Pourquoi, les voitures électriques demeurent toujours invisibles sur les routes européennes, malgré des vents porteurs
En décembre 2025, pour la première fois, les ventes de voitures à batteries ont dépassé celles des modèles essence dans l’Union européenne. Un basculement historique ? Sur le papier, oui. Sur les routes, il y a encore du chemin à faire pour populariser l’électrique.

Pour la première fois les ventes de voitures 100 % électriques ont dépassé celle des modèles essence au sein de l’union européenne en décembre 2025, selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA)
Les voitures à batteries représentent 17,4 % des ventes de véhicules neufs sur le Vieux Continent en 2025. Soit une progression de + 3,8 % par rapport à l’année précédente. Malgré ce bon chiffre, la transition électrique s’avance en ordre dispersé.

L’électrique, une transition inégalitaire
L’état des lieux approfondi du parc de véhicules européens publié jeudi, par la même ACEA tempère l’optimisme des statistiques électriques au regard de la réalité terrain.
Malgré une forte percée sur le marché européen ces derniers mois, les BEV représentent à peine 2,3 % du parc auto du Vieux-Continent. Soit 5,9 millions des 256 millions de véhicules en circulation. Avec une dispersion géographique loin d’être homogène.
Seuls six pays disposent d’un parc avec une part de voitures électriques supérieure à 4 % : le Danemark (12,1 %), la Suède (7,2 %), le Luxembourg (7,2 %), les Pays-Bas (6,1 %), la Belgique (5,1 %) et la Finlande (4,3 %). La France (2,8 %) fait à peine mieux que la moyenne avec 2,8 % mais fait figure de bon élève au regard de La Pologne (0,4 %), de l’Italie (0,7 %) ou encore de l’Espagne (0,8 %).
Loin devant, un pays européen non-membre de l’UE fait figure d’exception. En Norvège, les voitures à batteries représentent plus 95,9 % des ventes de voitures neuves en 2025 et y composent 27 % du parc roulant national. Un record européen, mais aussi mondial.

Le jeu du million de bornes
La progression de l’électrique est réelle, soutenue par l’arrivée de modèles plus accessibles et par des politiques publiques encore incitatives dans plusieurs pays, mais elle se heurte à des réalités économiques et industrielles persistantes.
Si l’Union européenne a franchi le cap symbolique du million de points de recharge en octobre 2025, la réalité est loin d’être homogène. Alors que le règlement AFIR (Alternative Fuels Infrastructure Regulation) impose désormais une borne de 150 kW tous les 60 km sur les grands axes, l’infrastructure publique reste ultra-concentrée autour de seulement trois pays — les Pays-Bas (197 712), l’Allemagne (193 148) et la France (181 149). À l’inverse, l’Italie (67 941), le Portugal (14 460) ou l’Espagne (45 785) n’ont pas encore de maillage territorial suffisant pour permettre la démocratisation des BEV sur les routes. Cette fracture géographique rend la promesse du « zéro émission » pour 2050 encore fragile. Le tout sur fond de parc automobile vieillissant.
Un parc automobile qui n’en finit pas de vieillir
L’Europe ne renouvelle pas suffisamment ses véhicules. Son parc roulant n’en finit pas de vieillir avec un âge moyen de 12,7 ans. Un record historique qui témoigne d’une fracture sociale et économique béante. Si le Luxembourg roule dans des véhicules de 8 ans en moyenne, la Grèce dépasse les 18 ans, tandis qu’en France l’âge du parc automobile dépasse allègrement les 11 ans.
Entre l’inflation, l’envolée des prix du neuf et des normes environnementales de plus en plus strictes, le renouvellement du parc patine. Pour de nombreux ménages, la voiture neuve thermique ou électrique reste un luxe inaccessible.
Après le recul sur l’interdiction de vente des véhicules thermiques après 2035, L’Europe va-t-elle devoir revoir son objectif de neutralité carbone 2050 ?















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