Un moteur électrique chinois pour la future Peugeot 208
Pierre-Olivier Marie , mis à jour
Révélation de taille avant le Mondial de l'automobile : la très attendue Peugeot 208 "zéro émission" va démarrer sa carrière avec un moteur 100 % chinois. Pour contrer la Renault 5, Antonio Filosa et ses équipes ont activé le "cheat code" suprême de l'Empire du Milieu. Lancée sur la voie de l'électrification, l'industrie européenne ne peut plus avancer sans Pékin, quitte à bousculer les puristes.

Stellantis avance sans tabou aucun avec les industriels chinois, comme l’illustrent notamment la coentreprise établie avec Leapmotor, qu’il détient à 51 %, ou la future ouverture de son site de Rennes à Dongfeng, qui pourrait y produire un ou plusieurs modèles de la marque Voyah. Un accord qui permettra aussi au groupe franco-italo-américain de fabriquer des Peugeot et des Jeep en Chine, faut-il le rappeler.
Ce mardi, Les Echos nous apprennent que la future 208, dévoilée en octobre au Mondial de l’automobile et carburant exclusivement à l’électricité, sera dans un premier temps dotée d’un moteur électrique chinois, fourni par la société Jing-Jin Electric Technologies (JJE).
Ce n’est que vers la mi-2028, soit une année après le lancement commercial du modèle, qu’un moteur signé Emotors, fruit d’une coentreprise entre Stellantis et la japonais Nidec, fera son apparition dans la gamme. Et le quotidien de préciser que l’usine de Trémery (Moselle) en produira rotor et stator, tandis que l’assemblage dudit moteur aura lieu dans une usine hongroise, avec d’autres composants provenant notamment de chez Valeo.
Reposant sur la plate-forme STLA One (anciennement baptisée STLA Small), la future 208 sera exclusivement électrique, et cohabitera donc avec le modèle actuel qui poursuivra sa carrière quelques années encore. En fonction de l'évolution du marché, l'arrivée de motorisations hybrides pour animer la future 208 ne serait par la suite pas à exclure, ceci étant permis par une évolution de la base STLA One.
Question de pragmatisme
En agissant de la sorte avec ses partenaires chinois, Stellantis fait simplement preuve de pragmatisme industriel. Les groupes automobiles européens ne peuvent plus avancer sans les Chinois dans la phase d’électrification accélérée du parc automobile à laquelle nous assistons.
Un exemple ? ACC, le spécialiste français de la batterie dont l’actionnariat se partage entre Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, est par exemple à la recherche d’un partenaire venu de l’Empire du milieu pour l’aider à franchir les prochaines étapes de son développement.
Le 29 mai, lors de l’Assemblée générale du groupe Total, son PDG Patrick Pouyanné avait ainsi émis le souhait de "mettre un peu de technologie chinoise dans ACC pour les aider à sortir de l’ornière." Quant à Renault, il n’a pu développer sa Twingo en 24 mois que parce qu’il a fait appel à son centre de recherche et d'ingénierie situé près de Shanghai, ouvert en 2023. En Europe, le délai de développement moyen s’établit à 4 ans. Pour l’industrie européenne, la Chine apparaît désormais comme un cheat code absolument vital.



















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