons écrit précédemment, l’espace à bord est d’une générosité inhabituelle pour un modèle de ce segment. En prime, le Cayenne Coupé chouchoute ses occupants avec un confort plus qu’honorable. Son secret pour y parvenir, y compris lorsque l’auto est équipée, comme c’était le cas de notre modèle d’essai des plus jantes disponibles (22’’), ce qui va naturellement de pair avec les pneumatiques aux flancs les plus bas, c’est la présence de la suspension pneumatique adaptative PASM, livrée de série.

Étonnamment, la Cayenne Coupé Electric S joue davantage la carte du confort que celle de la sportivité.
Étonnamment, la Cayenne Coupé Electric S joue davantage la carte du confort que celle de la sportivité.

Pour essayer au mieux une Porsche, rien ne vaut un circuit ou les autoroutes allemandes. Pour cet essai, le constructeur avait choisi le second terrain de jeu. De quoi confirmer que le comportement de ce Cayenne est impérial, y compris lorsque l’on roule à une vitesse presque deux fois supérieure au maximum autorisé sur les autoroutes françaises. À ce rythme, on s’imagine facilement enchaîner les kilomètres sans fatigue particulière. La seule limite à cet exercice sera le besoin de recharger la batterie. Et au-delà de 200 km/h, ce besoin se fera très souvent sentir. Ce sera, bien sûr, beaucoup moins le cas à 130 km/h. À cette allure, nous avons relevé un appétit de 25 kWh/100 km, ce qui permet de parcourir 450 km avec une seule charge. Si l’appétit du Cayenne s’avère très raisonnable sur autoroute, il l’est encore plus à de moindres vitesses. Ainsi, sur le réseau secondaire, à 90 km/h, nous avons relevé 19 kWh/100 km. Et grâce à sa puissance de charge élevée (jusqu’à 400 kW), le Cayenne ne s’éternisera pas pour peu que l’on s’arrête à une borne très puissante.

Si nous avons pu largement goûter à l’Autobahn avec "notre’’ Cayenne, notre parcours d’essai nous a également amenés sur les contreforts des Alpes bavaroises, dans le sud de l’Allemagne. Outre des paysages extraordinaires, cette région offre également des routes au bitume impeccable mais qui semblent ne pas connaître la notion de ligne droite. Un exercice souvent cruel pour les SUV les plus lourds, dont le train avant montre rapidement une volonté à la paresse et les suspensions une envie irrépressible de provoquer du roulis. Rien de tout cela avec le Cayenne Coupé. Quel que soit le rayon de la courbe abordée, ce Porsche se comporte comme un TGV, ne déviant en rien de sa trajectoire et limitant autant que possible le roulis.

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