Cette inconnue japonaise qui a humilié le haut de gamme allemand : la Lexus LS400
Alliant haute technologie, qualité maximale et confort total, la Lexus LS400 a été la première à détrôner les références allemandes dans le haut de gamme. Certes, on l’a plus vue aux USA qu’en Europe, mais cette grande berline de luxe à moteur V8 a de quoi ravir les fans de youngtimers rares.

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
Symbole de l'aboutissement de la montée en puissance des constructeurs japonais, la Lexus LS400 joue un rôle historique. Outre qu'avec elle est né un blason respecté dans le marché des voitures dites premium, cette grande berline a totalement bousculé les références établies dans sa catégorie. Etablissant de nouvelles normes en matière de confort et de qualité, elle a su convaincre la clientèle, américaine principalement, et semer le doute chez des marques aussi respectées que BMW, Cadillac, Jaguar et Mercedes-Benz. Seules les allemandes ont d'ailleurs su répondre efficacement. Extrêmement rare chez nous, la Lexus LS400 constitue une pièce de choix pour qui aime le charme nippon des années 90... ou tout simplement les autos aussi différentes qu'excellentes.

La décennie 80 a été celle de l’incroyable montée en puissance technologique des marques japonaises. Jusque-là achetées pour leur excellent rapport qualité/prix, les autos du soleil levant ont commencé à séduire par leurs mécaniques de pointe, leur design ultramoderne et leurs châssis enfin à la hauteur. A la fin de la décennie, la crédibilisation des marques nippones a connu son apogée, avec des modèles emblématiques tels que la Honda NSX (supercar), la Nissan 300 ZX Z32 (GT) et la Lexus LS400. Cette dernière cible directement le haut de gamme européen et américain avec des armes bien affûtées.

En 1983, Eiji Toyoda, PDG de Toyota a demandé à ses ingénieurs de concevoir "une voiture meilleure que la meilleure du monde". Ceux-ci, au nombre de 1 400, et dirigés par Ichiro Suzuki, se sont exécutés en partant d'une feuille totalement blanche, avec des moyens colossaux, qui leur ont donné le loisir de peaufiner leur création à l’extrême, construisant quelque 450 prototypes testés sur 4,4 millions de km ! Leur cible est le marché qui est alors le plus important du monde pour le très haut de gamme : les USA. Les européens tels que BMW, Jaguar et Mercedes y engrangent de jolis profits.

Chez Toyota on est bien conscient que pour attaquer ces blasons renommés, il faudra un nom qui n’évoque pas une quelconque voiture populaire, si fiable fût-elle. Alors on en crée un : Lexus, sans se cacher d’en être l’instigateur. Ce nom dit clairement qu’il unit les qualités traditionnelles des Toyota (rapport qualité/prix agressif, fiabilité totale) au luxe. Ainsi, en janvier 1989, quand la Lexus LS400 est présentée à Detroit, elle est acclamée.
Sa technologie est au top : V8 tout alliage à 32 soupapes et 4 arbres à cames en tête (4,0 l pour 245 ch), boîte auto à 4 vitesses gérée par électronique, suspension pneumatique pilotée à double triangulation avant/arrière, ABS, antipatinage… N’en jetez plus ! Son timing est par ailleurs réussi : la Mercedes Classe S W126 est hors d’âge, la Jaguar XJ40 pâtit de problèmes de qualité bien ennuyeux, et la BMW Série 7… reste une sacrée rivale !

Conséquence, sur le marché US où le rapport qualité/prix compte plus que l’image, et où on adore les David défiant les Goliath, la Lexus LS400, codée UCF10, fait un malheur. Le constructeur a communiqué efficacement en proposant le bon produit au bon moment, le résultat est logique. Et en Europe ?
Là, ça a été bien plus difficile car l’image de marque compte énormément sur le marché du luxe. La Lexus LS400 a connu un succès d’estime mais guère plus. Le fait qu’elle soit distribué dans le réseau Toyota a constitué un handicap certain : le nom de Lexus semblait être celui d’un modèle, nom d’une marque indépendante. Or, un blason roturier qui s’aventure sur le segment du luxe est souvent voué à l’échec sur le Vieux Continent, la Fiat 130 en étant un exemple.

En France, Lexus, disponible fin 1990, a été freinée par son prix, compétitif mais colossal dans l’absolu : 360 000 F, soit 98 500 € actuels selon l’Insee. Contrairement à ses rivales germaniques, l’équipement est ici total : sellerie cuir et volant à réglages électriques (dotés de mémoires), clim auto, ordinateur de bord, hifi avec chargeur de CD, ou encore régulateur de vitesse. On s’en doute, la Lexus LS400 fait une entrée remarquée mais ne s’écoulera qu’en volumes confidentiels chez nous, d’autant que l'exhubérante Mercedes Classe W140 s’attire tous les regards à sa sortie en 1991.

Mais la japonaise continuera son petit bonhomme de chemin, s’attachant plus à convaincre par ses qualités qu’à se vautrer dans l’esbrouffe. Fin 1992, elle bénéficie d’améliorations (jantes de 16, freins améliorés), puis elle disparaît en novembre 1994, remplacée par une LS400 UCF20 qui en est une évolution.

