Dacia: "avec la Chine, on aimerait une compétition juste et avec les mêmes armes"
La patronne de Dacia inaugure la série d'interviews du Mondial de l'auto 2026, et c'est l'occasion d'évoquer les défis d'une marque qui doit à la fois s'électrifier et proposer toujours plus d'équipements, tout en veillant à proposer des tarifs serrés.

Comme à chaque salon de Paris, Caradisiac organise des interviews de grands patrons de l'automobile. L'occasion d'évoquer la situation de la marque, les nouveautés du moment, et les orientations techiques et industrielles des mois et années à venir.
On commence cette série avec Katrin Adt, qui dirige Dacia monde depuis septembre 2025. Juriste de formation, l'Allemande dispose de 27 ans d'expérience dans l'automobile, notamment au sein du groupe Mercedes où elle a précédemment occupé le poste de CEO de la marque Smart dont elle a piloté la transition vers le 100% électrique.


Au Mondial 2026, la marque roumaine présente deux nouveautés d'importance. La première est la nouvelle citadine électrique, la Spring, désormais assemblée en Europe (Slovénie), dont le démarrage commercial satisfait la marque: "on a ouvert les commandes en France le 8 septembre et pour l'instant, on est on est très satisfaits des résultats", commente Katrin Adt. La seconde nouveauté est un véhicule mêlant les influences du break et du SUV, le Striker, aux motorisations hybrides. "En fait, ça répond à tellement de besoins qu'on avait dit que c'est un crossover, donc elle réunit trois mondes en fait, elle réunit le monde de la SUV parce qu'elle est surélevée avec le monde d'une berline parce qu'elle est grande et un vrai saloon. On a les trois mondes qui se rencontrent là, et je crois on a une offre assez exceptionnelle sur le marché."
Manque en revanche un concept-car le Hipster, qui préfigure les lignes d'une citadine électrique à la définition simple et aux tarifs aiguisés: "On a présenté le Hipster concept et pour l'instant on n'a pas vraiment des nouvelles à donner, donc on a continué à travailler dessus, on est tout à fait prêts, mais pour l'instant notre deux grandes vedettes, c'est la Spring et la Stalker pour cette fois-ci." Rendez-vous est pris!

Bien sûr, impossible d'éluder la question de l'électrification de la gamme: la nouvelle Spring est "un premier pas", mais Katrin Adt rappelle que l'objectif est d'avoir quatre "wattures" d'ici 2030. Le tout en gardant le mot d'ordre de Dacia depuis ses débuts, qui est de proposer des véhicules au plus juste prix: "on est constamment en train de discuter quel est l'essentiel d'une voiture, qu'est-ce que le client a vraiment besoin, et une fois qu'on a décidé qu'il a besoin de ça, à quel prix est-ce que donc on fait un design to cost. Donc c'est tout à fait une autre poche, c'est une approche opposée. Chez Mercedes, j'ai rencontré beaucoup d'ingénieurs qui mettent beaucoup de choses dans la voiture et chez Dacia, je rencontre des ingénieurs qui sortent tout plein de choses de la voiture."
Mais dans le même temps, les constructeurs automobiles doivent répondre à des reglementations toujours plus contraignantes en matière de sécurité, qui selon Katrin Adt expliquent en grande partie la hausse des coûts observée ces dernières années: "on doit les développer, on doit les acheter, on doit les produire, on doit les mettre dans la voiture, ça a un poids, ça augmente la consommation, donc c'est tout un tout un cercle vicieux qui qui est tout autour." Ou quand le mieux est l'ennemi du bien, surtout pour une marque aussi attachée à la maîtrise des coûts.


















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