Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Téléchargez nos applications

Disponible sur App StoreDisponible sur Google play
Publi info

Mini Cooper R50-53 (2001-2006) : néo-rétro et déjà youngtimer, dès 2 500 €

Dans Rétro / News rétro

Stéphane Schlesinger

Brillante actualisation de la célèbre puce anglaise, la Mini R50 propose sa bouille néo-rétro indémodable et son dynamisme dès 2 500 €. Mais à ce prix, il faut bien sûr prendre ses précautions…

Look chic et ravageur feront le succès de la Mini R50, présentée en 2000 au salon de Paris.
Look chic et ravageur feront le succès de la Mini R50, présentée en 2000 au salon de Paris.

Le concept d’Alec Issigonis était d’une intelligence rare. Pour faire face à la hausse du prix des matières premières consécutive à la crise de Suez, il crée une familiale de poche qui offrira les mêmes prestations qu’une plus grande grâce à une architecture innovante. Utilisant moins de matériaux, elle sera aussi plus légère et frugale. Ainsi naquit la Mini en 1959, la première auto à implanter transversalement à l’avant un 4-cylindres refroidi par eau. Elle est aussi spacieuse que la Ford Anglia mais se révèle plus de 80 cm de moins longue !

La Mini pose ainsi les bases des tractions modernes et devient progressivement un phénomène de société. Malheureusement, son constructeur ne gagne initialement pas d’argent avec elle, voire en perd, car sa fabrication s’avère complexe. Mais, au fil des évolutions, elle tiendra jusqu’en 2000, tant sont grandes ses qualités, tenue de route et look en premier lieu. Évidemment, on s’est plusieurs fois posé la question de son remplacement, sans jamais parvenir à une solution satisfaisante.

Au début des années 90, Rover, en charge de la production de la Mini, relance un projet de remplacement. En 1994, BMW rachète Rover, ce qui est une très bonne nouvelle ! En effet, Bernd Pischetsrieder, patron de la marque munichoise, n’est autre que le petit-neveu d’Issigonis et il adore la Mini. Très engagé, il va même jusqu’à reprendre les concepteurs du modèle originel, dont John Cooper et Alex Moulton, auteur de la suspension Hydragas. Mais, rapidement, les opinions divergent entre Angleterre et Allemagne au sujet de la future Mini.

En janvier 1997, le concept ACV30 célèbre les 20 ans de la victoire de la Mini Cooper au Monte Carlo… et installe l’idée allemande d’une nouvelle Mini au look néo-rétro.
En janvier 1997, le concept ACV30 célèbre les 20 ans de la victoire de la Mini Cooper au Monte Carlo… et installe l’idée allemande d’une nouvelle Mini au look néo-rétro.

Les premiers veulent une auto architecturalement innovante, comme en 1959, les seconds une auto plus chic et rentable comme l’était la version Cooper. Tout le monde se prend de passion pour le projet, qui devient vite ingérable. Le développement reste en Angleterre, puis part en Allemagne pour revenir en Angleterre où les ingénieurs vont le poursuivre selon les directives de BMW. Tant bien que mal.

Les désaccords apparaissent au grand jour en 1997, quand trois concepts de Mini sont présentés. L’un, néo-rétro, l’ACV30, est dû à Adrian van Hooydonk et Frank Stephenson, de BMW, les deux autres, les Spiritual et Spiritual Two, architecturalement plus audacieux, à Oliver Le Grice, designer de l’équipe anglaise.

En mars 1997, les concepts Spiritual (2 portes) et Spiritual Two (4 portes) montrent la vision des designers anglais sur la future Mini. Sauf que ces autos ont déjà été rejetées par BMW !
En mars 1997, les concepts Spiritual (2 portes) et Spiritual Two (4 portes) montrent la vision des designers anglais sur la future Mini. Sauf que ces autos ont déjà été rejetées par BMW !

Ces derniers avaient été rejetés par le directoire allemand en 1995 ! Les ingénieurs britanniques conçoivent sans enthousiasme la plateforme et les suspensions (jambes McPherson à l’avant, essieu en Z à l’arrière, donc rien à voir avec la Mini originelle) sans l’aide de Moulton, remercié sans ménagement…

Mais le moteur Rover K ne passe pas sous le capot de la carrosserie imaginée par Frank Stephenson et validée autoritairement par Wolfgang Reitzle, supervisant tant bien que mal le développement. Celui-ci refuse qu’on la modifie ! Solution : BMW s’associe avec Chrysler pour former une joint-venture, Tritec, qui concevra un nouveau, produit au Brésil. Ainsi naquit le bloc Pentagon. Pourquoi faire simple…

Par ailleurs, la faible place disponible pour la mécanique cause des soucis infinis : comment assurer de bons débattements de suspension avec des jantes de 17, loger une direction assistée et un moteur 1,6 l dans si peu d’espace ? Les conflits anglo-allemands atteignent un degré tel que Pischetsrieder, dépassé, fait appel à un consultant extérieur, Unicorn, pour arbitrer les décisions. Avant d’être lui-même débarqué avec Rietzle en 1998 !

