Jacques Séguéla et Henri-Jacques Citroën : rencontre entre celui qui porte l’héritage de son grand -père et le publicitaire de la marque
Sur le stand du Mondial de l’auto, le petit-fils d’André Citroën et le légendaire publicitaire ont croisé leurs regards sur la marque aux chevrons. Entre souvenirs d’un tour du monde en 2CV, plaidoyer pour faire entrer le fondateur de la marque au Panthéon et défis face aux constructeurs chinois, récit d’une poignée de mains.

C’est une rencontre de famille, la famille Citroën. L’un des deux membres en porte le nom, puisqu’il s’agit d’Henri-Jacques Citroën et l’autre est un Citroën d’adoption. Car pour Jacques Séguéla, les Chevrons sont non seulement le symbole de sa jeunesse, mais aussi de sa très longue carrière.
50 pays et 100 000 kilomètres
Les deux hommes se sont retrouvés sur le stand de la Croisière verte du Mondial de l'auto qui exposait l’Ami de la nouvelle croisière verte et la Deuche dans laquelle Jacques Séguéla a fait le tour du monde. « Je lui dois tout à cette 2cv » se souvient celui qui, terminant ses études de pharmacie, son doctorat en poche, se voit offrir l’engin par son père. S’ensuit un périple d’un an à son bord, en compagnie de son ami de Jean-Claude Baudot. Un an d’un tour du monde, sur 5 continents. 8 déserts, 50 pays et 100.000 kilomètres.
Pourquoi une telle aventure ? « Parce que ça n’a jamais été fait » conclut celui qui, du haut de ses 92 ans de jeunesse a gardé la phrase en mémoire, et elle lui a servi de guide durant toute sa carrière, ou plutôt durant ses carrières. Celle d’écrivain (son ouvrage La terre en rond s’est vendu à 150 000 exemplaires), puis de journaliste (il était rédacteur en chef de France soir) jusqu’à son entrée dans la publicité et à la fondation de son agence RSCG ou il a retrouvé la marque Citroën à travers des multiples campagnes qu’il a menées pour l’AX révolutionnaire ou la BX et ses chevrons sauvages.
Mais si Jacques Séguéla a fait entrer les Citroën dans le panthéon de la pub, Henri-Jacques Citroën quant à lui tente depuis trois ans de faire entrer son grand-père André Citroën dans le saint des saints laïques de la place des grands hommes. Son dossier est bouclé : « on attend la décision du président de la République, puisque c’est lui qui décide ». Et d’ajouter « je n’ai rencontré que des avis favorables. Il serait temps de faire entrer au Panthéon un chef d’entreprise, et de rendre hommage à ceux qui ont contribué à la prospérité de la France et des Français." La décision incombe donc à Emmanuel Macron ou à son successeur.
Pour autant, il n’a pas le nez dans le guidon de l’automobile au quotidien, ce qui lui permet de prendre de la hauteur par rapport à la filière et de constater les problèmes de l’automobile mondiale « Toutes les autos se ressemblent mais Citroën fait un effort pour se différencier ». Comme la marque a, d’ailleurs, toujours tenté de le faire tout au long d’une histoire avec laquelle elle renoue grâce à la nouvelle 2CV.
« Nous avons une histoire de l’automobile que les Chinois n’ont pas »
Cette nouvelle Deuche, Jacques Séguéla en ferait bien son cheval de bataille s’il était toujours aux affaires publicitaires. « Je mettrais en avant son prix, évidemment, mais aussi son histoire, et la grande aventure qu’elle a vécue, et que les autres n’ont pas accomplie ». D’ailleurs, s’il était toujours le publicitaire qu’il a été, il travaillerait sans soucis pour les constructeurs chinois. « À condition qu’ils tiennent leurs promesses et que leurs voitures tiennent leurs promesses. Car si le produit est mauvais, la pub ne sert à rien ».
L’homme qui a fondé RSCG (devenu Havas) n’a donc pas peur de la Chine, pas plus qu’Henri-Jacques Citroën pour qui l’occident automobile a un énorme avantage. « Nous avons une histoire dans ce domaine qu’ils n’ont pas ». Une histoire, notamment celle de Citroën, entretenue par les deux hommes, chacun à leur manière.


















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