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Voiture électrique : et si ses détracteurs arrêtaient d'être conservateurs ?

Quand l’un des patrons de BMW et les analystes économiques raillent le manque de succès de la voiture électrique aujourd’hui, ils tombent dans le même piège que leurs prédécesseurs qui conspuaient la voiture thermique il y a plus de 100 ans.

La BMW I3, comme sa grande sœur sportive I8 ne connaîtra pas de descendance
La BMW I3, comme sa grande sœur sportive I8 ne connaîtra pas de descendance

Il n’en fallait pas plus. Une simple sortie de Klaus Fröhlich aura suffi à déclencher l’alerte médiatique et l’enterrement de la voiture électrique. Au cours d’une table ronde à laquelle il participait la semaine passée, le directeur du développement de BMW a expliqué qu’il n’y a « aucune demande pour des véhicules électriques de la part des clients, aucune ».Depuis, des Échos qui rapportent le propos à BFM qui nous explique que les Européens n’en veulent pas, c’est la curée. D’autant que le cadre dirigeant allemand avait déjà fait part de ses doutes il y a un an. Évidemment, les arguments avancés par nos divers confrères pour étayer la thèse de Fröhlich sont souvent les mêmes : des voitures qui restent chères, malgré des aides des États (des aides qui sont un gouffre financier pour ces derniers), auxquelles s’ajoutent une autonomie parfois réduite et des infrastructures de recharge en nombre insuffisant. On peut aussi y ajouter le gaspillage des précieux métaux rares nécessaires à la fabrication des batteries et les terribles conditions de travail des ouvriers chargés de les extraire.

Un bis repetita des débuts du thermique

Tout cela est rigoureusement exact et fondé. Mais peut-être que cet argumentaire manque un poil de ce petit ingrédient nécessaire lorsque l’on aborde le devenir d’une industrie aussi lourde que l’automobile. Une industrie qui a aujourd’hui l’obligation, plus que jamais, de se projeter.

Cet ingrédient, c’est justement cette projection, cette anticipation, dont manquent farouchement les commentateurs du moment. Leur analyse revient à juger de la situation du secteur de demain avec un logiciel d’aujourd’hui. Un peu comme si, à la fin du XIXe siècle, on reprochait aux voitures thermiques de manquer de protection passive, d’infrastructures de recharge (les stations-service), et même de routes et de législation. Une situation pire encore que celle des autos électriques d’aujourd’hui.

Henry Ford et sa première voiture, pas vraiment carton de l'année.
Henry Ford et sa première voiture, pas vraiment carton de l'année.

D’ailleurs, en 1896, Henry Ford produit une auto à moteur, équipée de roues de vélos et chaussée de pneus. Le flop est terrible. Il n’en vend qu’un seul exemplaire, ne gagne que 200 dollars et court à la faillite. On épargnera au lecteur la saga de la réussite du garçon par la suite. Une suite glorieuse qui lui fera dire qu’« échouer, c’est avoir la possibilité de recommencer de manière plus intelligente ». Revenons en France, au même moment ou presque. En 1895, 300 voitures ont été vendues, selon les tablettes officielles du ministère des Contributions, rappelées par l’historien Patrick Fridenson. Pour appel, il se vend aujourd’hui, bon an mal an, un peu plus de 2 millions d’autos. Du coup, lorsque les analystes prédisent la mort de la voiture électrique parce qu’elle représente à peine 2 % des ventes, on sourit. Et l’on éclate franchement de rire lorsque surgit l’argument du manque d’énergie électrique, souvent utilisé par les détracteurs, lorsque l’on songe que le premier forage off-shore date de 1900, soit 14 ans après le dépôt du brevet du moteur thermique.

Recherche capitaines courageux

On le voit, si aujourd’hui les grands décideurs de l’industrie automobile suivent l’avis des Klaus Fröhlich qui travaillent avec eux, ou des journalistes économiques de BFM et d’ailleurs, la voiture électrique serait bien remisée à la casse, et sans prime. Comme l’automobile thermique eût été mort-née si Henry Ford, Louis Renault ou André Citroën avaient suivi les conseils avisés des commentateurs de leur époque. Mais au fait, reste-t-il des capitaines d’industrie de la trempe de leurs prédécesseurs ? Des hommes susceptibles de miser sur l’avenir, de mener les recherches nécessaires pour développer des batteries à l’autonomie rallongée, non polluantes et à la recharge quasi instantanée ? De même, l’État et les pétroliers vont-ils contribuer au développement des futures infrastructures de recharge ?