Fin 2000, la Mini R50 est présentée, qui réinterprète brillamment les codes esthétiques de son ancêtre, mais oubliant son exceptionnel rapport encombrement/habitabilité.
Fin 2000, la Mini R50 est présentée, qui réinterprète brillamment les codes esthétiques de son ancêtre, mais oubliant son exceptionnel rapport encombrement/habitabilité.

Le projet retourne en Allemagne pour y être finalisé, et la nouvelle Mini, codée R50, est présentée au Mondial de Paris 2000. C’est un triomphe ! Deux versions sont proposées, la One et la Cooper, toutes deux mues par un 1,6 l, 90 ch dans le 1er cas, 115 ch dans le second. L’équipement est complet, puisque vitres électriques, clim, radio et ABS sont de série.

La Cooper ajoute les jantes alliage, la sortie d’échappement chromée ou encore la suspension sport. Les prix ne sont pas si élevés : 99 705 F (20 000 € actuels selon l’Insee) pour la One, 111 185 F pour la Cooper (22 300 € actuels). Les ventes démarrent en trombe, et une liste d’attente se forme. En 2002, une sportive Cooper S, forte de 163 ch grâce à l’adjonction d’un compresseur sur son 1,6 l, déboule.

Près de 22 ans après son apparition, la Mini R50 n’a pas pris une ride, montrant la pertinence de son design dû à Frank Stephenson.
Près de 22 ans après son apparition, la Mini R50 n’a pas pris une ride, montrant la pertinence de son design dû à Frank Stephenson.

Elle bénéficiera de préparations signées John Cooper Works qui méritent un sujet dédié. En 2004 arrive le cabriolet, qui accompagne le léger restylage, où la Cooper S passe à 170 ch. Peu après, un 1,4 l diesel est proposé, fourni par Toyota, en même que plusieurs séries limitées sont proposées : Seven, Checkmate, Park Lane.

La Mini R50 finit sa carrière en 2006, remplacée par la R56. Plus de 600 000 Mini R50 ont été vendues en Europe : joli score. La R56 qui la remplace utilise des blocs PSA-BMW, mais le Tritec de la R50 finira par se retrouver sous le capot de la… Tipo II (où il se renomme E.torq), Fiat en ayant racheté les droits en 2008 !

En 2002, la Mini se décline en Cooper S. Avec 163 ch, c’est une vraie sportive, qui se repère à l’avant par sa prise d’air ménagée dans le capot. Elle est codée R53.
En 2002, la Mini se décline en Cooper S. Avec 163 ch, c’est une vraie sportive, qui se repère à l’avant par sa prise d’air ménagée dans le capot. Elle est codée R53.

Combien ça coûte ?

Pour une One ou une Cooper en bon état, mais dépassant les 200 000 km, les prix sont relativement similaires : comptez 2 500 €. Ajoutez 1 000 € pour une auto de moins de 150 000 km. Si vous en voulez une de moins de 80 000 km, alors ce sera 5 000 € minimum. Ça grimpe !

Les Cooper S sont plus chères, en toute logique, nécessitant une rallonge de 1 500 € face à la Cooper à état équivalent. Quant aux cabriolets, ils sont 2 000 € plus onéreux que leurs versions fermées équivalentes. Les Mini Cooper S coupé ou cabriolet les plus chères dépassent déjà les 10 000 € en parfait état.

À l’arrière, la Mini Cooper S se distingue par sa double sortie d’échappement. Ici en 2002.
À l’arrière, la Mini Cooper S se distingue par sa double sortie d’échappement. Ici en 2002.

Quelle version choisir ?

Tout dépend de l’usage, mais en restant raisonnable, une Cooper 115 ch représente un choix équilibré, de préférence en boîte manuelle.

Les séries limitées, comme cette Cooper S Checkmate de 2005, sont de jolis collectors en puissance.
Les séries limitées, comme cette Cooper S Checkmate de 2005, sont de jolis collectors en puissance.

Les versions collector

Là, ce seront plutôt les Cooper S, en parfait état, bien optionnées et à faible kilométrage. Autant dire qu’elles se raréfient à vitesse grand V, surtout en série limitée.

Si le moteur Tritec est solide, son circuit de refroidissement doit être surveillé de près, tout comme la pompe de direction assistée. Ici en 2002.
Si le moteur Tritec est solide, son circuit de refroidissement doit être surveillé de près, tout comme la pompe de direction assistée. Ici en 2002.

Que surveiller

C’est là que ça se complique. La Mini a un passé chargé en matière de fiabilité. Bonne nouvelle, le bloc Tritec, à distribution par chaîne se montre intrinsèquement solide, mais il a chaud sous le petit capot, donc nécessite un circuit de refroidissement parfaitement entretenu. Sinon, surchauffe et claquage de joint de culasse à la clé. Sur la Cooper S 163 ch, la chaîne peut devenir bruyante vers 150 000 km : il faut alors la changer.

Les principaux soucis concernent la boîte de vitesses, aux roulements fragiles. Ça s’améliore en cours de carrière, surtout après 2004, mais certaines ont cédé dès 30 000 km. Des vidanges régulières atténuent le problème. Les embrayages sont, eux aussi, fragiles, tout comme la déplaisante boîte CVT.

