Disparition de Bernadette Chirac : de la Corrèze aux Pièces Jaunes, en passant par sa Peugeot 205 rouge, le destin de la Première dame préférée des Français
Elle a rejoint son tonitruant mari ce vendredi 5 juin. Mais derrière l’image de la Première dame au brushing impeccable se cachait la conductrice de la fameuse citadine. Le symbole d’une émancipation aussi politique que personnelle ?

Son brushing inamovible et son sac à main sont entrés dans l’histoire. Et Bernadette Chirac avec eux, devenant l’une des premières dames la plus appréciée des Français depuis Yvonne de Gaulle. Est-ce grâce, ou à cause de son sens de l’abnégation, aux côtés de son bouillant mari Jacques Chirac qui ont rallié à elle les suffrages ? Ou de son sens, aigu, de la politique et de son rôle de conseillère non officielle auprès de l’homme de sa vie ?
Une vie aux côtés de celui qu’elle avait épousé en 1956 et qui s’est achevée ce vendredi 5 juin au soir. « C’est plus un mariage d’ambition que d’amour » dira-t-elle de son union avec celui qui deviendra président de la République.
Le beau parti, c’est elle
Elle a fait un beau mariage pensera-t-on aussi. Certes, mais pas au moment de son union. Car le beau parti, à cette époque, c’est elle, et non lui. Chirac était un fils d’instituteur de Corrèze, alors que Bernadette est issue d’une grande famille : les Chodron de Courcel.
Ils se sont connus sur les bancs de Science Po ou elle la timide maladive est bluffée par ce grand escogriffe sûr de lui. « Il est drôle ce garçon. Ou il prend de la drogue, ou il boit du café toute la journée ! » confiera-t-elle plus tard.
Plus tard, elle s’engage dans une association effrénée vers le pouvoir aux côtés de son mari, avant de s’émanciper, sans prendre ses distances, mais en se faisant élire pendant 36 ans au Conseil général de Corrèze, et en lançant l’opération pièces jaunes en faveur des hôpitaux.
L’émancipation, dans ces années 70, pour les femmes, est aussi synonyme de voiture. Et Bernadette a toujours veillé à conduire elle-même, dans sa propre auto, à Paris comme sur les départementales de sa circonscription.
Son auto, elle en parle dans ce sujet télé épinglé par l’INA. On la retrouve, en 1996, au volant de sa Peugeot 205, un modèle, et une couleur, choisie par sa fille Claude. Une auto, aussi, ou seule musique de Michel Berger est tolérée et pour cause : la K7 de l’auteur des Paradis blancs est coincée dans l’autoradio.
Comme n’importe quel automobiliste, on y entend Bernadette Chirac râler au volant contre les autres conducteurs. En revanche, lorsqu’elle se fait arrêter par la police, comme ce jour de 2014 place de la Concorde, elle n’est plus la conductrice qui houspille les autres.
Elle circule à l’arrière de l’auto conduite par un chauffeur, en sens interdit. Quelques invectives et palabres avec le policier plus tard et le chauffeur fait demi-tour. L’ex-première dame s’en va, quant à elle, à pied.
Depuis quelques années, Bernadette Chirac n’apparaissait plus en public. Ni à pied, ni en voiture. Elle a rejoint son énervé de mari qu’elle qualifiait de « moteur en folie ».
En revanche, sa 205 rouge est toujours visible, elle a rejoint des voitures plus officielles au musée des présidents à Sarran en Lozère, évidemment. On ne sait pas si la K7 de Michel Berger est toujours coincée dans l’autoradio.


















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