Chute des ventes et milliers de licenciements : pourquoi la tempête continue de s’acharner sur Porsche
La maison de Zuffenhausen s’enfonce dans la crise. Face à des ventes 2026 qui pourraient être plus mauvaises que l’an passé, et qui étaient les pires depuis 2009, le nouveau patron Michael Leiters prépare de nouvelles suppressions d’emploi. Pris en étau entre les taxes de Donald Trump et l’offensive chinoise, le constructeur pourrait même se rapprocher d’Audi.

On pensait que la bourrasque était passée et que le pire était dans le rétroviseur pour la maison Posrche. Mais visiblement, les 3 900 suppressions d’emploi annoncées l’an passé ne suffisent pas, car les ventes ne redécollent pas. Pire : elles devraient continuer de baisser cette année. Et d’autres et nouvelles douloureuses mesures devraient être prises.
C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre Michael Leiters ce week-end dans la presse allemande. L’homme a été nommé à la tête du constructeur en janvier dernier avec une mission de Terminator : remettre à flot le constructeur et achever les négociations avec les syndicats que son prédécesseur Oliver Blume avait entamées.
Blume - Leiters : deux méthodes, deux ambiances
Et si Blume était un homme de la lumière, des médias et des accolades, ce qu’il est toujours à la tête du groupe VW, Leiters est un personnage de l’ombre, intransigeant, voire cassant selon ses équipes. Ce qu’il ne dément pas, se contentant de répondre au Frankfurter Allgemeine qui évoque cette réputation devant lui, « Ce qui compte, c’est la performance, tant au sein de l’équipe que chez chaque individu. »
Des propos qu’un certain Carlos Tavares avait faits siens en son temps. En espérant que l’issue du mandat du patron de Porsche ne soit pas de la même veine que celui de l’ex-boss de Stellantis.
En attendant, il entame les grandes manœuvres qui devraient conduire à un accord syndical d'ici à la fin juillet. Un accord qui devrait conduire à une nouvelle charrette de suppressions de postes qui pourrait toucher 2 000 et 4 000 salariés, selon les sources internes du quotidien de Francfort, ce que Leiters ne commente pas, mais ne dément pas non plus.
Pourquoi ce nouveau plan qui pourrait porter le nombre de départ à 8 000 personnes en l’espace d’un an, sur les 42 000 que compte l’effectif global de Porsche ? Leiters ne s’en cache pas et prévient que ses ventes 2026 pourraient être inférieures aux 280 000 de l’an passé. Un chiffre qui signait déjà un record à Zuffenhausen, puisque c’était le plus bas jamais enregistré depuis 2009.
La suppression de postes n’est pas la seule mesure que Leiters souhaite adopter puisqu’il évoque aussi des « des collaborations approfondies avec Audi », une marque du groupe VW qui, elle-même, n’est pas au mieux.
Qu’entend le boss par cette phrase sibylline ? Verra-t-on purement et simplement des modèles quasi-identiques entre les deux marques, bien au-delà du simple partage de plateformes aujourd’hui en vigueur ? S’agit-il t-il d’un rapprochement capitalistique destiné à créer une seule et même entité premium dans le groupe ? Les réponses à ces questions, et le nombre de licenciements prévus devraient être annoncés à l’automne au plus tard.
Évidemment, on connaît les causes de la tempête que traverse celui qui était auparavant la cash-machine de l’automobile allemande. Des causes qui ont deux noms : Donald Trump et Xi Jinping.
Écrasé entre la Chine et les États-Unis
Le second, avec sa politique offensive, et ses aides à l’industrie chinoise pendant dix ans et sa montée en gamme, a balayé les constructeurs étrangers sur son sol. En trois ans, Posrche a perdu 50 % de ses ventes en Chine et la dégringolade continue puisque la marque a enregistré – 21 % supplémentaires au seul premier trimestre.
L’autre cause du désarroi de Porsche s’appelle Donald Trump. Les taxes douanières ont laissé des traces et si ses ventes sont restées stables l’an passé, elles ont chuté de 11 % depuis le début de l’année. Tous les modèles de la marque sont également taxés, puisque le constructeur est le seul allemand à ne disposer d’aucune usine outre-Atlantique.
La Chine et les États-Unis sont les deux premiers marchés de Porsche qui, de surcroît ne peut pas compter sur l’Europe pour se refaire une santé puisque, sur le Vieux Continent ses ventes baissent de 18 % au premier trimestre. A Zuffenhausen les ennuis volent en escadrilles.














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