Autre avarie régulière, la pompe de direction assistée, peu endurante : à vérifier avant achat. Si elle émet un bruit suspect, il faudra la changer, ce qui revient à près de 800 €.

Enfin, des soucis électroniques divers, des fuites et des couinements se manifestent à plus ou moins brève échéance. Ce n’est pas très grave mais souvent pénible à résoudre.

Au volant

Mini Cooper R50-53 (2001-2006) : néo-rétro et déjà youngtimer, dès 2 500 €

C’est fou de voir qu’après plus de vingt ans, la Mini Cooper n’a pas vieilli. Ni à l’extérieur ni à l’intérieur, sauf si on aime les tablettes digitales. On profite aussi d’une bonne position de conduite, même si le volant ne se règle qu’en hauteur, mais les places arrière sont pratiquement sacrifiées. Devant soi, on ne trouve que le compte-tours, le tachymètre étant relégué au centre. On s’y fait, mais les basculeurs, mal repérés, ne sont pas pratiques.

Le moteur 115 ch émet une sonorité pas déplaisante, et se montre souple. Ensuite, il monte gentiment en régime, mais n’aime pas spécialement taquiner la zone rouge. En fait, il préfère évoluer vers le milieu du compte-tours, où il distille un punch plaisant mais pas délirant.

Design totalement réussi pour le tableau de bord de la Mini r50, même si l’ergonomie laisse un peu à désirer.
Design totalement réussi pour le tableau de bord de la Mini r50, même si l’ergonomie laisse un peu à désirer.

Bien étagée, la boîte 5 le seconde efficacement, surtout qu’elle se révèle plaisante à manier, mais c’est encore le châssis l’élément le plus plaisant de cette Mini. Direction communicative et rapide, train avant précis, arrière qui enroule à la demande, on prend un certain pied à emmener cette petite anglaise vivement dans les virolos.

Surprise, la Mini n’est pas trop bruyante sur autoroute, et sa suspension ferme mais sans excès (sauf peut-être à l’arrière) autorise un confort correct.

En somme, une petite auto stylée, dynamique, et prodigue en sensations côté châssis. Elle a aussi le mérite de consommer raisonnablement : 8 l/100 km en moyenne.

L’alternative youngtimer

Mini Cooper 1.3i (1991-2000)

En 1997, la Mini originelle se décline à nouveau en Cooper S, une version plus esthétique que vraiment sportive. On lui pardonne vu son look d’enfer !
En 1997, la Mini originelle se décline à nouveau en Cooper S, une version plus esthétique que vraiment sportive. On lui pardonne vu son look d’enfer !

En 1990, la Mini originelle entre dans sa 6e génération, disponible uniquement avec le 1,3 l, qui gagne une injection dès 1991. Développant 63 ch, il octroie à la puce britannique de jolies performances, même si elles ne valent pas celles de la Cooper S des années 60. Affichant 700 kg sur la balance, la Mini se montre vive, mais pas très rapide en raison de son aérodynamique d’un autre âge. Du reste, sa boîte 4 tire court.

La Mini est modifiée en 1996 (7e génération), adoptant des voies élargies, un radiateur monté face au moteur (et non plus sur le côté), un tableau de bord élargi, une injection bipoint, voire un airbag. Sur la Cooper S qui fait son retour, de nouvelles jantes de 13 apparaissent, et une batterie de projecteurs barre la calandre, mais la puissance reste à 63 ch. Plus séduisante que jamais, la Mini Cooper durera jusqu’à la fin 2000, faisant la jonction avec la R50. À partir de 9 000 €.

Mini Cooper R50 (2001) la fiche technique

Après un léger restylage en 2004 (feux modifiés, bouclier avant intégrant une barre chromée), la Mini Cooper bénéficie d’une série limitée Park Lane en 2005.
Après un léger restylage en 2004 (feux modifiés, bouclier avant intégrant une barre chromée), la Mini Cooper bénéficie d’une série limitée Park Lane en 2005.
  • Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 598 cm3
  • Alimentation : injection électronique
  • Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs, barre antiroulis (AV) ; essieu en Z, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs, barre antiroulis (AR)
  • Transmission : boîte 5 manuelle ou CVT, traction
  • Puissance : 115 ch à 6 000 tr/min
  • Couple : 150 Nm à 4 500 tr/min
  • Poids : 1 050 kg
  • Vitesse maxi : 200 km/h (donnée constructeur)
  • 0 à 100 km/h : 9,2 s (donnée constructeur)

> Pour trouver des Mini R50 d'occasion, rendez-vous sur le site de La Centrale.

En 2004, la Mini se décline en un charmant cabriolet qui s’attribue d’emblée des éléments du restylage.
En 2004, la Mini se décline en un charmant cabriolet qui s’attribue d’emblée des éléments du restylage.

Mots clés :

En savoir plus sur : Mini Mini

SPONSORISE

Actualité Mini

Toute l'actualité

Commentaires ()

Déposer un commentaire