Les députés se battent toujours sur la fin des ZFE alors que Sarah Knafo promet de transformer les voies sur berges à Paris
Alors que les députés et les sénateurs s'écharpent toujours sur la suppression des ZFE et prépare les votes finaux, l’une des candidates à la Mairie de Paris promet de rouvrir les voies sur berges de Paris à la circulation automobile pour un prix « raisonnable ». Vraiment ?

Les ZFE vont-elles être définitivement abandonnées en France ? A la fin du printemps dernier, les députés de l’Assemblée nationale avaient voté pour un projet de loi écartant des zones des centres-villes réservées aux voitures les plus propres. Le projet devait alors passer par une commission mixte paritaire étudiée par les députés et les sénateurs.
Hier mardi 20 janvier, cette commission mixte paritaire a fait un pas de plus vers l’abrogation des ZFE : un accord a été trouvé entre des députés et des sénateurs pour arriver à un texte prévoyant toujours d’abandonner ces ZFE malgré les protestations du camp gouvernemental. Il a été voté à 10 voix contre 4, par une coalition entre des parlementaires macronistes et du Rassemblement national.
Rien n’est encore fait
Deux scrutins doivent encore avoir lieu au parlement pour valider définitivement ce texte : l’un le 27 janvier prochain à l’Assemblée nationale, l’autre le 29 janvier au Sénat. Le vote du projet de loi avait été très serré le 17 juin dernier en première lecture, avec 275 voix pour et 252 contre. Il n’est donc pas impossible que le projet soit finalement retoqué à l’occasion de ces prochains votes, par exemple sous la pression de parlementaires macronistes attachés à la sauvegarde des ZFE.
On sait déjà que les parlementaires de LFI voteront contre, même s’ils réclamaient la fin des ZFE, pour protester contre l’intégration de ce texte à un projet prévoyant des mesures plus générales (permettant par exemple de faciliter le parcours juridique de mesures comme la construction des infrastructures autoroutières de l’A69). Les parlementaires écologistes aussi et potentiellement aussi les socialistes, ce qui fait que le « non » pourrait finalement l’emporter.
A Paris, les voies sur berges reviennent sur le devant de la scène
A Paris, ville bien évidemment concernée de près par le projet de ces ZFE, la campagne pour les prochaines élections municipales a commencé depuis longtemps. La candidate Sarah Knafo, membre du parti Reconquête d’Éric Zemmour, a décidé de prendre le contrepied total de la piétonnisation de la ville voulue par l’exécutif en place depuis de longues années dans la capitale.
Sa proposition ? Rouvrir les voies sur berges autour de la Seine au trafic automobile, en installant une nouvelle zone piétonne montée sur piliers au-dessus de la route. Elle affirme que ces nouvelles voies coûteront « 60 millions d’euros » et que le projet a été « chiffré par des ingénieurs spécialisés dans l’urbanisme ». Elle promet aussi qu’elles permettront de décongestionner Paris, laissant entendre qu’il n’existait plus aucun problème d’embouteillages lorsque « le General De Gaulle et Georges Pompidou ont construit les voies sur berges » et que les ralentissements ne sont revenus qu’après dans la capitale.
Sarah Knafo veut aussi remonter la vitesse maximale à 80 km/h sur le périphérique parisien, revenir à un tarif plus doux pour le stationnement automobile dans la ville, changer l’aménagement de la rue de Rivoli et « fluidifier la circulation grâce à des feux tricolores gérés par intelligence artificielle ».
Du côté de ses opposants et notamment de la candidate Rachida Dati, on entend déjà dire que cette promesse des voies sur berges est « irréaliste » comme rapporté par les journalistes du Parisien. Compte tenu de l’ampleur d’un tel projet (il faudrait bâtir deux kilomètres au-dessus des berges et résoudre d’autres problèmes), le chiffrage et la simplicité avancés par Sarah Knafo est peut-être très optimiste. Mais nul doute que ces promesses parleront à ceux qui rêvent d’une ville de Paris pensée d’abord pour les automobilistes que pour les piétons. Il n’est pas certain, en revanche, que de telles mesures permettront réellement de régler des problèmes qui existaient bien avant la mise en place de la politique de la maire actuelle et de son prédécesseur. Les promesses, ça reste très facile…















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