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Ne serait-il pas temps de revoir le mécanisme "usine à gaz" de l’écosocore perçu comme un frein à l'électrification du parc automobile ?

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Les flottes ont massivement adopté les modèles écosocrés en 2025 pour des raisons fiscales. Mais les critiques ne cessent de pointer à l’encontre du label. Serait-il en passe de devenir un boulet de l'électromobilité pour les entreprises et plus généralement pour l'ensemble du parc ?

Ne serait-il pas temps de revoir le mécanisme "usine à gaz" de l’écosocore perçu comme un frein à l'électrification du parc automobile ?
La Renault Scenic E-Tech,écosocrée a été la voiture électrique la plus vendue en flottes en 2025 ©IPA Agency/Maxppp

Si en 2025, les flottes d’entreprises ont largement misé sur les véhicules électriques écoscorés pour verdir leur parc, les limites du principe ne lassent pas d’intriguer les gestionnaires de flottes et les constructeurs.

Instauré en 2023, ce juge de paix et censé permettre le verdissement des flottes pose aujourd’hui question. Le mécanisme censé favoriser l’électrification du parc serait en train de se gripper. À rebours de l’effet escompté.

Un bien ou un mal

L’écoscore environnemental, pensé pour assurer que les aides publiques en faveur des véhicules électriques soutiennent les modèles les plus durables sur l’ensemble de leur cycle de vie, a orienté les entreprises dans l’acquisition de leurs modèles électriques. Pour cause. Un véhicule écoscoré bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Bonnes gestionnaires, les entreprises l’ont bien compris. Leurs acquisitions le prouvent.

Selon l’Arval Mobility Observatory, la part des véhicules électriques écosocrés immatriculés par les flottes d’entreprises est passée de 31,2 % en janvier 2024 à 78,2 % en novembre 2025. Hip hip hourra ? Eh bien non ! Loin des bénéfices apparents, les professionnels pointent les freins à l’électrification des flottes professionnelles engendrés par le dispositif.

Déficit de modèles pour répondre aux usages

En cause le manque de véhicules écoscorés. Sesamlld souligne qu’en 2025 « à peine la moitié des variantes électriques commercialisées » bénéficient du précieux sésame.

« Le manque de véhicules écoscorés contraint les entreprises dans leurs choix véhicules », remarque Sarah Roussel, directrice de Sesamlld. La cohorte des modèles écoscorés n’est pas suffisamment étendue pour couvrir tous les usages des entreprises. Faute de trouver chaussure à son pied, le gestionnaire de flotte pourrait se tourner vers un BEV non écoscoré. Mais ces modèles, fiscalement considérés comme des motorisations thermiques, apparaissent financièrement trop lourds pour les sociétés.

Rigidité du système

Cela traduit une concentration de l’équipement des flottes sur un nombre limité de modèles répondant aux critères, mais aussi une réduction des alternatives disponibles pour les gestionnaires face à des objectifs d’électrification.

« Le problème n’est pas le bien-fondé de l’écoscore mais la manière dont cela a été mis en place » explique Sarah Roussel, directrice de Sesamlld. Et de militer pour une meilleure progressivité, gradualité, fiscale entre thermique, électrique et modèle écoscoré.

Un mode de calcul digne d’une usine à gaz

Le mode de calcul de l’écoscore est aussi sur la sellette. La chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle (Csiam), représentant les constructeurs internationaux présents en France, dénonce la complexité et une méthodologie opaque dans le chiffrage de l’écoscore.

L'écosocore de chaque véhicule dépend de plusieurs paramètres pondérateurs. Les matériaux, la chimie des batteries, l’assemblage, le transport du véhicule depuis son point de production… tous ces éléments entrent en ligne de compte.

À cela s’ajoutent quelques subtilités plus ou moins absconses, dont voici deux exemples. L’acier bénéficie, ainsi d’un meilleur ratio que l’aluminium, même si ce dernier est recyclé. La part accordée à l’acheminement du véhicule dépend de son mode de transport (bateau, avion, route, rail) utilisé. Un critère variable en fonction des zones traversées. Ainsi un camion porte voitures n’est pas considéré comme aussi polluant s’il roule en France ou en Allemagne.

Des modèles fabriqués en Europe exclus

Le dispositif, censé freiner les importations de VE chinois, pénaliserait aussi des véhicules produits sur le continent. Des modèles produits en Europe, comme l’Audi Q6 e-tron le Mercedes EQS, se retrouvent exclus du dispositif à cause de critères complexes, notamment liés aux batteries. Pour en finir avec ce non-sens les constructeurs, réclament plus de transparence concernant la méthodologie de calcul et le poids des éléments pris en compte.

Vers un assouplissement nécessaire ?

Les acteurs du secteur ne demandent pas la fin de l’écoscore, mais sa clarification. Sans une meilleure prise en compte des réalités d’usage et une stabilité des critères, cet outil de transition risque paradoxalement de devenir un frein à l’adoption de l’électrique là où elle est la plus cruciale : dans le milieu professionnel. À noter toutefois que la liste des modèles écoscorés évolue. Un arrêté du 14 janvier 2026 vient d’intégrer 67 nouvelles versions éligibles, portant le total à 171 modèles depuis le lancement du dispositif.

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