Bruxelles est-elle devenue la meilleure amie des constructeurs chinois ?
L’iINFO DU JOUR - Les taxes douanières n’ont pas calmé les constructeurs chinois à l’entrée de l’Europe. Alors, Bruxelles souhaite les lever et mettre en place des prix planchers pour que les marques de l’empire du Milieu soient à égalité avec les constructeurs européens. Une idée qui est accueillie avec bienveillance à Pékin. Un cadeau fait à la Chine ?

C’est une idée qui vient de ressurgir du chapeau bruxellois, un an après son apparition et, quelque temps plus tard, sa disparition. Une idée, plutôt simple sur le papier, mais qui pourrait avoir des répercussions, et des effets pervers, plutôt importants.
Pour Bruxelles, en lieu et place des sanctions douanières infligées aux constructeurs chinois lors de l’importation de leurs autos dans l’Union, et qui peuvent atteindre 48 %, pourquoi ne pas les supprimer purement et simplement et les remplacer par des prix planchers, des tarifs minimums en deçà desquels, les voitures de l’empire du Milieu ne sauraient être vendues chez nous ? Une manière, sur le papier toujours, de jouer à égalité avec les constructeurs du Vieux Continent.
Les taxes de l’échec
Cette mesure, qui devrait voir le jour au cours de l’année, puisque les fameux prix planchers sont à l’étude à Bruxelles, est avant tout un constat d’échec. Car les barrières douanières n’ont visiblement pas fonctionné. En 2024, lors de leur instauration, la part de marché de voitures chinoises en Europe était de 5,5 %. Un an après l’instauration des taxes censées faire peur, elles étaient de 7,4 %, grâce, notamment aux hybrides rechargeables qui échappent aux taxes.
Alors que faire ? On n’est pas aux États-Unis ou l’administration n’a que faire des accords de l’OMC. Là-bas, les autos chinoises sont tous simplement bannies du territoire. Alors Valdis Dombrovskis, le commissaire européen chargé du commerce a trouvé la solution des prix planchers, histoire de rester dans les clous de l’Organisation Mondiale du Commerce.
Sauf que, dès la nouvelle connue, Pékin n’a pas caché sa joie. La bourse non plus, faisant grimper le cours des actions des constructeurs chinois. Mais qu’est ce qui donne ainsi le sourire à l’industrie auto de là-bas alors qu’elle va devoir jouer sur le même registre tarifaire que celle d’ici ? Car une telle mesure se contourne assez aisément.
Déjà que les taxes douanières peuvent être évitées en fabriquant les autos chinoises directement en Europe, ce prix plancher peut quant à lui être évité avec des voitures, toujours d’origine chinoise, assemblée absolument n’importe où dans le monde sauf sur son propre sol. Autant dire que le choix est beaucoup plus vaste.
Et puis, évidemment, tout dépend de la hauteur de ce prix de base. Car ce qui détermine le prix d’une électrique, c’est avant tout le tarif de sa batterie. Celle-ci étant très souvent chinoise, il suffit à l’empire d’augmenter le prix de ventes des CATL et autres cellules locales pour faire grimper l’addition des autos européennes, et rester moins chères qu’elles, tout en appliquant le prix plancher.
Les constructeurs européens flairent la bonne affaire, à court terme
Mais finalement, et c’est peut-être le pire de cette affaire, les constructeurs européens ne voient pas tous d’un si mauvais œil l’instauration d’une mesure qui pourrait bien les arranger, car de Dacia à Volvo en passant par Cupra, certains de leurs modèles sont assemblés en Chine et soumis à des taxes. La nouvelle mesure serait parfaitement adaptée à leur situation puisque, dans la plupart des cas, ils vendraient leurs autos au-delà des tarifs planchers.
On le voit, l’entrée en vigueur, si elle se met en place malgré quelques réticences bruxelloises de la part de Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission, pourrait fait l’affaire de tout le monde. Surtout des Chinois évidemment, mais également des constructeurs européens. Du moins à court terme. À très court terme, avant que l’industrie auto de l’Empire ne prenne définitivement le pas sur celle du vieux coontinent.
















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