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DESIGNbyBELLU - Les revenants : ces automobiles n’ont aucune valeur historique, aucun pedigree, et ne dégagent aucune émotion.

Dans Rétro / Autres actu rétro

Qu’est-ce qui leur prend à tous ces constructeurs qui rouvrent des vieux dossiers ? Bentley, BMW, Mercedes-Benz et quelques autres ressortent des affaires classées. Avec des choix parfois surprenants…

SSKL.
SSKL.

Périodiquement, on apprend que des pièces du passé que l’on croyait disparues corps et biens ont été sorties de la naphtaline ou plus exactement qu’elles ont fait l’objet de « renaissances » menées à grands frais.

Au début du mois de septembre, lors du concours d’élégance « Salon privé », au palais de Blenheim, en Angleterre, Bentley a présenté l’aboutissement de sept années de travail méticuleux pour reconstruire le prototype Corniche et ce, pour couronner l’année de son centenaire. Cette berline, réalisée en France par le carrossier Vanvorren, devait préfigurer la Mark V d’après-guerre. Livrée à Bentley en février 1939, la Corniche effectua une série d’essais sur le circuit de Brooklands et dans le sud de la France. Elle fut victime d’une sortie de route entre Châteauroux et Issoudun en août et sa carrosserie, restaurée, aurait été détruite au cours d’un bombardement de l’aviation allemande sur Dieppe où elle se trouvait en mai 1940 en attendant son transfert outre-Manche…

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 Bentley Corniche.

Cette création due au styliste français Georges Paulin (avec le concours de Carlo Delaisse) est aujourd’hui considérée comme le chaînon manquant entre la 4½-litre Streamline, un autre prototype confectionné en France (par Pourtout en 1938), et la R-Type Continental de 1952. C’était surtout un moyen pour Bentley de s’émanciper de Rolls-Royce qui n’accordait aucune liberté à la marque qu’elle avait achetée en 1931 !

Garmisch.
Garmisch.

Autre résurrection, celle de la Garmisch révélée par BMW en avril dernier lors du concours d’élégance de la Villa d’Este. Ici, le choix est encore plus surprenant. Il s’agit de la copie d’un projet qui avait été réalisé par le carrossier Bertone pour le constructeur bavarois. Mais un projet dont l’intérêt est discutable. On a du mal à voir une œuvre majeure de Bertone dans les lignes de cette berline taillée à coups de serpe et encombrée de décorations.

Pourquoi avoir choisi ce modèle qui avait été livré à l’oubli et à la dégradation, sans doute tombé en désuétude parce qu’il était trop sage ? Le génial styliste Marcello Gandini, responsable du style de Bertone à cette époque, aurait mérité un hommage plus flamboyant, plus en accord avec ses nombreux coups d’éclat.

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En juillet, à l’occasion du Festival of Speed de Goodwood, Mercedes-Benz a répliqué à son voisin bavarois avec la reproduction de la SSKL qui avait été dotée d’une carrosserie profilée à la demande du pilote Manfred von Brauchitsch.

SSKL.
SSKL.

Cet énorme monstre avait été dessiné par l’aérodynamicien Reinhard von Koenig Fachsenfeld et construit par le carrossier Vetter. Il s’était distingué en remportant la course de l’Avus en mai 1932 à la moyenne de plus de 194 km/h. Peu après, la machine disparut des contrôles, mais elle avait ouvert la voie aux « flèches d’argent », les Mercedes-Benz de Grand Prix de la deuxième moitié des années 1930. Une bonne raison pour la ressusciter.

DESIGNbyBELLU - Les revenants : ces automobiles n’ont aucune valeur historique, aucun pedigree, et ne dégagent aucune émotion.

On comprend moins le choix du Musée des arts et métiers qui en mai a présenté une réplique parfaite de l’une des autochenilles Citroën. Le projet « Scarabée d’Or, un défi pour la jeunesse » a été soutenu par l’association « Des Voitures & Des Hommes ». Il consistait à reproduire à l’identique la Citroën B2 10 HP modèle K1 qui sous le surnom de « Scarabée d’Or » participa à la première traversée du Sahara en décembre 1922.

La reconstitution a été menée par les élèves de l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers Campus de Cluny et ceux du lycée Château d'Épluches à Saint-Ouen l’Aumône. Elle est irréprochable et le travail des étudiants est fort respectable… Mais pourquoi avoir choisi une pièce dont l’original existe toujours et est pieusement conservé par Citroën ? N’aurait-il pas été plus judicieux de reconstituer une des nombreuses autochenilles des croisières Citroën qui ont été définitivement perdues ?

Citroën Scarabée d'or.
Citroën Scarabée d'or.