Combien ça coûte ?
La Lexus LS400 est fort rare sous nos contrées, mais sa cote est étonnamment élevée. Pour un très bel exemplaire, comptez de 12 000 € à 18 000 €, selon qu’il est plus proche des 400 000 km ou des 100 000 km, ce qui n’a qu’une importance relative.

Quelle version choisir ?
Celle dans le meilleur état possible, à jour d’entretien et dotée de son suivi.

Les versions collector ?
Toutes, si leur état est au moins très bon. Le taux de belles voitures est assez élevé.

Que surveiller ?
Longuement testée et fabriquée avec un soin maniaque, la Lexus LS400 est d’une fiabilité métronomique, surpassant en la matière toute la concurrence, y compris allemande. Un sacré exploit pour une auto entièrement nouvelle à sa sortie ! Le V8 1UZ-FE ne nécessite qu’un changement de ses courroies de distribution tous les 100 000 km pour enchainer aisément les centaines de milliers de kilomètres. Comme il est non-interférentiel, un bris de courroie sera sans conséquence grave. La transmission est également à toute épreuve.
Est-ce à penser que la Lexus est éternelle ? Pas tout à fait. La pompe de direction assistée fuit parfois, lâchant son huile sur l’alternateur situé juste en dessous, ce qui peut le détériorer. Pas grave en soi, mais la réparation de ces éléments est chronophage. Plus ennuyeux, les jambes de force pneumatiques sont, elles aussi, sujettes aux fuites (vu leur âge, c’est normal), et leur remplacement coûte très cher (plus de 1 200 € pièce). Les bras de suspension sont assez onéreux, eux aussi.
Ce sont là les points les plus dispendieux et sensibles de la LS400, qui rouille par ailleurs très peu. Dans l’habitacle, surveillez les fonctions électriques, très endurantes, mais l’auto est âgée. Le combiné d’instruments est connu pour ses faiblesses, tout comme l’afficheur de clim, et trouver des éléments de remplacement n’a rien d’évident. Certains savent toutefois les réparer. Enfin, le cuir, d’une qualité un peu décevante, nécessite parfois une nouvelle coloration.

Sur la route
La Toy… pardon, la Lexus LS400 en impose mais son élégance discrète séduit. Son manque de personnalité constitue désormais un trait de personnalité ! A bord, on retrouve une ambiance typique des japonaises des années 80/90, ce qui a son charme. Surtout, tout semble solidement fabriqué et parfaitement assemblé. Quand on met la clé, le volant s’abaisse électriquement, et on se concocte une position de conduite parfaite.

Contact, le combiné s’éclaire, avec des aiguillies-néons et un effet 3D assez saisissants : plus séduisant qu'une de ces instrumentations digitales alors à la mode. Le moteur ? Il tourne, puisque l’aiguille du compte-tours a bougé. Le silence de marche est carrément étonnant, tous les bruits étant filtrés avec soin. Comme la suspension efface presque toutes les aspérités de la route, le confort de marche atteint des sommets. L’accord parfait entre le moteur et la boîte renforcent l’onctuosité générale de cette japonaise fabuleusement aboutie. En confort/insonorisation, la LS400 surpasse toutes ses concurrentes.

Et la dynamique ? Le moteur offre de belles ressources et assure encore de bonnes performances, malgré la boîte un peu lente. Mais elle est si douce ! Le châssis, commandé par une direction précise et bien consistante, manifeste un excellent équilibre, tant qu’on roule comme la voiture y incite. En revanche, la Lexus n’aime pas être brusquée : elle contient alors mal ses mouvements de caisse, et aura tendance à sous-virer nettement. Sur ce point, les allemandes sont plus rigoureuses. En somme, la Lexus est manier du bout des doigts, et dans ces conditions, elle se contente de 11,5 l/100 km.
L’alternative newtimer*
Lexus LS600h (2006 – 2017)

La Lexus LS400 a bousculé le marché des grandes berlines par son aboutissement et sa qualité de fabrication, et la LS600h l’a imitée. Mais d’une autre manière : elle est la première berline de luxe à motorisation hybride. Son V8 5,0 l de 394 ch s’allie à une machine électrique de 224 ch, pour fournir une puissance totale combiné de 445 ch quand les batteries sont pleines.
La puissance transite au sol via une transmission intégrale, pour une sécurité maximale, alors que la suspension pneumatique dorlote les passagers, qui profitent par ailleurs d’un équipement royal. Annoncée à 9,3 l/100 km en moyenne malgré ses près de 2,3 tonnes, la LS600h pointe à 250 km/h, et passe les 100 km/h en 6,3 s. Amplement suffisant ! Son plus gros défaut sera son coffre limité. Restylée en 2009 puis en 2012, la LS600h sera remplacée en 2017. A partir de 13 000 €.
Lexus LS400 (1990), la fiche technique
- Moteur : 8 cylindres en V, 3 969 cm3
- Alimentation : injection
- Suspension : double triangulation, ressorts pneumatiques, barre antiroulis (AV et AR)
- Transmission : boîte 4 automatique, propulsion
- Puissance : 245 ch à 5 400 tr/min
- Couple : 350 Nm à 4 400 tr/min
- Poids : 1 815 kg
- Vitesse maxi : 250 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 8,5 s (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces de Lexus LS400, rendez-vous sur le site de La Centrale.


















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