Par Copine
VW a un plan comptable brutal, mais assis sur une rentabilité qui tient et qui tient en Europe
Le groupe VW encaisse une crise réelle (marge opérationnelle à 3,8/4,3% au S1 2026, bénéfice net en chute de 33% au T2), mais il reste bénéficiaire sur l'ensemble du groupe, et c'est justement l'Europe qui porte la reprise : commandes en hausse de 12% par rapport à fin 2025, ventes en croissance de 5 à 10% en Europe et en Amérique du Sud, carnet de commandes électrique en hausse de plus de 50%.
Le trou noir, c'est la Chine, où les ventes se sont effondrées de 31,6% au T2 pas l'Europe.
Le plan à 6 milliards d'économies n'est donc pas un pari sur l'inconnu, c'est un ajustement de coûts sur un socle européen qui, lui, reste solide.
Stellantis : l'inverse exact
Le groupe encaisse 30,8 milliards de chiffre d'affaires en Europe pour près de 1,4 million de véhicules un ratio revenu/volume qui trahit une rentabilité quasi nulle sur son marché historique, jamais confirmée publiquement par la direction, ce qui en dit long.
Et contrairement à VW, Stellantis n'a plus vraiment de relais chinois : le retrait de la marque du marché chinois est acté depuis des années, remplacé par une simple prise de participation dans Leapmotor une marque chinoise qu'il distribue, pas qu'il possède. L'essentiel du bénéfice net (670 millions au S1) vient donc mécaniquement des États-Unis, seul continent où le groupe dégage encore une vraie marge.
Les sept marques mortes
DS, Lancia, Alfa Romeo, Maserati, Chrysler, Dodge, Abarth sept marques sur les quatorze du groupe, condamnées à des volumes confidentiels, sans plateforme dédiée, sans investissement produit différenciant, maintenues en survie pour éviter les coûts de démantèlement (rachat de réseaux concessionnaires, plans sociaux locaux) plutôt que pour un avenir commercial réel.
Ce que Filosa ne règle pas
Les 60 milliards ne s'attaquent ni à la structure du problème sept marques zombies qui pèsent sur les coûts fixes sans générer de revenu ni à l'absence de relais chinois pour compenser la faiblesse européenne. VW a un point d'ancrage stable (l'Europe) pour financer sa restructuration.
Stellantis, lui, investit massivement dans la région où il ne prouve aucune rentabilité, avec de l'argent gagné ailleurs et un empire de marques qu'aucune enveloppe budgétaire ne peut ressusciter sans décision de fermeture. C'est un pari sur la table rase qui refuse de faire la table rase.
Malgré l'investissement la situation de Stellantis est pire que celle de VW qui regorge de marques "pépites".
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