Liquidation de Durisotti : la fin d'une longue et belle histoire
Le carrossier historique des Alpine de la gendarmerie et des « paniers à salade » de la police nationale jette définitivement l’éponge. Victime des coupes budgétaires de l'État mais surtout de la nouvelle stratégie d'internalisation de Renault et Stellantis, Durisotti est envoyé en liquidation judiciaire par le tribunal d’Arras. Un séisme qui laisse 161 salariés sur le carreau et marque la fin d'une certaine idée de la sous-traitance automobile à la française.

C’est fini. Deux mois après son placement en redressement judiciaire, le tribunal du commerce d’Arras a ordonné la liquidation du carrossier Durisotti. C’en est terminé pour les 161 salariés de l’entreprise et, au total, pour les 350 personnes employés par le groupe GTE Automotive dans l’ensemble de ses filiales.
70 ans après sa création, l’entreprise fondée par les frères Durisotti, qui avaient fait leurs armes dans l’atelier paternel qui lui-même transformait des véhicules, jette donc l’éponge après plusieurs années de galères, un premier redressement judiciaire en 2019, et deux rachats successifs.
Mais la dernière année lui a été fatale.
Des 205 utilitaires aux Alpine A110
Les commandes du ministère de l’Intérieur, son principal client, ont été rabotés (avec une baisse de 6% au budget 2026) et le changement de politique industriel de Peugeot et Renault, son principal pourvoyeur de bases mécaniques a eu raison de l’entreprise. En y ajoutant, selon les syndicats, une gestion hasardeuse de la part de l’employeur.
C'est que, pour conserver la clientèle des pouvoirs publics comme des entreprises, les constructeurs ont de plus en plus internalisé les transformations de leurs propres véhicules. Ainsi, Renault a lancé sa filiale Qstomize qui répond à la plupart des demandes des utilisateurs et Peugeot, avec Stellantis Pro One ne fait pas autre chose.
C’en est donc fini des Alpines A110 bleu France transformées dans le Pas de Calais, mais aussi des anciennes Megane RS de la gendarmerie, deux terreurs des autoroutes hexagonales.
Une reprise hypothétique sous forme de coopérative
Mais Durisotti, c’était aussi, et surtout, des autos moins radicales. Comme ces 16 000 exemplaires de camionnettes des année 80 et 90 réalisées sur des bases de Peugeot 205, ou les plus gros utilitaires de Police Secours, des Peugeot J5, J7 puis Boxer pour transporter les troupes ou les personnes appréhendées et devenir les paniers à salade de la fin du siècle dernier.
Et demain ? Certains salariés entendent bien faire revivre leur marque sous la forme d’une SCOP. Une volonté légitime même si le marché n’est plus vraiment favorable aux transformateurs. Et même s’ils ont le soutien du président de la région Hauts de France Xavier Bertrand qui les assure de tout son soutien.













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