Ces hommes existent évidemment, ces États aussi, forcément. Et ces recherches sont l’affaire d’une vingtaine d’années, si on compare ce temps à celui de la mise sur orbite de l’automobile thermique. Un temps qui pourrait être plus court encore, étant donné l’accélération des innovations. Reste un souci, et il est de taille : le système économique actuel privilégie la rentabilité immédiate. Quant aux États, ils n’ont jamais été aussi endettés, et donc fauchés, depuis les années trente. Alors ? Alors, à moins d’un plan Marshall de la voiture électrique, qui connaît une très légère esquisse avec le lancement de l’Airbus de la batterie, l’auto à watts sera bel et bien morte et enterrée avant d’avoir réellement existé. Et les mauvais augures auront gagné.

 

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Commentaires (109)

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Mais c'est bien, qu'ils arrêtent. Ils en vendent pas. Quand dans 5ans, la plupart des états et des villes banniront les véhicules thermiques des centres villes ou des pays, on verra où ils en seront. Chut, ça a déjà commencé, ne leur dites pas !

Par

ce sont des réactions de dirigeants avec vue de pur court terme. Et si les voitures thermiques devaient payer pour leur impact climatique? c'est à dire un litre d'essence à disons 5 ou 10eur. qui serait rentable?

pareil pour l'électrique, on sait que ce n'est pas parfait mais taxons les carburants (électricité aussi plus taxée si carbonée etc)

De toute façon l'automobile comme symbole de la liberté (capitaliste) du déplacement individuel a fait son temps. les villes vont vouloir récupérer une partie de l'espace dévolu aux voitures (c'est déjà le cas et le mvt ne fait que commencer) et nos enfants commanderont des taxis autonome par smartphone et ne conduiront plus. Bref l'ère de l'automobile a vécu. on peut le regretter et on peut être nostalgique de se dire que sa prochaine voiture sera peut-être la dernière mais c'est un fait et il faudra bien l'accepter.

Par

C'est le même BMW qui prévoit de produire des voitures essence jusqu'en 2050 ?

Ils vendront quoi après ?

Et en 2040, quand la vente de véhicule thermique sera interdite dans la plupart des pays européens, ils les vendront à qui leurs voitures ?

Je crois qu'il n'y a pas le choix. Et attendant l'émergence d'une nouvelle technologie, et bien l'électrique qui fera le pont.

Par

Ce sont les véhicules 100% thermiques qui seront interdits en 2040 donc il y aura toujours des hybrides.

Par

L'introduction est vraiment mensongère, il n'y a pas de progrès réel dans la voiture électrique. C'est plutôt une régression que d'avoir 30mn d'attente minimum pour accumuler 350km d'autonomie. Une R4 de 1965 fait aussi bien. Douter de sa pertinence est plutôt salutaire. Il faut aussi remarquer que la voiture d'aujourd'hui n'a pas eu besoin de subventions pour s'imposer jusqu'à devenir une nuisance.

Bannir les véhicules n'est pas un soucis si les transports urbains sont a la hauteur, Nantes est un bel exemple avec ses parkings aux terminus du tram, même les VE bénéficient de ces parkings.

.

Par

En réponse à pdcsq

C'est le même BMW qui prévoit de produire des voitures essence jusqu'en 2050 ?

Ils vendront quoi après ?

Et en 2040, quand la vente de véhicule thermique sera interdite dans la plupart des pays européens, ils les vendront à qui leurs voitures ?

Je crois qu'il n'y a pas le choix. Et attendant l'émergence d'une nouvelle technologie, et bien l'électrique qui fera le pont.

L'electrique se projette au moins sur 1 siècle...

Par contre d'ici la, on aura peut etre trouvé des batteries encore plus propres, qui ne dependent pas d'un seul matériau (le lithium), et qui soient plus denses et légères... Ce qui permettra des recharges encore plus rapides et plus d'autonomie.

Contrairement a ce que certains blaireaux répètent ici, c'est le VE a batteries qui a de l'avenir compte tenue de sa très haute efficacité, et non pas le VE a H2...

