Adieu voiture de fonction attitrée : quand l’autopartage redessine les flottes d’entreprises
Porté par la transition électrique et une quête inédite d’optimisation financière, l’autopartage s’empare des flottes professionnelles. En transformant la voiture de fonction en un bien commun accessible sur smartphone, les entreprises réinventent la mobilité professionnelle.

La voiture de fonction fièrement garée sur sa place réservée, symbolisant le statut social de son heureux conducteur, est en train de prendre un sérieux coup de vieux.
Selon les données de l’Enquête nationale autopartage 2025 de l’ADEME, l’autopartage en entreprise connaît un sérieux regain d’intérêt. Ce qui était hier une pratique marginale, gérée via un fichier Excel partagé, est devenu un service connecté, fluide et efficace.
Un badge, une appli, et c’est parti
Le concept repose sur le principe de l’autopartage en boucle. On réserve une voiture pour un rendez-vous, on la récupère sur le parking de l’entreprise et on la ramène au même endroit. Tout se fait en quelques clics sur son smartphone. L’application déverrouille les portières, l’ordinateur de bord gère l’état des lieux. Un jeu d’enfant qui a séduit les PME autant que les géants du CAC 40 ou les collectivités locales, qui gèrent parfois des parcs immenses de véhicules.
De quoi intéresser une foule d’acteurs de la mobilité. Les loueurs historiques de longue durée (Arval, Agilauto) y voient l’occasion de proposer des offres clés en main où ils gèrent tout. Face à eux, des spécialistes de la location classique (Enterprise) ou des pionniers de l’autopartage citadin (Citiz, Marguerite) s’affrontent à coups d’innovations logicielles pour rendre l’expérience la plus fluide possible pour le salarié.
Le week-end et les vacances en bonus
Un autre avantage réside dans la possibilité d’utiliser l’auto pour un usage pro, mais aussi privé. Plutôt que de laisser des dizaines, voire des centaines de voitures inutilisées sur le parking de l’entreprise le vendredi soir, de nombreuses structures mettent à disposition ou proposent à leurs employés de les louer pour le week-end ou les vacances. Ce service est géré par un opérateur d’autopartage tiers (Clem, Marguerite pro etc.) qui encadre le contrat de location privé avec le salarié et gère l’assurance spécifique
Pour le salarié, c’est un coup de pouce non négligeable pour le pouvoir d’achat et un avantage en nature d’un genre nouveau, particulièrement prisé des jeunes générations moins attachées à la propriété. Pour l’entreprise, c’est une façon intelligente de rentabiliser des véhicules qui, autrement, resteraient immobilisés à ne rien faire.
« En mutualisant les véhicules déjà disponibles, elles optimisent l’utilisation de leur parc, réduisent leurs coûts de mobilité, limitent le recours à la voiture individuelle et renforcent leur démarche RSE », explique Samia Arfaoui, Country Manager de Targa Telematics France
Le levier financier et le défi de l’électrique
« L’autopartage de flottes est présenté comme une solution permettant aux entreprises de réduire jusqu’à 40 % la taille de leurs parcs automobiles. Ce potentiel de réduction des coûts explique l’intérêt croissant » souligne l’ADEME.
La transition environnementale, avec l’électrification des flottes, agit comme un accélérateur d’externalisation. Gestion des bornes de recharge, planification selon l’autonomie, et entretien technique sont délégués à des experts de la Tech et de la mobilité. Un secteur en pleine croissance où plus de la moitié des acteurs du secteur ont déboulé sur ce marché ces trois dernières années. De quoi sceller définitivement l’avènement de la voiture de fonction comme un simple service de bureau, plébiscité par les nouvelles générations de salariés, plus attachées à la flexibilité qu’à la propriété.

















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