L’hybride rechargeable s’effondre, mais pas pour tout le monde
Longtemps présenté comme la technologie idéale entre thermique et électrique, l’hybride rechargeable dévisse de 44,2 % au mois d’octobre. Mais si les constructeurs historiques souffrent de la situation, les marques chinoises en profitent et récupèrent cette technologie et ses clients.

Jusqu’à il y a peu, c’était la panacée, la technologie qui rassemblait le meilleur des deux mondes, celui de l’électrique et du thermique. Le PHEV, c’étaient les watts au quotidien et l’essence pour les grandes distances : que du bonheur.
Mais depuis le mois d’octobre, c’est terminé. Et la pente est raide. Chez Volkswagen, cette motorisation baisse de 56,9 %. Peugeot fait encore pire avec – 59,2 % doublé par BMW ou le PHEV chute de 62 %. Le bonnet d’âne est coiffé par Toyota, le spécialiste mondial du full hybride, ou la baisse atteint 75,7 %, selon une étude Dataneo pour Mobilians.
Les entreprises fuient et les particuliers ralentissent
Pourquoi un tel gadin ? Tous les regards se tournent vers les entreprises. Du temps ou leurs flottes étaient les principales clientes de ces doubles motorisations, tout allait pour le mieux. Mais, législation oblige, elles se tournent dorénavant vers le 100 % électrique.
Les particuliers qui pouvaient être intéressés par cette techno ont eux aussi viré de bord récemment pour s’en tourner vers le 100 % électrique qui a représenté 32,5 % des ventes depuis le début de l’année.
En cause : le prix de l’essence puisque, malgré des réservoirs relativement petits de ces engins, il s’agit de les remplir de temps à autre. En cause aussi, le prix élevé des PHEV auquel s’ajoute souvent un malus au poids. Un Peugeot 508 hybride rechargeable se voit ainsi augmenté de 4 800 à 6 100 euros, selon sa puissance. De quoi faire réfléchir.
L’hybride rechargeable aurait donc fait son temps. Sauf que, si l’on examine les chiffres de ventes, ils ne sont pas si mauvais que le dernier mois le laisse supposer. Ils progressent même de 13 % depuis le début de l’année. Et pas vraiment à l’avantage des constructeurs de chez nous. Il suffit de prendre les 5 premiers du marché du PHEV en 2016 : aucun Européen n’y figure. Byd, à lui seul, truste quatre places sur cinq, et son seul concurrent dans ce domaine est le Jaecoo 7 qui se classe deuxième.
L’effet pervers des taxes douanières
Comment expliquer cette absolue domination chinoise ? Les constructeurs de l’empire du Milieu sont taxés sur les autos électriques, alors ils mettent le paquet sur l’hybride et le PHEV qui échappent aux droits de douane européens supplémentaires.
Résultat : sans le surcoût à l’importation et grâce à leurs prix hors de portée de nos marques, ils s’affichent à des tarifs qui écrasent les concurrents occidentaux. Lorsqu’un Byd Seal-U est plus de 10 000 euros moins cher qu’un Peugeot 5008 PHEV, le consommateur peut payer le malus au poids, tout en étant toujours gagnant.
Évidemment, l’UE tente de négocier avec Pékin et a déjà obtenu une limitation de moitié des importations chinoises de ses autos vers l’Europe. En attendant que ces dernières soient fabriquées ici et que plus rien n’arrête leur trajectoire de succès.













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