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Encore un drame de la route impliquant du protoxyde d'azote 

Dans Pratique / Sécurité

Pierre-Olivier Marie , mis à jour

Trois adolescents ont perdu la vie cette nuit dans un accident, et le conducteur est soupçonné d'avoir inhalé du protoxyde d'azote. L'usage de ce produit au volant est d'autant plus problématique qu'il reste pour l'heure indécelable dans le cadre d'un simple contrôle routier. 

Encore un drame de la route impliquant du protoxyde d'azote 
1 jeune de moins 35 ans sur 10 a déjà consommé du protoxyde d’azote, et parmi eux 1 sur 2 en a déjà pris en conduisant. PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Dans le Gard, près d’Alès, 3 adolescents ont été retrouvés morts dans leur véhicule qui a fini retourné dans une piscine privée. Les faits se sont déroulés dans la nuit de mardi à mercredi. Deux victimes sont âgées de 14 et 15 ans, tandis que la troisième avait 19 ans. C’est le plus jeune qui semblait être au volant au moment de l’accident, et celui-ci est soupçonné d’avoir inhalé du protoxyde d’azote, dont plusieurs bouteilles ont été retrouvées dans le véhicule. C’est l’occasion pour Caradisiac de republier un article consacré à ce véritable fléau, hélas indétectable pour le moment.

 

 

"Le week-end, la nuit, dans 31 % des accidents mortels, au moins un conducteur est contrôlé positif aux stupéfiants", détaille le bilan 2024 de la Sécurité routière. Et parmi ces stupéfiants, il existe un produit d’autant plus inquiétant qu’il est disponible en vente libre, même si interdit aux mineurs : le protoxyde d’azote (N₂O), également surnommé "gaz hilarant." Celui-ci est en effet notamment utilisé en cuisine ou en médecine anesthésique, mais ses effets euphorisants ont conduit son usage à être détourné et se développer rapidement ces dernières années pour un usage récréatif. Les statistiques sont encore parcellaires, mais 3,1% des 18-24 ans en consommeraient (chiffres 2023), et 1,3% des 25-34 ans.

Aux troubles neurologiques (vertiges, perte de réflexes…) s’ajoutent des risques d’asphyxie, des troubles cardiaques (palpitations, variations de la pression artérielle) et une augmentation des risques d’accidents : "la consommation de protoxyde d’azote peut altérer la vigilance et les réflexes, rendant particulièrement dangereux la conduite de véhicules ou d’autres activités nécessitant une concentration accrue", avertissent les pouvoirs publics.

C’est dans ce contexte la Fondation Vinci Autoroutes a commandé une étude Ipsos sur le sujet, laquelle comporte des résultats pour le moins inquiétants. Il apparaît en effet que "1 jeune de moins 35 ans sur 10 a déjà consommé du protoxyde d’azote lors d’une soirée entre amis, et que parmi eux 1 sur 2 en a déjà pris en conduisant." De plus, 7% des moins de 35 ans auraient déjà été passagers d’une voiture dont le conducteur avait pris du N₂O. Un phénomène des plus préoccupants, donc, ce que souligne aussi le l’accident mortel survenu dans la nuit de vendredi à samedi 1er novembre à Lille, quand le jeune Mathis, 19 ans, avait été percuté par un véhicule qui roulait à vive allure. Des bouteilles de protoxyde d’azote avaient été retrouvées à bord dudit véhicule.

Le problème vient hélas du caractère aujourd’hui indétectable du protoxyde d’azote pour les Forces de l’ordre. Interrogé par une sénatrice en 2021, le ministère de l’Intérieur avait répondu que "dans le domaine de la sécurité routière, il n'est pas apparu opportun de créer un nouveau délit réprimant la prise de protoxyde d'azote pour un conducteur de véhicule. Outre le fait que la population concernée est très jeune et sous-représentée parmi les conducteurs usagers de la route, les propriétés de ce gaz, très volatile et non métabolisé par le corps humain, rendent sa détection difficile. Aucun équipement ne permet donc à l'heure actuelle le dépistage de ce produit, lors de contrôles menés en bord de route." Et même si "les dispositions générales du code de la route permettent d'ores et déjà de disposer d'un fondement juridique pour sanctionner l'usage du protoxyde d'azote dans le cadre de la conduite d'un véhicule", on ne peut agir qu’après un accident, et plus difficilement dans le cadre d'un contrôle inopiné.

Encore un drame de la route impliquant du protoxyde d'azote 

Pour autant, la situation pourrait changer dans les mois ou années à venir. Au salon Milipol consacré aux équipements des forces armées, qui se tient cette semaine en Ile-de-France, la société française Olythe présente un dispositif OCIN₂O, "premier analyseur portatif capable d’identifier instantanément la présence de protoxyde d’azote (N₂O) dans l’air expiré, comme un éthylotest. Grâce à sa technologie infrarouge non dispersive, OCIN₂O détecte le N₂O jusqu’à cinq heures après inhalation." Un appareil qui aurait déjà été "testé avec succès en Belgique et au Danemark."

Des questions restent à régler, à commencer par l’efficacité réelle du produit dont dépendrait une éventuelle homologation, mais l’existence d’équipements de ce type pourrait contribuer à enrayer l’usage de ce N₂O aussi toxique que dangereux. Souhaitons donc que l’arsenal préventif se développe, et plein gaz !

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