Par

En réponse à neoxa

ce sont des réactions de dirigeants avec vue de pur court terme. Et si les voitures thermiques devaient payer pour leur impact climatique? c'est à dire un litre d'essence à disons 5 ou 10eur. qui serait rentable?

pareil pour l'électrique, on sait que ce n'est pas parfait mais taxons les carburants (électricité aussi plus taxée si carbonée etc)

De toute façon l'automobile comme symbole de la liberté (capitaliste) du déplacement individuel a fait son temps. les villes vont vouloir récupérer une partie de l'espace dévolu aux voitures (c'est déjà le cas et le mvt ne fait que commencer) et nos enfants commanderont des taxis autonome par smartphone et ne conduiront plus. Bref l'ère de l'automobile a vécu. on peut le regretter et on peut être nostalgique de se dire que sa prochaine voiture sera peut-être la dernière mais c'est un fait et il faudra bien l'accepter.

On peut bien faire payer l'impact climatique d'un produit, mais va falloir drastiquement augmenter le prix des voiture électrique pour l'impact climatique de la fabrication de sa batterie. Vu que tu parles de 8-10€ le litre d'essence, vivement les Zoé/e-208 à 500'000€ et les Tesla à 1'000'000€, bon ça va, y a.une aide de 6000€.

Par

Le journalisme PMU dans toute sa splendeur...

Par

Le problème n'est pas d'être pour ou contre, conservateur ou pas.

Le problème c'est que l'on veut nous imposer un mode;

qui n'est pas le seul possible,

qui n'est pas aussi pratique que le thermique,

qui coute beaucoup plus chère à l'achat

et qui au niveau mondiale pollue autant du puits à la source.

Actuellement, la propulsion hybride permet de limiter la pollution si on le généralisait.

Actuellement, donner une prime à l'achat de VE coutant de 30000 à 70000€ et voir plus est vraiment honteux et surtout n'aide pas ceux qui le devraient!!

Actuellement, en France l'électricité est encore accessible mais il va falloir investir rapidement dans le traitement des déchets nucléaire et l'addition va être lourde, très lourde. Et sans parler du ou des cites pour les stocker!!!

Actuellement, si vous n'avez pas de garage ou de parking et cela représente une très grande part de la population, charger sa VE est délicat voir impossible.

L'hydrogène doit également être développé car pour les véhicules lourds et/ou ceux qui ont besoin d'une grande autonomie, l'électrique est très limité.

Actuellement, le retraitement en grande quantité des batteries n'est pas mieux traité que le traitement de nos plastiques ou des déchets polluant du BTP que ce soit en France, en Europe ou dans le monde.

Actuellement, une VE à une durée de vie pour ses batteries garantie à 8 ans. On est loin très loin de la durée de vie d'une thermique car un échange standard de moteur coute bien moins chère que l'échange d'un pack de batteries...

Alors, personnellement, je roule en hybride et ne compte pas changé et mon fils qui avait une vieille voiture(mon ancienne) vient de s'en séparer et ne compte pas en racheter une, vivant à Paris sans garage, comme beaucoup, une location de temps en temps va suffire et les transports pour aller travailler ou le vélo. Eh oui, à Paris, la voiture est impossible, ou presque, thermique ou VE ou il faut aimer les embouteillages. Et dans la plus part des grandes villes on fait le même constat.

Alors les plus conservateurs ce sont peut-être ceux qui achètent une VE, vivant en ville, et font maxi 15km par jour sans changer leurs habitudes!!!

Par

En réponse à GY201

L'introduction est vraiment mensongère, il n'y a pas de progrès réel dans la voiture électrique. C'est plutôt une régression que d'avoir 30mn d'attente minimum pour accumuler 350km d'autonomie. Une R4 de 1965 fait aussi bien. Douter de sa pertinence est plutôt salutaire. Il faut aussi remarquer que la voiture d'aujourd'hui n'a pas eu besoin de subventions pour s'imposer jusqu'à devenir une nuisance.

Bannir les véhicules n'est pas un soucis si les transports urbains sont a la hauteur, Nantes est un bel exemple avec ses parkings aux terminus du tram, même les VE bénéficient de ces parkings.

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Ah et des voitures qui consomment 3 voir 4 fois moins d'énergie pour aller d'un point A vers un point B, c'est pas un progrès ?

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