Les belles promesses : au cœur des Trente Glorieuses
Le jeudi, c’est le jour où les routes (de nuit) de l’automobile et de la culture se croisent ou convergent.

Pierre Lemaitre, qui a reçu le prix Goncourt en 2013 pour Au revoir là-haut, publie en ce début d’année un roman qui clôt sa trilogie sur les Trente Glorieuses : Les Belles Promesses chez Calmann-Lévy.
L’automobile est en filigrane de ce récit palpitant où l’auteur retrouve la vigueur des polars avec lesquels il a démarré son œuvre.
Les Trente Glorieuses qui s’étendent des années 1950 aux années 1970 apparaissent comme une période de prospérité. à ceci près qu’elles ne furent pas glorieuses pour tous les Français. Pierre Lemaitre met l’accent sur les déshérités, sur la partie de population restée en marge de l’opulence.

Pour les Parisiens, le boulevard périphérique matérialise cette dichotomie entre deux mondes, la banlieue et Paris intra-muros. Ce ruban pétri de symboles enserre la capitale et la protège des agressions. Le romancier s’attarde sur la construction de cette barrière bétonnée, les grands travaux constituant d’autres signaux de la réussite économique.

Il précise que cette frontière doit être érigée rapidement pour permettre le déferlement du public vers le Parc des expositions de la porte de Versailles où se déroule notamment le Salon de l’automobile à partir de 1962.
Georges Pompidou, grand amateur de vitesse, a toujours proclamé que la ville devait s’adapter à l’automobile, profitant de l’inexistence. Un formidable pied de nez à la bien-pensance actuelle.
Ainsi, le 23 avril 1973, le boulevard périphérique est achevé. Sur 35 kilomètres ininterrompus il marque la nouvelle limite entre Paris et le reste du monde. Désormais, le boulevard périphérique véhicule les fantasmes des Trente Glorieuses et matérialise les différences sociales.

Il permet de relier Lille à Marseille en contournant le centre de la capitale et sans se perdre dans les faubourgs. Il forme une piste circulaire sur laquelle on peut tourner indéfiniment. Pour Pierre Lemaitre, l’automobile est un emblème des Trente Glorieuses. Ce n’est pas par hasard que l’éditeur a choisi la DS pour illustrer le bandeau barrant la couverture. « L’automobile porte toutes les contradictions et les espérances du XXe siècle ».
Elle est en filigrane des avatars de la famille Pelletier dans ce roman où l’on retrouve la langue magnifiquement ciselée de Pierre Lemaitre.














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