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Pourquoi ne sale-t-on pas plus les routes lorsque c’est la catastrophe en France à cause de la neige ?

Dans Pratique / Sécurité

Cédric Pinatel

Comme à chaque fois qu’un épisode neigeux paralyse la circulation en région parisienne et ailleurs en France, on entend des gens critiquer la gestion des événements en affirmant qu’il suffisait de « saler davantage les routes ». Mais la réalité est plus complexe, comme souvent.

Pourquoi ne sale-t-on pas plus les routes lorsque c’est la catastrophe en France à cause de la neige ?
L'autoroute A31, concernée elle aussi par les risques de verglas. Photo MaxPPP.

« Un flocon qui tombe à Paris, c’est l’anarchie. Alors qu’en Norvège… ». Comme lundi, la journée de ce mercredi s’annonce infernale sur les routes de région parisienne avec près de 1 000 kilomètres de bouchons recensés dès 9h du matin sur le réseau périphérique. Les chutes de neige ont repris en Ile-de-France et la situation reste aussi compliquée sur d’autres grands axes du pays.

A chaque fois qu’un épisode de ce genre arrive dans des régions où la neige n’est que très occasionnelle, la circulation est fortement gênée et certains pointent rapidement une très mauvaise gestion de la situation. Mais pour autant, est-il possible de faire mieux, notamment en intensifiant les campagnes de salage des routes comme on l’entend souvent sur les réseaux sociaux et les commentaires de nos articles ?

Le salage, ce n’est pas si automatique

Suffit-il de disperser davantage de sel sur les routes lorsqu’elles sont recouvertes de neige ? Non, comme l’ont déjà rappelé des spécialistes comme le directeur adjoint d’exploitation de la DIR Nord Ouest aux journalistes de France 3 en 2024 : « ça paraît contre-intuitif mais saler sur de la neige ne sert à rien. Le sel fait baisser la température de la neige déjà au sol et peut même dans certains cas la transformer en glace. Contre la neige, il faut un traitement curatif et non pas préventif. On fait passer des déneigeuses dont la lame permet de libérer la chaussée », était-il expliqué.

En fait, le sel déposé sur la chaussée sert avant tout à limiter préventivement l’apparition du verglas. Et il n’a une efficacité que dans certaines conditions très précises : « Saler ou pas un axe routier est une décision qui dépend de trois facteurs clés : la température de l’air, mais aussi celle de la chaussée et la température dite de rosée (celle à laquelle l’eau va devenir de la glace). Les relevés de la dizaine de stations météo sont complétés par les constats des patrouilleurs », précisait-on alors.

« On ne sale pas préventivement contre le risque de verglas même s’il fait 0°C dehors si la température de la chaussée est de 4°C tout en étant sèche. En revanche si elle tombe à 0°C et que la chaussée est humide, on active ce dispositif », expliquait Michael Langlet.

Le problème, c’est qu’il faut alors aussi composer avec le trafic routier. Saler la route avant un pic de circulation, par exemple, c’est être sûr de la dispersion rapide du sel et donc d’une efficacité très mince. A noter aussi que lorsqu’elles patrouillent pour dégager la chaussée, les déneigeuses versent de la bouillie de sel pour éviter que l’eau résiduelle ne se transforme en verglas.

Les autres problèmes du salage des routes

Outre le coût de ces campagnes de salage, il y a aussi des problèmes importants posés par ces pratiques. Le sel déposé sur les routes l’hiver a une action très corrosive sur les véhicules et peut même endommager, sur la durée, les infrastructures routières elles-mêmes. Rien que le risque de projection de grosses particules de sel dans la circulation peut constituer un danger et fêler des pare-brise, par exemple.

Dans les pays où les routes restent blanches tout l’hiver, il faut appliquer d’autres méthodes : les automobilistes utilisent généralement des pneus cloutés (sinon au moins de type « hiver »). Mais la qualité du réseau routier est très différente, dans son revêtement, que celle de nos autoroutes parfaitement lisses.

Bref, le mieux reste sans doute, quand c’est possible, d’éviter tout déplacement en voiture pendant les rares périodes où la circulation routière est gênée par des conditions de grand froid. Et le traitement de ces conditions est tout sauf simple. Sur le sujet, d’ailleurs, voilà nos conseils de conduite.

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