La légitimité de toutes ces copies apocryphes repose sur un principe évident. Il est intéressant de recréer un modèle qui a marqué l’histoire, mais dont il n’existe plus aucune trace. En revanche, la reprise de la fabrication de certaines icônes est beaucoup plus contestable, dès lors que des exemplaires subsistent. Jaguar a ainsi produit six exemplaires de la E-Type Lightweight en 2014, neuf XK-SS en 2016, vingt-cinq D-Type en 2018 ; en se justifiant avec l’argument de la poursuite d’une lignée inachevée… L’idée a été reprise par Aston Martin qui a relancé une série de vingt-cinq DB4 GT…

Encore plus spécieux ! Bentley a annoncé en septembre la continuation » (!) de la production de la 4¼-litre Blower qui courut au Mans en 1929. Douze unités vendues à prix d’or et fausses comme des Joconde polycopiées.

Doit-on parler de faux ou de réplique, de simulacre ou de prolongation ? D’obscures officines se sont longtemps livrées à cette besogne de la reproduction dans une relative clandestinité. Aujourd’hui les constructeurs sèment le trouble en recourant eux-mêmes à cette pratique. Ces automobiles n’ont aucune valeur historique, aucun pedigree, et ne dégagent aucune émotion. Leur seule justification est de donner du plaisir à leur riche propriétaire engagé dans un jeu de rôle.

Pathétique.

Portfolio (1 photos)

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Commentaires (42)

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Par

Je comprend pas trop ces critiques...

Moi perso je suis admiratif du travail fait pour chacune de ses sublimes repliques

qui de toutes manieres ne trompe personne et affiche clairement ce qu'elles sont.

Qu'elles soient hors de prix (quand elles sont à vendre)

ne m'ettonne vue qu'elles sont realisé à la main et à l'unité ou presque

par du personnel hautement qualifié.

.

Par

On m'explique en quoi le "journaliste" Caradisiac se permet de porter un jugement sur le choix des grandes marques de faire renaître ou restaurer des modèles du passer pour leurs collections? Ca les regardent en quoi? Et alors si ça coûte cher aux marques, vous inquiétez pas. Mercedes ou VAG ont bien les moyens et de toute façon c'est leur Histoire et ils ont bien raison de recréer ces modèles pour leurs expos.

Par

"Leur seule justification est de donner du plaisir à leur riche propriétaire engagé dans un jeu de rôle.", donner du plaisir, n'est ce pas le but de posséder et/ou rouler dans une voiture exceptionnelle ? ou est le problème ?

"Pathétique". => cher auteur, vos commentaires le sont assurément

Par

Je ne suis pas d'accord avec la conclusion.

Quand c'est le même constructeur qui produit la même voiture à l'identique avec les mêmes techniques, cette voiture est tout aussi authentique que celles produites précédemment. Elle a simplement moins de vécu.

Par

Lire la conclusion pas beaucoup de monde ne comprend ce qu'il lit.

Aucune critique ou jugement de valeurs, juste une question : Doit-on parler de faux ou de réplique, de simulacre ou de prolongation ?

A vous de répondre.

Par

C'est trop mal écrit c est systématique mais pour un vendredi à l heure de l entrecôte frites c'est carrément pas bon.

Par

En réponse à nous75again

Je comprend pas trop ces critiques...

Moi perso je suis admiratif du travail fait pour chacune de ses sublimes repliques

qui de toutes manieres ne trompe personne et affiche clairement ce qu'elles sont.

Qu'elles soient hors de prix (quand elles sont à vendre)

ne m'ettonne vue qu'elles sont realisé à la main et à l'unité ou presque

par du personnel hautement qualifié.

.

Le problème est clairement posé.

Des artisans de valeur ont réalisé des magnifiques répliques au plus prêt de l'original.

Ils ont été traités de faussaires par les constructeurs.

Ces même constructeurs font la même chose en toute impunité.

" Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir "

Après cela les experts ramènent leur grain de sel.

Beaucoup de rénovations actuelles s'éloignent des originaux. Est ce bien ou mal ?

Je ne le sais pas, mais des intégristes critiquent. Ou est la limite réelle de l’authenticité ?

Par

En réponse à roc et gravillon

Commentaire supprimé.

J'ai envie de lui dire de pas faire de titre putaclick alors.

On en a clairement assez de ces titres provocateurs. Un titre ici est clairement là pour faire parler et c'est pas ce qu'on demande. Ca ressemble aux articles daubes de Yahoo média.

Par

En réponse à north french

Lire la conclusion pas beaucoup de monde ne comprend ce qu'il lit.

Aucune critique ou jugement de valeurs, juste une question : Doit-on parler de faux ou de réplique, de simulacre ou de prolongation ?

A vous de répondre.

Idem que pour R&C, l'auteur n'a qu'à pas metytre un titre putaclick faussement trompeur.

Par

A minima pourra t'on reconnaitre que ces répliques ( appelons les ainsi ) donnent du boulot, et du boulot intéressants à des artisans d'art.... selliers, carrossiers, mécaniciens experts....

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