Voici bientôt 50 ans, la révolution digitale des tableaux de bord commençait
En 1976, l’Aston Martin Lagonda, une berline d’ultra-luxe aussi étrange dedans que dehors, inaugurait le tableau de bord à affichage digital. Le premier d’une mode qui allait durer presque vingt ans avant de disparaître… et revenir !

L’affichage digital, ce n’est pas nouveau. En 1971, apparaissait la première calculatrice à LED, la Busicom le-120a, suivie en 1972, de la première montre indiquant l’heure via des cristaux liquides, badgée Hamilton. A 2 100 $, elle coûtait une fortune ! A l’époque, l’électronique commençait à envahir nos vies, et l’automobile n’y échappait pas, notamment pour son injection, comme l’a montré la VW 411 dès 1969.

Mais il faut attendre 1976 pour voir apparaître le premier tableau de bord à affichage numérique : celui de l’Aston Martin Lagonda, une voiture au design incroyablement futuriste dû à William Towns. Son instrumentation utilise des LED reliées aux roues par des capteurs pour le tachymètre : du jamais-vu ! Malheureusement, le jour du lancement à la presse, le système a décidé de ne pas fonctionner.
Dommage, car sa conception a coûté presque quatre fois plus cher que le reste de la voiture, empruntant, il est vrai, sa mécanique et ses trains roulants à d’autres modèles. Malgré tout, le système de la Lagonda n’a jamais été fiable, et Aston Martin ne l’a pas utilisé dans d’autres modèles.

Le deuxième constructeur à opter pour un affichage digital est, lui aussi, un spécialiste du haut de gamme, car c’est par là qu’arrivent bien souvent les nouveaux équipements. Il s’agit de Cadillac, sur sa Seville en 1978. Utilisant, elle aussi des LED, son instrumentation se couplait à un ordinateur de bord, le Trip Computer. Par la suite, d’autres autos américaines vont adopter l’affichage digital, apportant un brin d’ultra-modernité à des voitures souvent conservatrices par le reste de leur technologie.

L’ère était aux films de science-fiction (Star Wars notamment), et les années 80 allaient être celles du digital. En conséquence, l’automobile, qui synthétise les tendances du moment, va suivre. D’abord au Japon, où on s’aventure aussi du côté de la synthèse vocale, puis en Europe. Après quelques timides montres digitales (notamment dans la Peugeot 505 de 1979), la France dégaine le premier combiné numérique européen en 1983, dans la Renault 11 TSE Electronic.

Suivent l’Angleterre, avec la MG Maestro la même année, l’Allemagne et l’Italie, avec l’Opel Senator CD et l’Alfa Romeo 90 en 1984, et ainsi de suite. Fiat ira même plus loin que les autres en dessinant le tableau de bord des Tipo haut de gamme spécifiquement pour le digital. Pourtant, sur le Vieux Continent, on reste assez réfractaire aux diodes, auxquelles on préfère les aiguilles. A raison : ces dernières demeurent plus aisées à lire, surtout quand le soleil tape sur combiné d’instruments, rendant invisibles les données digitales.

De plus, les afficheurs électroniques ne sont pas toujours fiables, ce qui mènera à leur raréfaction au début des années 90. Ils ne concerneront alors plus que des instruments secondaires, comme les totaliseurs kilométriques, à l’exception notable de la Renault Twingo en 1993. L’Espace III (1996) compte aussi parmi les irréductibles du digital, auquel succombe également la Citroën Xsara Picasso en 1999.

Toutefois, ces afficheurs demeurent assez simples, rien à voir avec ce qui va suivre, là encore par le très haut de gamme. En 2007, la Lamborghini Reventon révolutionne l’affichage digital en recourant à la technologie TFT, inspirée des avions de chasse. Suit la Lexus LFA en 2009, avant qu’Audi ne démocratise la chose en 2014 : c’est l’avènement du Virtual Cockpit, configurable à merci. Ces afficheurs font florès, équipant même des voitures bon marché, seul le très bas de gamme conservant les bonnes vieilles aiguilles en Europe.

Et pourtant ! Celles-ci demeurent ce qu’il y a de plus aisé et rapide à lire, ce qui est crucial dans le cadre d’un usage routier. Le TFT est certes très séduisant à regarder, et permet de concentrer une profusion d’informations, mais voilà, il semble bien plus adapté à l’aéronautique, où on a le temps de les détailler, qu’à l’automobile, où on doit souvent réagir dans la seconde… Et si, en matière d’ergonomie, on faisait fausse route ?



















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